Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

27 mai 2018

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20 novembre 1994

Signature à Lusaka d'un accord de paix sur la guerre civile en Angola

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

José Eduardo dos Santos

À la suite de pourparlers qui ont débuté en 1993 sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU) un accord de paix est conclu à Lusaka, la capitale de la Zambie, entre le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA).

Depuis son accession à l'indépendance, en 1975, l'Angola est déchiré par une guerre civile dont les opposants sont appuyés par le bloc communiste (MPLA) et les États-Unis (UNITA). La fin de la Guerre froide favorise toutefois un rapprochement. En mai 1991, le MPLA et l'UNITA signaient un premier accord de paix qui ne durera que quelques mois. La guerre civile reprit avec plus d'ardeur en novembre 1992, après que Jonas Savimbi, le chef de l'UNITA, ait refusé de reconnaître sa défaite électorale aux mains du président José Eduardo Dos Santos. Ce dernier avait obtenu près de 49,5 % des voix, mais de nombreuses irrégularités furent signalées. Les combats reprirent avec vigueur, et il faut attendre juillet 1994 pour qu'un dialogue s'enclenche sur un possible processus de paix. Des chefs d'État de l'Afrique australe se joignent aux pourparlers entre les deux belligérants. Le 15 novembre, les parties se rencontrent à Lusaka, en Zambie, et s'entendent pour une trêve, en attendant qu'un accord de paix permanent ne soit signé. Le 20 novembre suivant, le gouvernement angolais, dirigé par le MPLA, signe un accord de paix avec l'UNITA malgré l'absence de son chef, Jonas Savimbi. Toutefois, cet accord de paix ne mettra pas totalement fin à la violence. Il faudra attendre en 2002, à la suite à l'assassinat de Jonas Savimbi, pour qu'un accord de paix permanent devienne effectif et que la guerre civile prenne fin. On estime qu'elle a fait environ un demi-million de victimes.

Dans les médias...


Georges Marion, « Accord précaire en Angola : le traité de paix signé dimanche risque de rester lettre morte »

«...Les héritiers de la nomenklatura comme les chômeurs, les fonctionnaires prolétarisés comme les réfugiés, les mendiants comme les vendeurs à la sauvette, les estropiés comme les enfants abandonnés qui, par milliers, survivent dans les rues de Luanda, ont en commun de ne croire ni à la paix ni même à l'avenir. Malgré la propagande gouvernementale, les épisodes politiques de ces derniers jours les ont laissés de glace. Aucun vivat n'a salué, dimanche, à Luanda, une signature qui n'est vécue que comme une péripétie supplémentaire. Pour la majorité des Angolais, la pièce a déjà été jouée. Ce désinvestissement civique ne sera pas un mince obstacle pour le futur gouvernement d'unité nationale prévu par l'accord de paix. La guerre, outre qu'elle a mis l'économie sur le flanc, a rétracté toute forme d'activité politique vivante. Pendant près de vingt ans, l'histoire angolaise s'est écrite comme une caricature, chaque partie sommant la société de s'aligner sur des schémas simples qui se résumaient tous à la lutte des bons contre les méchants. Guerre oblige, aucun discours alternatif n'était toléré. A un tel régime, le paysage politique s'est rapidement desséché. Aujourd'hui, le désert règne, et ce ne sont pas les quelques petits partis qui tentent de subsister hors de la mouvance des deux grands qui tempèrent ce triste constat. »

Le Monde (France), 22 novembre 1994, p. 1.

Gilles Toupin, « Fragiles floralies en vue »

«...Cela vaut certainement la peine de le souligner, les nouvelles qui nous viennent d'Angola ces jours-ci sont bonnes. Le cessez-le-feu paraphé le 20 novembre à Lusaka par le gouvernement de Jose Eduardo dos Santos et l'Unita de Jonas Savimbi (Union nationale pour l'indépendance de l'Angola) tient le coup malgré certaines escarmouches. La radio du mouvement de Jonas Savimbi a même changé de ton hier en affirmant qu'il était temps de tourner le dos à la guerre et de « voir refleurir les jardins d'Angola ». Bien sûr, rien n'est gagné et il faudra attendre que les 6 500 hommes des Nations unies soient déployés sur place pour que le cessez-le-feu perde de sa fragilité. C'est que la paix marche encore sur des oeufs en Angola. (...) Pour l'Angola et l'Afrique australe toute entière, la suite des événements est capitale. Si l'effort de pacification succombe aux égarements des factions extrémistes ou aux « combines » des deux camps, ce n'est pas seulement les « jardins » de l'Angola qui resteront flétris mais tout cet espace prometteur d'intégration de l'Afrique australe qui se condense autour de l'Afrique du sud et qui englobe les anciens pays de « la ligne de front », soit 75 millions d'habitants. »

La Presse (Québec, Canada), 25 novembre 1994, p. B6.

Bill Keller, « Angola Government and Rebels Sign Treaty to end 19-Year War »

«...In 1991, the last time Angolans signed a peace deal, it was hailed as fruit of the new world order that emerged after the cold war. The United States and the Soviet Union, which had helped finance the warring rivals, helped push them to peace, which lasted about 18 months. This time, peace in Angola is viewed as a milestone of a different sort - a sign of how southern Africa is moving, against the continental trend, toward reconciliation and democracy. But how soon Angola will join South Africa and other neighbors that have turned their attention from violent conflict to economic recovery is a subject of deep skepticism. The United Nations, which is to police the deal, plans to move cautiously. Only a few dozen monitors will be deployed at first to watch the cease-fire, and only if they are convinced that both sides are abiding by the treaty will they eventually move in about 7,000 peacekeepers. While participants insisted that the treaty was not devalued by the lack of Mr. Savimbi's signature, his absence raised questions about whether he could muster the trust to disarm his men and claim positions in the Government, as the treaty provides. »

New York Times (États-Unis), 21 novembre 1994.

Gouvernance et gouvernement [ 20 novembre 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Angola
TransitionJosé Eduardo dos SantosMarcolino Moco

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 2004



décembre
1988
Signature à New York d'un traité sur le conflit en Angola

septembre
1992
Tenue d'élections législatives et présidentielle en Angola

novembre
1994
Signature à Lusaka d'un accord de paix sur la guerre civile en Angola

avril
2002
Signature à Luanda d'un accord sur la paix en Angola


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