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24 février 2008

Accession de Raul Castro à la présidence de Cuba

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Raul Castro

Raul Castro est élu à la présidence de Cuba par l'Assemblée nationale. Il succède ainsi à son frère aîné Fidel, figure de proue de la révolution qui a été premier ministre à partir de 1959, et président du pays depuis 1976.

Fidel Castro dirige une guérilla révolutionnaire qui renverse le gouvernement du dictateur Fulgencio Batista à la fin des années 1950. Il instaure par la suite un régime socialiste et devient premier ministre. La Constitution de 1976 instaure officiellement un système de représentation à parti unique. Après les élections, Castro est nommé président du Conseil d'État par les membres de l'Assemblée nationale. Il cumule alors les fonctions de chef d'État et de chef du gouvernement, ce qui lui vaut d'être connu comme le « lider maximo ». Castro conserve le pouvoir jusqu'au début du XXIe siècle. Atteint d'un grave problème de santé, il se voit dans l'obligation de subir une intervention chirurgicale à l'été 2006. Le 31 juillet, il délègue provisoirement ses pouvoirs à son frère cadet, Raul, qui assure l'intérim durant sa convalescence. Cette période d'incertitude prend fin le 19 février 2008 alors que Fidel annonce dans « Granma », le quotidien officiel du Parti communiste, son intention de ne pas briguer un nouveau mandat. Cette décision survient presque 50 ans après son arrivée au pouvoir. Renouvelée un mois plus tôt, l'Assemblée cubaine doit alors trouver un successeur au président. Sans surprise, c'est son frère Raul qui est nommé à la tête du Conseil d'État pour un mandat de cinq ans. Ce dernier, qui était également ministre de la Défense, quitte cette fonction et nomme lui-même son remplaçant. L'arrivée au pouvoir de l'ancien général, qui a une personnalité beaucoup moins charismatique que celle de son frère, ouvre la porte à bien des interrogations. Les analystes s'interrogent entre autres sur l'approche qu'il adoptera pour régler les sérieux problèmes sociaux et économiques auxquels Cuba doit faire face.

Pour en savoir plus: Discours du nouveau président cubain devant l'Assemblée nationale

Dans les médias...


Gilles Biassette, « Raul Castro devrait tenter une ouverture économique à Cuba »

«...Raul Castro, pragmatique et réputé excellent organisateur, s'est efforcé, lors de son intérim, de montrer qu'il comprenait les problèmes de ses compatriotes, auxquels il a donné la parole lors de réunions organisées dans le pays. Il a mis à profit cette période de transition pour modifier son image de militaire endurci, se muant en un réformateur prudent, décidé à avancer « petit à petit » sur la voie du changement : s'il s'est engagé à assurer la « continuité » du socialisme, il assure vouloir oeuvrer à des « changements structurels et de conceptions ». Avant-hier, il a annoncé la prochaine levée de certaines « interdictions » pesant sur l'économie, sans préciser lesquelles, et une réévaluation « prudente » du peso. (...) Sur le plan politique, en revanche, peu de changements sont attendus. N'ayant rien oublié des déboires de l'ex-URSS au temps de Mikhaïl Gorbatchev, les dirigeants cubains jugent que lâcher du lest à la fois sur le plan économique et sur le plan politique pourrait mener le pays bien plus loin que ne le souhaitent même les plus réformateurs au sein de l'appareil. D'où le scepticisme des dissidents. »

La Croix (France), 26 février 2008, p. 11.

Gylden Axel, « Cuba Raul Castro, « leader minimo » »

«...En se prononçant en faveur de « réformes conceptuelles et structurelles », il a sans doute exprimé un souhait largement partagé dans les sphères du pouvoir. Car Raúl estime nécessaire (et possible) de revitaliser l'économie, de la rendre plus performante, plus diversifiée. Une manière implicite de reconnaître que la ruine cubaine s'explique moins par l'embargo américain ou l'« impérialisme » que par les carences du régime de La Havane. Il n'y a pas si longtemps, un tel point de vue eût été considéré comme contre-révolutionnaire. Mais la réforme a ses limites : Raúl veut mettre en oeuvre une version tropicale du modèle chinois, qui combine ouverture économique et verrouillage politique. Aux mains de militaires formés aux techniques de management en Europe et au Canada, le secteur du tourisme fonctionne déjà sur ce mode. Comme il avait tenté de le faire en 1985, avant d'être rabroué par Fidel, Raúl souhaite également réveiller l'agriculture en offrant la possibilité aux paysans de réaliser des profits personnels. »

L'Express (France), 28 février 2008, p. 72-73.

Guy Taillefer, « Fidel Castro, à demi disparu »

«...Quoi qu'il arrive, la succession tout en douceur qui s'installe à La Havane étale l'échec, sinon par certains côtés l'innocuité de la politique américaine de « changement de régime » fondée sur l'embargo appliqué depuis 1962 (un embargo que le régime cubain ne se sera pas privé d'instrumentaliser politiquement). Elle met à mal la vue de l'esprit qui a consisté pour Washington et la diaspora anticastriste de Miami à penser que Fidel était l'État et que son départ causerait, dans la seconde, des bouleversements majeurs. Les détracteurs du castrisme font l'impasse « sur les sources de la légitimité de Fidel », écrivait début 2007 l'experte Julia Sweig dans une analyse sans complaisance publiée par la revue Foreign Affairs: le citoyen cubain est hautement instruit et, par comparaison, en très bonne santé; les institutions cubaines emploient une fonction publique éduquée, des officiers aguerris, un corps diplomatique capable et une main-d'oeuvre qualifiée... La résilience de l'État cubain, disait-elle, ne se réduit ni à un homme ni à son appareil de répression. »

Le Devoir (Québec, Canada), 23 février 2008, p. b2.

Éditorial

«...For now, nothing is likely to change on either side of the Florida Strait. The Bush administration already has shut off any possibility of lifting the embargo because of Fidel Castro's decision to step down. And Raul Castro, who has been acting president since his brother's severe intestinal illness a year and a half ago, has vowed to keep Cuba on the same staunchly communist, dictatorial course. Raul, 76, who may very well be anointed as the next president by a compliant national assembly, could raise to a higher level of power a cadre of younger party leaders, including technocrats better able to deal with the global economy. Raul is more open than his brother to economic reform and is credited with persuading Fidel to accept agricultural market reforms. But Fidel, even behind the scenes, will remain an iconic figure. It's telling that the fiercely anti-Castro Cuban community in Miami greeted the news of Fidel's resignation not with cheers but with muted scepticism. They know Fidel will be a formidable presence until his death. »

Newsday (États-Unis), 20 février 2008.

Gouvernance et gouvernement [ 24 février 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Cuba
FaibleRaul CastroRaul Castro

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2003 - 2016



février
2008
Accession de Raul Castro à la présidence de Cuba

mars
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

novembre
2016
Décès de l’ex-dirigeant cubain Fidel Castro


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