1 juillet 1968

Signature d'un traité international sur la non-prolifération des armes atomiques

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde -

Lyndon B. Johnson

Les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) figurent parmi les 62 pays qui signent un traité de non-prolifération des armes atomiques.

En janvier 1967, 60 pays, dont les États-Unis, l'URSS et la Grande-Bretagne, avaient signé à Moscou un traité sur l'utilisation pacifique de l'espace. Des négociations se poursuivent afin de conclure une autre entente internationale, cette fois sur la non-prolifération des armes atomiques ou de la technologie permettant leur fabrication. Le 1e juillet, 62 pays signent un traité à cet effet. Des cérémonies ont lieu simultanément à Washington, Moscou et Londres en présence des chefs d'État ou de gouvernement des pays associés au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Des puissances comme la Chine, la France et l'Inde ne font toutefois pas partie du groupe. Le président américain Lyndon B. Johnson profite de l'occasion pour parler d'une réduction éventuelle des arsenaux nucléaires offensifs et défensifs de son pays et de l'URSS. Le président du Conseil des ministres soviétiques, Alexeï Kossyguine, met également de l'avant un plan visant le même objectif. Voir : Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP)

Dans les médias...


S.A., « U.S.A.-U.R.S.S. : Le grand marchandage »

«...En réalité, les deux supergrands souffrent d'un mal qui les rapproche : l'appauvrissement politique. Non seulement il n'existe plus, pour leurs diplomates, de placements sûrs, mais eux-mêmes ont cessé d'être des placements sûrs pour des pays de moindre envergure. Cet appauvrissement est plus sensible dans le cas des États-Unis que dans celui de l'U.R.S.S. - la guerre du Vietnam ayant comme distrait les dirigeants américains du reste du monde - et les Soviétiques s'inquiètent d'avance du « vide » qui pourrait en résulter un jour. Plus exactement, ils paraissent s'inquiéter à l'idée qu'au lendemain des élections présidentielles, une nouvelle équipe soit tentée, à Washington, de regagner le terrain perdu en pratiquant une politique moins conformiste (...) dans le sens d'un accommodement avec la Chine. Conservateurs sur tous les plans, les Russes estiment qu'en « collant » aux Américains, en leur faisant cadeau de la négociation nucléaire que ceux-ci souhaitaient, ils peuvent les retenir dans les limites d'un dialogue agrémenté de quelques accords nouveaux. C'est une des explications de la campagne pacifique soudain engagée par M. Kossyguine, que le commentateur du « Washington Post » voit à la tête du parti de la paix en U.R.S.S. »

L'Express (France), 8 au 14 juillet 1968, p. 16.

S.A., « Un geste circonspect »

«...De même, le seul « geste » que M. Johnson ait rendu public dans l'espoir d'atténuer le sentiment d'infériorité des pays non-nucléaires conviés à signer ce traité - les promesses d'ouvrir toutes les installations atomiques non militaires des États-Unis à l'inspection de l'Agence de Vienne - a paru plus symbolique que substantiel. D'abord parce que l'objet de l'inspection chez les autres est justement d'éviter que se crée un « double secteur » de l'énergie atomique - ce qui est chose faite et bien protégée aux États-Unis comme en U.R.S.S. Ensuite parce que, même compte tenu de cette bipartition, l'Agence de Vienne n'a pas, et n'aura pas à échéance prévisible, les moyens d'exercer un contrôle sérieux sur le secteur civil de la production atomique d'une puissance de l'étendue des États-Unis. Au-delà de tous ces faux-semblants demeure la volonté de M. Johnson de poursuivre coûte que coûte le dialogue avec l'U.R.S.S. et d'explorer le terrain d'un ralentissement de la course aux arsenaux d'anéantissement. Les experts cependant ne se font pas plus d'illusions que lui sur les chances de cette tentative. »

Le Monde (France), 3 juillet 1968, p. 1.

Cyrille Felteau, « Dans la balance de la paix »

«...Même si on n'attache pas une valeur absolue aux ententes internationales, il faut saluer comme un bon pas vers la paix mondiale celle qui a été signée officiellement hier à Moscou, à Londres et à Washington. (...) Parmi les principales causes déterminantes de la situation actuelle, il semble bien que le coût astronomique des armements nucléaires ait pesé lourd dans la balance de la paix. On ne peut courir deux lièvres à la fois : la sécurité nucléaire totale et une lutte raisonnable à la paupérisation d'un côté comme de l'autre de ce qui reste du Rideau de Fer. Mais cet argument et d'autres n'ont pas suffi pour inciter la France et la Chine à se ranger parmi les puissances anti-nucléaires officielles. La victoire écrasante du gouvernement Pompidou ne pourra que raidir encore l'attitude de la France. Dans ces conditions et jusqu'à nouvel ordre, l'entente d'hier et celles de demain n'auront toujours qu'une valeur relative. »

La Presse (Québec, Canada), 2 juillet 1968, p. 6.

