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24 novembre 2007
Élection en Australie du Parti travailliste de Kevin Rudd

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Kevin Rudd

Le Parti travailliste australien remporte une majorité de sièges aux élections législatives. Cette victoire, qui met un terme à une décennie de gouvernance conservatrice, annonce un virage marqué, notamment en matière de politique environnementale.

Lors des législatives de 1996, le Parti libéral remporta une écrasante victoire qui permit à son chef, John Howard, de prendre la tête du gouvernement. Lors des législatives subséquentes (1998, 2001, 2004), les libéraux reçurent l'appui du Parti national. Cette alliance avec la droite modérée fut caractérisée, entre autres, par l'adoption de politiques économiques conservatrices ainsi qu'un intérêt marqué pour les questions de sécurité. L'Australie se rangea par exemple aux côtés des Américains en envoyant des soldats en Irak. Elle fut aussi l'un des rares pays industrialisés à refuser de ratifier le protocole de Kyoto. Lors des élections générales du 24 novembre 2007, le Parti travailliste renverse la tendance et remporte 81 des 150 sièges en jeu. Le chef de cette formation de centre gauche, Kevin Rudd, succède à John Howard qui quittera la direction de son parti quelques jours plus tard. L'arrivée d'un gouvernement travailliste, qui sera assermenté le 29 novembre, sonne la fin du règne de plus de 11 années des conservateurs. Cette nette rupture est rapidement en évidence. À peine quelques heures après avoir été investi dans ses fonctions, le premier ministre Rudd annoncera avoir signé un décret en vue de la ratification du protocole de Kyoto par le Parlement australien. Cette annonce, qui constitue un changement marqué dans la politique environnementale australienne, isole davantage les États-Unis. Elle est faite peu de temps avant l'ouverture de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Bali, en Indonésie, à laquelle prendra part le premier ministre australien.

Pour en savoir plus: Discours du futur premier ministre travailliste d'Australie

Dans les médias...


Sylvie Kauffmann, « L'Australie se donne un nouveau premier ministre, Kevin Rudd, « blairiste » de l'hémisphère sud »

«...ce diplomate de 50 ans (Rudd) a su jouer sur la lassitude de l'électorat à l'égard de M. Howard qui, à 68 ans, dominait la politique australienne depuis douze ans, et exploiter ses deux erreurs majeures de jugement, tout en se posant comme le défenseur des familles et des valeurs australiennes en menant une campagne centriste et en se définissant comme « économiquement conservateur». Les Australiens ont trouvé un mot pour cela : le « me too-ism », la technique du « moi aussi ». Une fois marquée sa différence sur le changement climatique, que John Howard a fatalement négligé, et sur l'Irak, où le premier ministre conservateur a engagé l'Australie aux côtés des Etats-Unis, Kevin Rudd s'est parfois montré plus royaliste que le roi, reprochant à M. Howard d'encourager l'inflation par un programme de dépenses publiques excessives, défendant un système d'« immigration ordonnée » et refusant les engagements réclamés par les Aborigènes. Il rejette l'étiquette de « gauche » à laquelle il préfère celle de « moderniste ». Difficile d'éviter la comparaison avec Tony Blair. Tous deux chrétiens pratiquants, centristes, Kevin Rudd et l'ancien premier ministre britannique ne sortent pas du moule travailliste traditionnel et ont visé, à travers les « familles laborieuses », les classes moyennes. »

Le Monde (France), 27 novembre 2007, p. 6.

Gérard Thomas, « Après onze ans de droite, l'Australie passe à gauche »

«...Pendant la campagne électorale, tous les sondages d'opinion allaient dans le même sens. Les Australiens sont inquiets des changements climatiques alors que leur pays souffre cette année de sa plus grande sécheresse depuis un siècle. Ils sont également favorables à un retour de leurs soldats déployés en Irak. Ces deux éléments fondamentaux suffiraient à expliquer leur vote. Il convient cependant d'y ajouter l'usure du pouvoir pour John Howard, 68 ans. Avec sa démission - Howard a perdu sa circonscription et s'est retiré de la présidence du Parti libéral - , son parti est décapité. De son côté, Kevin Rudd, qui a pris les rênes d'un Parti travailliste divisé et démoralisé en décembre 2006, a fait preuve d'une remarquable habileté politique pour remonter la pente. Il s'est donné une image résolument moderne,...»

Libération (France) 26 novembre 2007, p. 11.

Gabriel Gresillon, « Australie : les travaillistes prennent le pouvoir et promettent l'orthodoxie »

«...Face à une droite qui mettait en garde les électeurs contre le risque prétendu que représentait le vote « Labour » pour l'économie du pays, Kevin Rudd a désamorcé toutes les critiques. Discours après discours, cet ancien diplomate, quinquagénaire, parlant couramment le mandarin et considéré comme un intellectuel brillant, a répété des engagements très fermes d'orthodoxie économique. Rappelant que c'était son parti qui avait mis en place l'indépendance de la banque centrale, il a promis de ne pas revenir sur ce dispositif essentiel à la bonne marche des affaires. Plus étonnant encore pour un leader de gauche, le futur Premier ministre a promis de suivre une politique économique orthodoxe et rigoureuse. Autrement dit, de maintenir, comme c'est devenu la tradition en Australie sous les années Howard, les comptes de l'Etat en excédent à 1 % du produit intérieur brut (PIB). Pas question non plus d'augmenter le niveau général de prélèvements dans le pays. On a ainsi pu assister, au cours de la campagne électorale, à des controverses d'un type inédit, la gauche accusant la droite au pouvoir de pratiquer des baisses d'impôts non seulement démagogiques, mais menaçant d'affecter les comptes de la nation...»

Les Échos (France), 26 novembre 2007, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 24 novembre 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Australie
ÉlevéMichael Jeffery (major-général)John Howard

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [2002 - 2012]



11 août 2003Michael Jeffery (major-général) : chef d'État (investiture/assermentation)
9 octobre 2004[Résultats] Élections législatives
24 novembre 2007 Élection en Australie du Parti travailliste de Kevin Rudd
24 novembre 2007[Résultats] Élections législatives
3 décembre 2007 Kevin Rudd : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
5 septembre 2008Quentin Bryce : chef d'État (investiture/assermentation)
24 juin 2010 Julia Gillard : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
21 août 2010 Tenue d'élections législatives en Australie
21 août 2010[Résultats] Élections législatives

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension