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19 septembre 1999

Tenue d'un référendum sur la politique d'amnistie en Algérie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Abdelaziz Bouteflika

En 1999, l'Algérie promulgue une loi d'amnistie que la population approuve par référendum. Elle est suivie par un décret de pardon présidentiel visant à mettre fin à la violence qui ravage le pays depuis 1992.

Entre 1995 et 1998, 4 000 insurgés ont bénéficié de la politique de clémence du président Liamine Zéroual, ce qui laisse encore 6 000 combattants islamistes. Le 15 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika, un ex-ministre des Affaires étrangères appuyé par l'armée, est élu président en promettant une politique de réconciliation nationale. En juillet, il fait adopter une loi d'harmonie civile qui donne six mois aux membres des groupes armés pour se rendre. La loi leur offre une immunité contre des poursuites, sauf pour ceux qui ont commis des assassinats ou des attentats. En retour, les militants islamistes doivent déposer les armes et déclarer leurs activités passées. La nouvelle politique est approuvée par une majorité écrasante lors d'un référendum tenu le 19 septembre 1999. En janvier 2000, des centaines de membres du Groupe islamique armé (GIA) déposent les armes et acceptent l'amnistie. Trois jours avant l'expiration du délai de six mois, Bouteflika émet un décret accordant son pardon avec force d'amnistie à toutes les personnes qui se rendent volontairement et acceptent de cesser la violence. Celles-ci sont exemptées de faire une déclaration sur leur passé et protégées contre d'autres sanctions. La suspension pour dix ans de leurs droits civiques et politiques est levée, le pardon leur accordant une impunité totale. Le jour suivant, Madani Mezrag, commandant de la Ligue Islamique de la Daâwa (prédication) et du Djihad (guerre sainte), accepte le pardon et dissout son organisation. Le ministre de l'Intérieur affirmera le 20 janvier 2000 que la majorité des combattants se sont rendus, à l'exception de quelques centaines de membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et d'anciens militants liés au GIA.

Dans les médias...


José Garçon, « Une légitimité à conquérir »

«...ce référendum-plébiscite (...) a, en réalité, un objectif essentiel: combler son (Bouteflika) déficit de légitimité. Cette initiative, qui le fait apparaître comme un « faiseur de paix » aux yeux des Algériens comme de la communauté internationale, vise aussi à couper l'herbe sous le pied de l'opposition et à la placer dans une situation difficile. Celle-ci milite en effet depuis longtemps en faveur de la paix, ce qui lui a valu de subir des années durant les insultes et la haine de ceux qui en découvrent aujourd'hui les vertus. Elle ne peut donc s'inscrire en faux d'une opération supposée ramener la paix, tout en estimant les mesures prises « aux antipodes d'un réel processus de réconciliation nationale ». « La démarche, remarque encore Rachid Ben Yelles, aurait eu bien plus de chances d'aboutir si on l'avait fait précéder par un débat national qui aurait constitué une véritable thérapie de groupe pour exorciser la haine qui est en nous. Un débat auquel auraient été conviés tous ceux qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, auraient pu apporter leur contribution. L'enjeu en valait la peine. » Toute la question est de savoir ce que le chef de l'état entend faire de sa nouvelle légitimité. »

Libération (France), 17 septembre 1999, p. 4.

Farid Zemmouri, « Bouteflika : travaux d'Hercule »

«...En inversant l'ordre des facteurs pour donner la priorité au rétablissement de la paix et à la lutte contre la corruption, Abdelaziz Bouteflika a remis sur pieds la politique, qui depuis dix ans marchait sur la tête. Sous les oripeaux d'un islam indigent et dévoyé, la violence est apparue pour ce qu'elle est : le fruit empoisonné de l'exclusion et du mépris. Le 16 septembre, à l'occasion d'un référendum qui ne s'imposait pas, mais que le Président a ardemment voulu pour faire partager son option à la plus large majorité du peuple (...) , les Algériens ont pris acte de cette approche occultée pendant longtemps par les « éradicateurs » installés au coeur du pouvoir et lui ont donné les moyens de sa politique. Son horizon est ainsi dégagé. (...) Il n'est pas pour autant au bout de ses peines. Après la formation du premier gouvernement de son mandat - depuis le 15 avril, il a gardé en place l'équipe ministérielle héritée de son prédécesseur Liamine Zéroual, sans jamais l'associer à aucun de ses choix stratégiques - , il doit persévérer dans le même sillon. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), octobre 1999, p. 30-31.

Gilles Paquin, « La bataille ne fait que commencer »

«...Fatigués de la violence, les électeurs algériens ont résolument adopté son plan de concorde civile, mais ils attendent maintenant de lui qu'il s'engage dans des réformes en profondeur pour transformer la vie politique du pays. Partout ou il est passé pendant sa tournée référendaire, Bouteflika a dressé un sombre tableau de l'état de déliquescence avancé du pays et invité les Algériens à se retrousser les manches pour le reconstruire. (...) Avant de faire le ménage, Bouteflika aura fort à faire pour vraiment mettre fin à la guerre. La Loi sur la concorde civile donne encore trois mois aux intégristes pour déposer les armes en échange de certaines formes d'amnistie. Au-delà, il a averti que l'État serait sans pitié, ce qui n'a pas empêché les groupes islamistes armés de repousser sa proposition. La population espère néanmoins que le retour à la vie normale approche et que le président amorcera au plus tôt son programme de réformes sociales et de redressement de l'économie. »

La Presse (Québec, Canada), 17 septembre 1999, p. 1.

Gouvernance et gouvernement [ 19 septembre 1999 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Algérie
FaibleAbdelaziz BouteflikaSmail Hamdani

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1994 - 2004



février
1995
Émeute dans la prison de Serkadji, en Algérie

novembre
1995
Élection de Liamine Zéroual à la présidence de l'Algérie

septembre
1998
Création du Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat en Algérie

septembre
1999
Tenue d'un référendum sur la politique d'amnistie en Algérie

avril
2001
Début du « printemps noir » en Algérie


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