Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 janvier 2019

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24 mai 1993

Tenue d'élections législatives au Cambodge

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hun Sen

Des élections libres qui se déroulent au Cambodge permettent de constituer un gouvernement représentatif légitime. Ce scrutin, qui est le fruit de longs efforts diplomatiques, représente une étape importante dans la stabilisation politique du pays et de la région.

L'invasion du Cambodge par l'armée vietnamienne, en janvier 1979, avait entraîné le renversement du régime autoritaire de Pol Pot et la proclamation de la République populaire du Cambodge dirigée par un gouvernement provietnamien. La situation économique et politique s'améliore sous l'occupation, mais des mouvements armés continuent de contester les autorités, ce qui provoque une guerre civile. L'occupation vietnamienne constitue la principale pierre d'achoppement entre les forces antagonistes. À l'échelle internationale, la reconnaissance du gouvernement cambodgien est également contestée. Une solution politique négociée est recherchée autour de la formation d'un gouvernement de réconciliation nationale. La question de la sécurisation de l'Asie du Sud-Est est également à l'ordre du jour. Une résolution porteuse d'un règlement politique est adoptée par les Nations unies en 1988. Puis, une conférence internationale sur le Cambodge tenue à Paris, en 1991, aboutit à un accord de paix précisant les termes de la période de transition. Entre-temps, le Viêt Nam retire progressivement ses troupes du Cambodge. Elles seront totalement évacuées en septembre 1989 et remplacées par les Casques bleus, chargés d'assurer la stabilité durant la période de transition. Un gouvernement de coalition est formé et des élections fixées au 23 mai 1993. Une vingtaine de formations politiques sont sur les rangs. Le Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif (Funcinpec) obtient la majorité des suffrages. Son chef, le prince Norodom Ranariddh, devient premier ministre et forme un gouvernement de coalition. Il sera de courte durée puisqu'en 1997, le co-premier ministre Hun Sen effectuera un coup d'État qui lui permettra de prendre le pouvoir.

Dans les médias...


Jean Claude Pomonti, « Cambodge : devant le succès populaire des élections le prince Sihanouk prend ses distances avec les Khmers rouges »

«...Norodom Sihanouk, qui a longtemps boudé une opération électorale dont il n'attendait rien de bon pour son pays, s'est rendu compte, comme d'autres, que le succès du scrutin - participation massive dans un calme relatif - introduisait une nouvelle donne dans une situation qui demeure, cependant, fort complexe. Tout en n'ayant pas voté, il a réagi assez vite pour prendre le train en marche. L'ambiance, surtout depuis le début du scrutin, prouve, en effet, que la popularité de l'ancien monarque demeure un facteur important. Voilà donc Sihanouk réintégré dans le circuit alors que le scénario électoral s'est déroulé sans lui. Mais les Khmers rouges, qui prennent ainsi une deuxième gifle, ne sont pas pour autant rayés du paysage. (...) Dans le contexte cambodgien, ils auront donc leur mot à dire pendant quelque temps encore. Le régime issu des élections sera fatalement fragile avec des moyens militaires limités et une économie en ruine dans un pays où les armes continuent de circuler par dizaines de milliers. Mais que Norodom Sihanouk entende, sans attendre, contribuer à calmer le jeu est de bon augure, d'autant que, depuis quelques semaines, ses amis chinois ont pris, eux aussi, certaines distances envers les Khmers rouges. »

Le Monde (France), 28 mai 1993, p. 4.

Dominic Dumont, « Cambodge : qu'arrivera-t-il au lendemain des élections en cours ? »

«...Qu'adviendra-t-il, donc, au lendemain de l'élection? Dans la mesure ou Hun Sen semble pouvoir dicter sa loi a l'APRONUC (Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge), il ne serait pas étonnant que son gouvernement tente par tous les moyens de se maintenir au pouvoir, même si le scrutin ne lui était pas favorable. Il est alors plus que probable que la guerre reprendra avec les autres factions et surtout les « polpotistes » qui gagnent constamment des appuis au sein d'une population qui en a soupé de la corruption du régime. Le peuple khmer se trouvera-il à nouveau coincé entre les Khmers rouges de Pol Pot et ceux de Hun Sen? Les grandes puissances viendront-elles alors à son secours? Avec les débuts de la mission de l'APRONUC rejaillissait l'espoir au sein d'une population meurtrie par la souffrance et la guerre. Au terme de cette mission, il ne subsiste, à mon avis, qu'une bien faible lueur d'espoir qui réside essentiellement dans l'éventualité de la formation d'un gouvernement cambodgien de coalition qui comprenne des représentants de toutes les factions, Khmers rouges inclus. Car ce n'est qu'au prix d'un pareil compromis, j'en suis de plus en plus convaincu, que l'on peut encore sauver le Cambodge. »

La Presse (Québec, Canada), 26 mai 1993, p. B3.

Éditorial

«...The people of Cambodia and the United Nations, which supervised the country's elections, did themselves proud last week. The 87 percent turnout of eligible voters in the face of dire Khmer Rouge threats was an amazing accomplishment, a testament to the courage of ordinary folk. The subsequent verdict by outside monitors that the contests were largely free and fair despite the ruling Peoples Party's efforts to subvert them was icing on the cake. The overarching mystery from last week's balloting was the seemingly disorganized behavior of Khmer Rouge guerrillas. A few did carry out threats to attack polling stations and peacekeepers. A few others confounded everyone concerned and actually voted. Most of them, however, merely stayed out of sight. Conceivably, they may have been regrouping for a post-election offensive. But if so, any tactical advantage they seek may be more than offset by the major psychological setback they dealt themselves. Because they failed to deliver on their pre-election warnings, Cambodians are not nearly so likely to jump when they say boo. »

The Atlanta Constitution (États-Unis), 2 juin 1993.

Gouvernance et gouvernement [ 24 mai 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

null
Non disponible

Viêt Nam
Non disponibleLê Dúc AnhVõ Van Kiêt

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

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Tenue d'élections législatives au Cambodge


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