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9 mars 2008

Réélection en Espagne du Parti socialiste ouvrier de Jose Luis Zapatero

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jose Luis Rodrigue Zapatero

La dissolution du Congrès des députés entraîne la tenue d'élections législatives anticipées en Espagne. Elles permettent au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de maintenir une majorité relative en chambre, tout juste devant les conservateurs du Parti populaire (PP).

La campagne électorale de 2004 s'est terminée dans l'agitation alors que Madrid était frappée par des attentats terroristes meurtriers. C'est dans ce contexte que le PP, dirigé par José Maria Aznar, s'inclina devant le PSOE de José Luis Rodrigue Zapatero. Le mandat de celui-ci a été marqué par une rupture en matière de politique étrangère, le nouveau premier ministre annonçant rapidement le retrait anticipé des troupes espagnoles d'Irak. Sur le plan intérieur, plusieurs politiques sociales progressistes ont été adoptées : égalité juridique des sexes, légalisation des mariages gais, simplification des divorces, accessibilité à l'avortement, laïcisation de l'éducation. Au niveau des institutions, un statut conférant une autonomie élargie à certaines régions, notamment la Catalogne, a été adopté. Le bilan économique du gouvernement Zapatero est également positif -forte croissance économique, réduction du chômage- , mais en janvier 2008 un blocage législatif incite le gouvernement à précipiter la tenue d'élections pour le 9 mars. Alors que l'économie mondiale est vacillante, la situation de l'économie espagnole est le sujet qui domine la campagne électorale. Des sorties publiques de l'Église espagnole contre les politiques sociales du gouvernement mettent également le PSOE sur la sellette. Le PP, qui est aux prises avec des guerres internes à propos du leadership du chef, Mariano Rajoy, est lui aussi affaibli. Le vote est très polarisé entre les deux grandes formations : le PSOE obtient 43,6% des votes et 169 sièges, et le PP 40,1% des voix avec 154 sièges. À court de la majorité, le futur gouvernement Zapatero aura donc besoin de l'appui d'autres partis pour faire adopter ses projets de loi.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Benoît Pellitstandi, « Le laboratoire espagnol »

«...Largement disqualifiée par la longue dictature franquiste, la droite classique - celle que relayent les imaginaires politiques - , constituée de grands propriétaires, de patrons tout-puissants et de l'Église catholique, cède la place à une droite décomplexée, libérale et moderne, certes liée à des hiérarchies traditionnelles, mais prenant ses distances par rapport à un modèle historiquement dépassé. (...) Quant au parti socialiste, s'il a exercé une hégémonie de fait entre 1982 et 1993, son reflux et sa reprise montrent que les Espagnols sont disposés à lui accorder leur confiance, mais réticents à lui donner une majorité absolue. (...) Les deux Espagne se sont reformées. Mais la grande nouveauté tient à ce que leur confrontation est seulement démocratique et électorale. Il est rassurant de constater qu'une démocratie parlementaire bipartisane s'est mise en place et que les contorsions rhétoriques ou idéologiques du début de la transition se sont effacées d'elles-mêmes. C'est le signe d'une normalisation démocratique. Plaisent aux électeurs que ces deux Espagne ne s'affrontent plus que jamais démocratiquement ! »

Esprit (France), juillet-août 2008, p. 12-13.

Cécile Chambraud, « Réformateur et pragmatique, le leader du PSOE incarne une Espagne délivrée de ses pesanteurs »

«...José Luis Rodriguez Zapatero a bien cette fois été élu sur sa personne, sur son bilan, sur son projet. Et même, pourrait-on dire, sur son initiale, le « Z » de son nom ayant été le gimmick par lequel les communicants du Parti socialiste espagnol (PSOE) ont identifié le candidat Zapatero. L'idéologie était loin, et ce n'est pas un hasard : pendant quatre ans, le « zapatérisme » a été un mélange de quelques convictions bien arrêtées - le féminisme, l'ouverture envers les minorités, qu'elles soient sociales ou régionales, la mémoire de l'Espagne républicaine - , de foi absolue dans sa propre habileté politique et de la certitude que le pragmatisme peut venir à bout des problèmes les plus enkystés, fût-ce le terrorisme. Sans doute est-ce ce mélange de souplesse, d'optimisme, d'audace et d'absence d'états d'âme qui lui a permis d'incarner une génération d'Espagnols entreprenante et pragmatique, délivrée des pesanteurs de l'Espagne traditionnelle, qui préfère agir plutôt que de s'éterniser dans des controverses théoriques, bien décidée à se rapprocher des autres grands pays européens en matière de niveau de vie - une préoccupation constante chez M. Zapatero. Le premier ministre réélu a correspondu aux années de croissance forte qu'a connues l'Espagne, qui rend les réformes plus douces et l'avenir plus riant. »

Le Monde (France), 11 mars 2008, p. 14.

François Musseau, « Bis repetita pour Zapatero », Le Figaro (France)

«...La nouveauté de ce scrutin tient au fait que jamais la présence des deux grands partis aux Cortes n'aura été aussi écrasante. Le camp de Zapatero, surtout, a profité de la chute des petites formations, dont les votants habituels semblent avoir voté « utile » et obéi à un réflexe antidroite. (...) Dès la précampagne, en janvier, l'affrontement a été véhément entre les deux principales formations qui, à elles seules, représentent environ 80 % de l'électorat. Au point que les autres partis ont été relégués au second plan. Cette polarisation entre le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste (PSOE) a permis à leurs dirigeants d'accaparer toute l'attention médiatique. Notamment pendant les deux duels télévisés Zapatero-Rajoy, qui, à l'image de la campagne, sur fond de décélération économique, se sont déroulés dans un climat très tendu et acerbe. »

Libération (France), 10 mars 2008, p. 16.

François Brousseau, « Le sacre de Zapatero »

«...En quatre ans, le petit soldat Zapatero a pris du galon, et l'Espagne a confirmé hier le Parti socialiste (PSOE) avec une majorité comparable à celle « accidentelle », de 2004. L'irruption, de nouveau en 2008, du terrorisme en fin de campagne, avec l'assassinat vendredi d'un ancien conseiller municipal socialiste basque - et cette fois, l'ETA est vraiment coupable - , n'a pas eu d'effet mesurable sur l'équilibre politique. Longtemps accusés d'être « mous » sur le terrorisme - en particulier après les négociations et la trêve ratées de 2006 avec l'ETA - , les socialistes ont sorti le gros bâton en 2007 contre les milieux extrémistes basques, et poussé la police à un grand nombre d'arrestations... Ils ont ainsi tué dans l'oeuf toute efficacité rhétorique de la droite sur ce thème. »

Le Devoir (Québec, Canada), 10 mars 2008, p. B1.

Gouvernance et gouvernement [ 9 mars 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéJuan Carlos I de BourbónJosé Luis Rodríguez Zapatero

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2003 - 2016



mars
2004
Attentats terroristes dans le métro de Madrid

mars
2004
[Résultats] Élections législatives

mars
2008
Réélection en Espagne du Parti socialiste ouvrier de Jose Luis Zapatero

mars
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2011
Élection du Parti populaire de Mariano Rajoy en Espagne

novembre
2011
[Résultats] Élections législatives

juin
2014
Annonce de l'abdication du roi d'Espagne, Juan Carlos 1er

novembre
2014
Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

septembre
2015
Élections régionales au Parlement de Catalogne

décembre
2015
Tenue d'élections législatives en Espagne

décembre
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
[Résultats] Élections législatives


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