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21 avril 1967

Renversement du gouvernement grec par une junte militaire

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

George Papadopoulos

Un groupe d'officiers dirigés par le colonel Georgios Papadopoulos et le général Stylianos Pattakos procède à l'arrestation du premier ministre grec Panagiotis Kanellopoulos et à l'instauration d'un régime autoritaire.

Plusieurs gouvernements se succèdent en Grèce au cours des années 60. Le Parlement est dissous le 14 avril 1967 et la tenue d'élections prévue pour le 28 mai. Le 21 avril, un groupe de militaires dirigés par le colonel Georgios Papadopoulos et le général Stylianos Pattakos échafaude un coup d'État qui mène à l'arrestation du premier ministre Panagiotis Kanellopulos et à celle de personnalités politiques importantes comme l'ancien premier ministre Giorgious Papandréou. Konstantin Kollias, un civil, devient premier ministre. Mais les militaires, dont Papadopoulos qui siège au cabinet, contrôlent le gouvernement. La Constitution est abolie et la répression décime la gauche. Le jeune roi Constantin II tente un coup d'État le 13 décembre 1967. Son échec le force à l'exil. En septembre 1968, les Grecs se prononcent en faveur d'une nouvelle Constitution qui restreint les pouvoirs des partis et du roi et accroît ceux de l'armée. Papadopoulos, devenu premier ministre, puis président de la République, demeurera l'homme fort du régime jusqu'à sa chute, en 1974.

Dans les médias...


S.A., « Le «coup d'Athènes »»

«...pour la première fois depuis la fin de la guerre civile, une alliance commençait à s'y réaliser entre la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie, certains représentants des professions libérales et même une fraction de la moyenne bourgeoisie, sensibilisée par le problème national de Chypre. L'E.D.A., aujourd'hui interdite, y était pour beaucoup (...) ceux qui avaient réalisé cette unité posaient les vrais problèmes : d'abord celui de la main-mise sur la Grèce du capital étranger (surtout américain) et des grands groupes monopolistiques; ensuite, celui des institutions et de l'appareil d'État - et tout particulièrement, celui du rôle de l'administration, de la police et de l'armée. Cela a suffi pour que l'armée frappe : qu'elle l'ait fait sauvagement, on n'ose pas dire que ce n'est pas grave mais enfin c'est dans sa nature. Le plus inquiétant, c'est qu'elle soit intervenue en appliquant simplement ce qu'on appelle le «plan contre la subversion intérieure», plan que doivent appliquer, en pareil cas, tous les pays membres de l'O.T.A.N., plan qui prévoit, pour l'Europe, toutes les modalités des interventions de l'armée et de la police lorsque la situation est jugée dangereuse pour les intérêts impérialistes et pour ceux des grands monopoles. »

Les Temps modernes (France), mai 1967, p. 1921-1922.

S.A., « Le régime mis en jeu »

«...si l'on pouvait raisonnablement douter de la proximité d'un coup d'État, de nombreux indices précis donnaient à penser que le péril ne relevait pas de l'imagination d'hommes politiques quelque peu exubérants. Les déclarations publiques de militaires et de dirigeants de l'extrême droite (...) appelant à l'instauration d'un « régime fort » n'étaient évidemment pas destinées à la seule intimidation de l'adversaire. Chacun pouvait constater en effet que le Palais s'efforçait de rendre à la droite le pouvoir qu'elle avait exercé, avec de courtes éclipses, pendant trente ans et qu'elle avait perdu au profit du centre à l'issue des élections de février 1964. Malgré le concours de « dissidents du centre », qui se prêtaient à la manoeuvre sur le plan parlementaire, il paraissait toutefois impossible de rétablir « l'ordre » qui régnait, sous l'égide de M. Caramanlis, avant 1963, au temps de la guerre froide. Une partie des conservateurs grecs, représentée par l'aile modérée de l'Union du centre de M. Papandréou, avait bien entrepris une « reconversion » réaliste. Mais de nombreux leaders de la droite, regroupés autour du Palais, ne parvenaient manifestement pas à s'adapter aux nouvelles conditions internationales. Les appels à l'anticommunisme ne suffisaient plus à mobiliser autour d'eux le peuple grec ni à mettre un terme à une vague croissante de grèves revendicatives. »

Le Monde (France), 22 avril 1967, p. 1.

Jean-Marc Léger, « En Grèce, l'heure de la grande explication »

«...la crise de régime, depuis longtemps latente, est franchement ouverte. Le roi Constantin a brûlé ses vaisseaux : refusant de se soumettre (au parlement) comme de se démettre; il a choisi la voie la plus simple mais peut-être à long terme la plus dangereuse : l'épreuve de force (...) On peut penser qu'en agissant comme il a fait (il n'est pas encore possible de savoir nettement si le roi s'est rallié à l'idée d'un coup d'État souhaité par l'armée ou s'il l'a lui-même conçu), le jeune souverain a obéi à l'un ou l'autre des motifs suivants. Ou bien, il a estimé sa position personnelle et l'attachement du pays à la monarchie suffisamment forts pour lui permettre ce coup de force : la lassitude; une certaine dépolitisation des masses, les sentiments mêlés que suscite Papandréou, la crainte de l'aventure, autant de facteurs pouvant jouer en faveur de la monarchie, aura-t-il pu penser. Ou bien, le roi a eu l'impression que la grande explication ne pouvait plus tarder, qu'à attendre encore quelque temps, il n'aurait plus d'autre recours que de devenir simple « monarque constitutionnel » d'un Papandréou ou d'abdiquer : se rappelant que la meilleure défensive est encore l'offensive, il a pris les devants. »

Le Devoir (Québec, Canada), 22 avril 1967, p. 4.

S.A., « New Coup, Old Story »

«...There was also widespread fear of a return to the economic policies of Mr. Papandreou's Government, which created an illusion of prosperity at the cost of inflation. Some of his critics believe that the country was at the brink of economic collapse by the time he resigned. There was certainly a progressive loss of foreign confidence, an unhealthy increase in imports, and a severe balance of payments deficit. Nor has Mr. Papandreou played his cards in the best possible way in the meantime. The increasing vehemence of his criticisms of the monarchy threatened to make the elections due on May 28 a sort of constitutional referendum. Had he won the expected victory he would have been well placed to inflict new curbs on the monarchy and even to work for its gradual abolition if he wished. He has done much to provoke his opponents unnecessarily. It is, therefore, hardly surprising that the King, the right wing, and the Army became nervous at the prospect of the return of a more powerful Centre Union Government. They seem to have decided that the only way of preventing it was by the suspension of parliamentary democracy until - perhaps - a new parliamentary consensus could be manoeuvred into office. »

The Times (Royaume-Uni), 22 avril 1967, p. 11.

Gouvernance et gouvernement [ 21 avril 1967 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Grèce
FaibleConstantin IIKonstantinos V. Kollias

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1962 - 1972



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1967
Renversement du gouvernement grec par une junte militaire


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