Université de Sherbrooke
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20 septembre 2002
Dévoilement de la doctrine Bush

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

George W. Bush

Perpétuant une tradition de longue date, le président américain George W. Bush dévoile dans un document officiel le programme de stratégie de sécurité nationale que son administration compte défendre. Il y réaffirme la volonté de son pays à gagner la guerre contre le terrorisme.

Dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, le président Bush affirme que la guerre au terrorisme ne fait que commencer. Il exprime son intention de privilégier l'action militaire, incluant les frappes préventives, pour gagner cette guerre. Rendue publique le 20 septembre 2002, la doctrine Bush marque un virage important dans la politique étrangère américaine. Pour la première fois, les États-Unis annocent qu'ils ne permettront pas que leur suprématie militaire soit défiée comme elle le fut pendant la Guerre froide. Cette doctrine redéfinit en profondeur la stratégie de défense américaine afin d'assurer qu'aucune attaque -nucléaire, chimique, biologique, etc.- ne puisse être lancée contre les États-Unis. Dans cette optique, tout pays qui n'agit pas contre des groupes de terreur à l'intérieur de ses frontières sera dans un état de guerre virtuel avec Washington. À cet égard, si Israël et le Royaume-Uni sont considérés comme de loyaux partenaires, l'Iran, la Syrie, l'Irak et la Corée du Nord sont qualifiés d'États voyous (l'axe du mal). Dans le passé, les États-Unis ont été critiques à l'endroit des pays qui recouraient à des frappes préventives pour se protéger de menaces éventuelles. Mais le 11 septembre a changé les choses. Se basant sur le principe du droit à l'autodéfense, Bush fait de ces frappes un élément central de sa doctrine. L'intervention en Irak y trouve sa justification. Derrière cette vision, se dessinent aussi les visées des néo-conservateurs qui souhaitent remodeler le Moyen-Orient. Cet objectif sera toutefois reconsidéré à la lumière des difficultés posées par l'occupation irakienne.

Dans les médias...


S.A., « La suprématie selon George Bush »

«...En langage clair, George W. Bush justifie l'abandon de la dissuasion et du « confinement » géographique de la guerre froide. Le 11 septembre n'avait-il d'ailleurs pas été précédé de signes avant-coureur sans que l'Amérique n'agisse ? D'où l'attitude vis-à-vis de Saddam Hussein. Peut-on laisser à Bagdad la possibilité de réarmer, sans agir au préalable ? Mais en faisant de la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération des armes de destruction massive la priorité de son administration, Bush prend le risque de créer une forteresse américaine et de laisser ses alliés loin derrière. L'Irak a déjà mis mal à l'aise le gouvernement britannique. Tony Blair vient en effet d'être interpellé par deux de ses ministres. Enfin, l'Allemagne a aussi exprimé ses réserves. Reste que Bush ne compte pas sur la seule puissance militaire pour appliquer sa stratégie. Il s'agit aussi de lancer une nouvelle ère de croissance économique mondiale grâce à l'économie de marché. »

Les Échos (France), 23 septembre 2002, p. 60.

Alain Campiotti, « L'Amérique publie la doctrine de sa suprématie avant d'aller mettre Saddam Hussein à genoux »

«...Au moment où, sous les coups de boutoir de l'administration, la crise irakienne monte en puissance, on ne pouvait imaginer plus implacable affirmation de la suprématie des Etats-Unis. C'est la mise en forme de ce que George Bush avait ébauché au début de l'année dans le discours sur l'« axe du mal », puis en juillet devant les cadets de West Point. Principe de base: l'Amérique n'acceptera jamais plus, comme elle avait dû le faire pendant la guerre froide, que sa domination stratégique soit disputée. Pour s'en assurer, elle recourra si nécessaire à des actions militaires préventives; ce qu'un haut fonctionnaire appelle de manière amusante l'autodéfense par anticipation (« anticipatory self-defense »). L'objectif n'est pas de conquérir, dit le texte, ni d'obtenir des avantages unilatéraux, mais de neutraliser les Etats faillis et dangereux, de favoriser les sociétés ouvertes et libres. Après la théorie, la pratique. Le texte de la doctrine est publié au moment où Washington, ayant délibérément choisi son moment, fait monter par tous les moyens la pression pour mettre le régime irakien à genoux, et provoquer finalement, d'une manière ou d'une autre, sa chute. »

Le Temps (Suisse), 21 septembre 2002.