S.A., « Can Talks End the Arms Race ? »

«...Those treaties, to some observers, indicate a change of growing importance in relations between the two superpowers. Talk is heard that an "era of good feeling" is about to begin. The record, when you dig into it, tells an entirely different story. Treaties signed so far have required no concessions by the Soviets. Nothing has been given away by the Kremlin. No treaty requires on-site inspection on Russian soil. There has been no slowing at all of Russia's growing arsenal of mass annihilation. (...) Experienced diplomats in the Soviet capital insist that Russia's rulers are not yet prepared to abandon their efforts to gain greater influence and power around the world at the expense of the U.S. In Moscow it is stressed that co-operation between the U.S. and Russia will be strictly limited, as long as the Kremlin is dominated by the last of the old-time Communist leaders, deeply dedicated to Communist ideology in its most opportunistic form. »

U.S. News and World Report (États-Unis), 15 juillet 1968, p. 25.

Gouvernance et gouvernement [1 juillet 1968]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéLyndon B. Johnson

Russie
FaibleNikolai PodgornyAleksei Kossyguine

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie [1963 - 1973]



0 juillet 1963 Création de l'École militaire des Amériques
28 août 1963 Marche pour les droits civiques à Washington
22 novembre 1963 Assassinat du président américain John F. Kennedy
22 novembre 1963Lyndon B. Johnson : chef d'État (investiture/assermentation)
1 octobre 1964 Contestation étudiante à Berkeley
3 novembre 1964 Élection de Lyndon B. Johnson à la présidence des États-Unis
3 novembre 1964[Résultats] Élection présidentielle
3 novembre 1964[Résultats] Élections législatives
20 janvier 1965Lyndon B. Johnson : chef d'État (investiture/assermentation)
28 avril 1965 Intervention de troupes américaines en République dominicaine
11 août 1965 Déclenchement d'émeutes raciales à Los Angeles
8 septembre 1965 Grève des travailleurs agricoles en Californie
4 octobre 1965 Visite du pape Paul VI à l'Organisation des Nations unies
30 juin 1966 Création de la National Organization for Women
8 novembre 1966[Résultats] Élections législatives
1 janvier 1968 Manifestations du mouvement chicano
4 avril 1968 Assassinat du pasteur Martin Luther King à Memphis
5 juin 1968 Assassinat de Robert Kennedy
20 juillet 1968 Présentation des premiers Jeux olympiques spéciaux à Chicago
26 août 1968 Ouverture de la convention du Parti démocrate américain à Chicago
16 octobre 1968 Protestation aux Jeux Olympiques de Mexico par deux athlètes américains
5 novembre 1968 Élection de Richard M. Nixon à la présidence des États-Unis
5 novembre 1968[Résultats] Élection présidentielle
5 novembre 1968[Résultats] Élections législatives
20 janvier 1969Richard M. Nixon : chef d'État (investiture/assermentation)
28 juin 1969 Déclenchement d'une émeute dans un bar gai de New York
18 juillet 1969 Incident tragique impliquant le sénateur américain Edward Kennedy
15 août 1969 Présentation d'un festival musical historique à Woodstock
15 novembre 1969 Manifestation à Washington contre l'intervention américaine au Viêt-nam
3 novembre 1970[Résultats] Élections législatives
8 mars 1971 Présentation du championnat mondial à la boxe entre Muhammad Ali et Joe Frazier
15 août 1971 Dévaluation et non-convertibilité en or du dollar
21 février 1972 Visite du président des États-Unis en Chine
0 mars 1972 Publication du rapport Meadows
26 mai 1972 Signature d'un accord sur les armes nucléaires entre les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques
11 juillet 1972 Présentation du championnat du monde aux échecs entre Boris Spassky et Bobby Fischer
7 novembre 1972 Réélection de Richard M. Nixon à la présidence des États-Unis
7 novembre 1972[Résultats] Élection présidentielle
7 novembre 1972[Résultats] Élections législatives

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