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17 février 2008
Déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Hashim Thasi

La déclaration unilatérale d'indépendance du Parlement du Kosovo soulève l'ire du gouvernement serbe qui refuse de la reconnaître. Pour sa part, la communauté internationale est divisée : les États-Unis et la majorité des pays de l'Union européenne reconnaissent le nouvel État, tandis que la Russie s'y oppose, jugeant qu'elle va à l'encontre du droit international.

Après la réduction de son autonomie par Belgrade, la province serbe du Kosovo se voit également refuser le statut de république fédérée à la suite de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Les revendications déçues de la majorité albanaise entraînent un conflit opposant l'Armée de libération du Kosovo (UCK) aux troupes serbes. La crainte qu'il ne s'étende incite les Occidentaux à faire intervenir l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en 1999, afin de calmer le jeu. La province est par la suite administrée par une mission spéciale des Nations unies (ONU). Des négociations sont entamées entre les gouvernements, sous la supervision de médiateurs internationaux, afin de définir le statut du Kosovo. Aux législatives de novembre 2007, les Kosovars portent au pouvoir le Parti démocratique du Kosovo (PDK). Son chef, Hashim Thaci, qui fut un des leaders de la guérilla albanaise, annonce qu'il envisage de proclamer l'indépendance du Kosovo après le 10 décembre, date butoir des négociations. Ces dernières ayant échoué, Pristina prépare la transition vers l'indépendance. Le 17 février 2008, les parlementaires kosovars votent par acclamation la déclaration d'indépendance présentée par le premier ministre Thaci. La population albanaise sort massivement dans les rues pour exprimer sa satisfaction, tandis que des Serbes manifestent leur mécontentement à Belgrade, allant même jusqu'à incendier l'ambassade américaine. Le risque de partition est évoqué, compte tenu du fait que certaines régions du nord du Kosovo sont majoritairement serbes. Malgré l'appui des États-Unis et de plusieurs pays, l'entrée du Kosovo à l'ONU semble peu probable à court terme, la Russie étant déterminée à imposer son veto au Conseil de sécurité sur toute résolution allant en ce sens.

Dans les médias...


Georges-Marie Chenu, Alphonse Pothier, « Le Kosovo indépendant : des débuts difficiles »

«...Le revers du gouvernement kosovar aux Nations unies, son manque d'allant en matière économique ainsi que les augmentations des indemnités des députés et de certains traitements au sommet de l'État (ces dernières finalement retirées) alimentent des commentaires négatifs. Des leaders de l'opposition, des personnalités de la société civile et des journalistes respectés jugent sévèrement la gestion générale de l'équipe de H. Tachi; ils lui reprochent notamment les choix politiques de certains dirigeants d'entreprises publiques et la poursuite d'une corruption (routes, santé et justice) qui avait éclaboussé l'équipe précédente. La réserve et le consensus, qui étaient de mise avant l'indépendance, font place à une attitude critique d'autant plus vive que les promesses électorales avaient été mirifiques. Un groupe d'études réputé demande un contrôle parlementaire permanent sur la gestion des fonds publics. Le FMI, auquel le Kosovo est candidat, insiste sur une réduction des dépenses de l'État et la Commission européenne sur leur rationalisation. Ces critiques et ces exigences devraient avoir des conséquences positives. H. Tachi s'est engagé à faire de la lutte contre la corruption une priorité (juillet 2008). »

Esprit (France), novembre 2008, p. 206.