Marine de Royer, « La guerre préventive selon George W. Bush »

«...d'une part, le concept de « guerre préventive » est un concept totalement étranger au droit international ; d'autre part, ce concept va à contre-courant de l'évolution du droit international qui n'a d'autre souci que de restreindre et de marginaliser le recours à la force armée ; enfin, que George W.Bush s'apprête plutôt à engager une guerre d'agression contre l'Irak et que le concept de « guerre préventive », visiblement créé pour la circonstance, vendu comme un produit marketing aux médias et censé séduire les opinions publiques laisse perplexe... Il est vrai que, si George W. Bush présente quelques lacunes en droit international, on ne peut lui reprocher de ne pas connaître Machiavel, lequel disait : « L'unique objet que doive se proposer le Prince, le seul art qu'il doive méditer et apprendre est celui de la guerre, celui là est nécessaire à qui veut commander aux autres. »»

Le Figaro (France), 21 septembre 2002, p. 16.

Mario Roy, « À marche forcée vers le bien »

«...Jamais les États-Unis n'avaient-ils aussi candidement « avoué » leur puissance et leur volonté de s'en servir, affirmé presque ingénument leur certitude d'être désormais les seuls à pouvoir peser d'un poids décisif sur les affaires du monde. Il s'agit bel et bien d'une forme d'impérialisme qu'on pourrait qualifier de soft. Lequel, pour être certainement sincère dans sa bonne volonté, n'en est pas moins agaçant et potentiellement dangereux. Il y a deux raisons à cela. Un. L'intérêt national des États-Unis a certainement été, au vu de l'histoire des puissances impériales ou néo-impériales, celui qui s'est montré le moins incompatible avec la démocratie, la liberté, les droits, la prospérité. Il n'en demeure pas moins l'intérêt national. Par conséquent, l'usage par les États-Unis de la force préventive sera toujours soupçonnée d'avoir glissé - ou pire, glissera effectivement - vers la satisfaction d'objectifs qui ne sont pas ceux affichés. La seconde raison est que le Bien, tout simplement, ne s'impose pas. (...) il ne s'agit pas d'une grâce qu'on jette de haut sur le bon peuple comme les langues de feu du Saint-Esprit, cette Pentecôte fut-elle assortie d'une manne de dollars américains! »

La Presse (Québec, Canada), 24 septembre 2002, p. A14.

Gouvernance et gouvernement [ 20 septembre 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéGeorge W. Bush

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 


Chronologie 1997 - 2007



20 janvier 1997Bill Clinton : chef d'État (investiture/assermentation)

3 novembre 1998 [Résultats] Élections législatives

30 novembre 1999 Ouverture d'une conférence de l'Organisation mondiale du commerce à Seattle

6 septembre 2000 Ouverture du Sommet du Millénaire à New York

8 novembre 2000 Élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis

8 novembre 2000 [Résultats] Élection présidentielle

7 novembre 2000 [Résultats] Élections législatives

20 janvier 2001George W. Bush : chef d'État (investiture/assermentation)

11 septembre 2001 Attentats terroristes aux États-Unis (11 septembre)

7 octobre 2001 Bombardements par les Américains et les Britanniques en Afghanistan

20 septembre 2002 Dévoilement de la doctrine Bush

5 novembre 2002 [Résultats] Élections législatives

2 novembre 2004 Réélection de George W. Bush à la présidence des États-Unis

2 novembre 2004 [Résultats] Élection présidentielle

2 novembre 2004 [Résultats] Élections législatives

20 janvier 2005George W. Bush : chef d'État (investiture/assermentation)

29 août 2005 Déferlement de l'ouragan Katrina sur le sud des États-Unis

7 novembre 2006 Tenue des élections de mi-mandat aux États-Unis

7 novembre 2006 [Résultats] Élections législatives

7 juillet 2007 Présentation de la journée Live Earth

24 septembre 2007 Tenue à New York d'une rencontre internationale sur les changements climatiques

12 octobre 2007 Attribution du prix Nobel de la paix à Al Gore et au Intergouvernemental Panel on Climate Change


 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 10.7 2015    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension