11 mars 2004 Attentats terroristes dans le métro de MadridTexte rédigé par l'équipe de Perspective Monde
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 Attentats à Madrid |
Une cellule terroriste, composée en grande partie de Marocains, fait sauter plusieurs explosifs simultanément dans le métro de Madrid. Les attentats, qui font 191 morts et 2050 blessés, auront un impact direct sur le résultat des élections législatives qui se dérouleront trois jours plus tard en Espagne.
Une série d'explosions simultanées frappent le métro de Madrid à l'heure de pointe, le 11 septembre 2004. Les terroristes ont placé 13 bombes, dont seulement quatre sautent. Sur les 191 victimes, 142 sont des Espagnols. Il s'agit du pire attentat terroriste de l'histoire du pays, et du pire en Europe depuis celui de Lockerbie, en 1986. Cet événement, qui survient trois jours avant les élections législatives en Espagne, crée une controverse. Même si l'implication de l'Espagne en Irak est impopulaire, le gouvernement de José Maria Aznar rejette d'abord l'hypothèse d'un coup de la filière islamiste et accuse plutôt l'organisation basque ETA. Mais il s'avère rapidement que des islamistes étaient responsables des attentats. Ces derniers avaient ciblé l'Espagne à cause de sa participation au conflit en Irak. Le Parti populaire d'Aznar, en tête dans les sondages, subit les contrecoups de ces événements et des propos de son chef qui sont perçus par plusieurs comme une tentative de manipuler l'opinion publique. C'est finalement le Parti socialiste, dirigé par José Luis Rodriguez Zapatero, qui remporte les élections du 14 mars. Son gouvernement annoncera peu de temps après le retrait des troupes espagnoles d'Irak. La piste de l'ETA rejetée, l'enquête avance rapidement. Plusieurs suspects sont arrêtés en avril, alors que d'autres s'échappent. L'un d'eux est Daoud Ouhamnae, un Algérien soupçonné d'être le concepteur du projet. Finalement, 29 personnes, pour la plupart des Marocains, seront mises en accusation. Sans être affilié à Al-Qaïda, le groupe s'en serait inspiré. En fin de compte, 21 des 29 accusés seront jugés coupables. |
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Luis Lema, «Huit millions d'Espagnols dans la rue contre le terrorisme»
«...Dans quelle direction le vent va-t-il désormais souffler? D'après les observateurs, tout dépendra de l'enquête sur les auteurs de la tuerie. Si la piste d'ETA apparaît dimanche comme la plus solide, le PP en bénéficiera sans aucun doute, lui qui s'est fait le champion de la lutte antiterroriste. En dépit du massacre de jeudi, il peut se targuer d'avoir porté des coups très durs contre l'organisation, d'avoir mis hors la loi sa vitrine politique Batasuna (en mars 2003) et d'avoir toujours défendu avec intransigeance «la cohésion nationale». Si, en revanche, l'hypothèse d'une participation islamiste de type Al-Qaida gagne du terrain, les socialistes ne devraient pas manquer de réaliser un meilleur score. Depuis le début de la crise irakienne, leurs dirigeants n'ont en effet cessé d'accuser José Maria Aznar d'avoir suivi aveuglément Washington et d'avoir envoyé 1300 soldats espagnols en Irak. Si les islamistes ont frappé, la gauche aura beau jeu d'affirmer que l'Espagne a été punie pour s'être alignée sur la coalition anglo-américaine.»
Le Temps (Suisse), 13 mars 2004.
Daniel Vernet, «Le 11 septembre de l'Europe»
«...L'Espagne est-elle «punie» pour sa participation à l'intervention anglo-américaine en Irak ? S'en tenir à cette explication serait une analyse à courte vue. Sans doute y a-t-il des raisons politiques ou opérationnelles qui pourraient faire de l'Espagne une cible privilégiée. Mais les attentats du 11 mars doivent sans doute être considérés comme une manifestation de ce que François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, a appelé, au lendemain du 11 septembre 2001, l'«hyperterrorisme». Une conjonction entre «la destruction de masse et la nature apocalyptique des organisateurs des attentats» qui n'ont d'autres objectifs que de provoquer le nombre le plus élevé possible de victimes et d'autres motivations que l'hostilité au monde occidental et aux valeurs qu'il véhicule. S'il en est ainsi, force est de constater que la guerre contre le terrorisme menée sous la houlette des Etats-Unis depuis l'automne 2001, l'intervention en Afghanistan pour détruire le régime des talibans et traquer Oussama Ben Laden, comme l'invasion de l'Irak, n'ont pas désarmé les fanatiques.»
Le Monde (France), 13 mars 2004, p. 16.
Serge Truffaut, «L'obsession espagnole»
«...S'il s'avère que c'est bel et bien al-Qaïda qui a dessiné cette horreur, alors la position adoptée très rapidement par l'administration Aznar devra être taxée d'irresponsabilité totale, voire immorale. Car il ne fait aucun doute qu'à deux jours des élections législatives, il est de l'intérêt du Parti populaire, l'héritier du franquisme, que ce drame soit l'oeuvre de l'ETA et non de l'islamisme. En cette histoire, on ne doit pas oublier que dans le dossier irakien, Aznar est allé à l'encontre de l'opinion publique. En effet, les deux tiers des Espagnols étaient opposés à toute adhésion de leur pays au projet américain de guerre en Irak. Qu'al-Qaïda ait décidé de punir l'implication espagnole est en soi un gage de sa conviction de faire saigner la patrie des hidalgos. Et si c'était l'ETA? On imagine mal comment ses militants pourraient convaincre les Basques du bien-fondé de leur cause. Dans un cas comme dans l'autre, ce drame nous rappelle que priorité aurait dû être accordée à la guerre sans pitié au terrorisme.»
Le Devoir (Québec, Canada), 13 mars 2004, p. b4.
Éditorial
«...Terrorism, the world's new uniter. And unless terrorists are stupendously stupid, the message should be clear : The more you attempt to tear us apart, the more you bring us together and make us more determined to defeat you. Yesterday's attack brought condemnation from many : the Pope, Putin, Chirac, Schroeder, Annan, Bush and Blair. The killings «offend God» said Pope John Paul II -anyone's God, he did not have to add. The universal outrage expressed over the new attacks was heartening. But the reality and the immediate future remain grim. America's 9/11 seems to have set a ghoulish new standard for al-Qaeda and other terrorist groups. It's not necessarily about targeting officials or politicians or specific buildings anymore, but about upping the civilian body count as high as it can go. Another attack -someplace, sometime, for any reason, with many more dead and injured- seems inevitable. But a world drawn together in spirit by terrorist tragedies should increasingly work together through law enforcement networks to prevent more attacks.»
The Philadelphia Inquirer (Etats-Unis), 12 mars 2004.
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Gouvernance et gouvernement [ 11 mars 2004 ]
| Pays | Niveau de démocratie | Chef de l'État | Chef du gouvernement |
 Espagne | Élevé | Juan Carlos I de Borbón | José María Aznar López |
Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).
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Évolution des composantes du système politique
| Profil | Gouvernants | Démocratie | Partis politiques |
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Chronologie [1999 - 2012]
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