Dominique Berns, « Au Kosovo, l'Europe est le véritable pilote »

«...Pour le citoyen européen, il y a quelque chose de paradoxal : l'Union envoie une mission pour permettre l'indépendance du Kosovo, alors que ses Etats membres sont divisés : les uns approuvent l'indépendance, d'autres refusent de reconnaître le nouvel État... La reconnaissance juridique de l'indépendance est du ressort de chacun des Etats membres. Et l'on s'attend à ce que cinq ou six d'entre eux ne le fassent pas. Mais ils ne vont pas faire obstruction au déploiement de la mission européenne. C'est un compromis qui me semble bien tourné : l'Union européenne, cette fois, n'est pas paralysée, comme elle a pu l'être dans le passé. (...) Il faut avoir le triomphe modeste, surtout au Kosovo où l'on n'est pas à l'abri de quelques surprises. Mais on peut parler d'un « triomphe » au sens où l'Union européenne est le véritable pilote dans cette affaire. Les Européens essayent de gérer les problèmes de leur continent - en l'occurrence, les derniers contentieux légués par la désagrégation de l'ancienne Yougoslavie. On peut aussi parler de « triomphe » au sens où tous les États de la région, sauf la Serbie, non seulement acceptent cette indépendance, mais aussi se tournent vers l'Union européenne. Même le Kosovo n'a pas d'autre objectif que d'entrer dans l'Union. »

Le Soir (Belgique), 19 février 2008, p. 16.

Laure Mandeville, « Après l'indépendance unilatérale du Kosovo, la crainte de l'effet domino »

«...Alors que les Kosovars pleurent d'émotion dans la liesse de l'indépendance proclamée, une inquiétude ronge nombre de responsables politiques à travers l'Europe et le monde. Et si le précédent du Kosovo allait ouvrir la boîte de Pandore des sécessionnismes ? Leur donner espoir et légitimité ? Bref, relancer une logique ethnique du politique, que l'Europe occidentale avait cru pouvoir reléguer, avec la construction européenne, dans les armoires cadenassées du passé. À Bruxelles, comme à Paris, à Berlin ou à Londres, on affirme ne pas y croire, et on ne cesse de marteler, comme l'a fait le Conseil des ministres de l'Union, que « le règlement de la question du Kosovo constitue un cas sui generis qui ne crée pas de précédent ». Pas question de se laisser officiellement aller à l'approche apocalyptique des Cassandre serbes et russes, qui affirment que le fait accompli du Kosovo va relancer la spirale des séparatismes. C'est pourtant bien cette hantise de l'effet domino qui pousse aujourd'hui nombre de pays à freiner des quatre fers face à l'émergence de l'État indépendant kosovar. »

Le Figaro (France), 19 février 2008, p. 15.

Éditorial

«...So far it appears that the backlash against the new state will be containable, and the fears - which were echoed by some American conservatives - overblown. Both Russia and Serbia have backed down a little, swearing off the recognition of other splinter states or the use of violence. Up to 100 countries are expected to recognize Kosovo, including the United States, Britain, France, Germany and most of the other E.U. members. Serbian President Boris Tadic won reelection two weeks ago on a platform of moving Serbia toward the European Union despite its recognition of Kosovo. The Kosovo government of Hashim Thaci has promised « security for all citizens »; he will need to act aggressively on that pledge and prevent any incitement against the 100,000 Serbs remaining in Kosovo. It is NATO's job to prevent violence by either community; Western troops will be needed for the foreseeable future. In the end, though, a peaceful and prosperous future in the Balkans will depend on the Serbs. If they choose to break with their ugly history of nationalism and embrace a liberal democratic future inside the European Union, Kosovo's course can also be smooth. If they choose endless and futile resistance to Kosovo's independence, the Serbs will isolate themselves from Europe and likely become vassals of Russia. »

The Washington Post (États-Unis), 18 février 2008.

Gouvernance et gouvernement [ 17 février 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Kosovo
Non disponible

Serbie
FaibleBoris TadicVojislav Kostunica

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1998 - 2014]



17 février 2008 Déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo
17 février 2008Fatmir Sejdiu : chef d'État (investiture/assermentation)
17 février 2008 Hashim Thaçi : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
27 septembre 2010Jakup Krasniqi : chef d'État (investiture/assermentation)
12 décembre 2010[Résultats] Élections législatives
22 février 2011Behgjet Pacolli : chef d'État (investiture/assermentation)
7 avril 2011Atifete Jahjaga : chef d'État (investiture/assermentation)
8 juin 2014[Résultats] Élections législatives

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