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24 mars 2008

Tenue d'élections parlementaires au Bhoutan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jigmi Thinley

En tenant les premières élections de son histoire, le Bhoutan confirme son passage d'une monarchie absolue à une monarchie parlementaire. La victoire écrasante du Parti pour le bien-être du Bhoutan (DPT), dont le chef est un monarchiste convaincu, ne laisse pas présager de rupture avec les politiques du roi.

Depuis 1907, le Bhoutan est dirigé par un roi qui détient les pouvoirs absolus. Longtemps replié sur lui-même, ce petit royaume s'ouvre sur le monde sous l'impulsion de son monarque à partir des années 1970. Ce lent processus de modernisation est mené en s'assurant de protéger l'identité nationale, basée sur les valeurs fondamentales du bouddhisme tibétain. L'originalité du Bhoutan tient au fait que le processus démocratique n'a pas été réclamé par la population, mais a plutôt été orchestré par le roi, Jigme Singye Wangchuk. En 2005, ce dernier propose un projet de Constitution qui prévoit la formation d'un Parlement bicaméral. La tenue d'élections est également prévue. L'année suivante, le roi abdique en faveur de son fils, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, lequel a fait ses études universitaires au Royaume-Uni. Afin de préparer les citoyens à l'exercice de leurs droits démocratiques, il organise des élections factices dans l'ensemble du pays. Le 31 décembre 2007, de véritables élections ont lieu afin d'élire 20 des 25 membres du Conseil national, la Chambre haute. Les cinq autres membres sont nommés par le roi qui fait office de chef d'État. Les élections parlementaires ont finalement lieu le 24 mars 2008. Elles ont pour objectif de constituer la première Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement. Seulement deux formations s'affrontent, lesquelles partagent sensiblement le même programme. Le Parti pour le bien-être du Bhoutan (DPT) remporte 45 des 47 sièges en jeu. Son leader, Jigmi Thinley, devient le premier chef élu du gouvernement bhoutanais. Le projet de Constitution devra être soumis aux nouveaux parlementaires avant d'entrer en vigueur.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Laure Mandeville, « Le pays du « bonheur national brut » goûte à la démocratie »

«...le royaume a mis fin à un siècle de monarchie absolue lors d'élections législatives visant à désigner son parlement et un nouveau gouvernement. C'est le jeune roi Jigme Khesar Nagmvel Wangchuck, 28 ans, formé à Oxford et installé aux affaires en décembre 2006, qui en a pris l'initiative. L'ancien roi Jigme Singye Wangchuck, son père, avait amorcé le virage de la démocratisation dès 2001, confiant une partie de ses pouvoirs absolus à un conseil des ministres et promulguant une nouvelle constitution. (...) Avec le fils, c'est officiel : le « bonheur national brut » est compatible avec la démocratie. La population n'en paraît pas encore totalement convaincue, puisqu'il a fallu que le nouveau souverain exhorte ses sujets, partagés entre curiosité et inquiétude, à se rendre aux urnes. Hier à la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation annoncé était de 79 %. La population a largement rejeté le parti dirigé par l'oncle du roi (qui a même perdu sa circonscription), donnant 44 sièges sur 47 au Parti royaliste pour le bien-être du Bhoutan, largement acquis aux idées du jeune monarque. Il semblerait que les électeurs aient voulu marquer leur soutien à leur souverain, tout en mettant en garde contre une récupération de son pouvoir par sa famille. »

Le Figaro (France), 25 mars 2008, p. 5.

Françoise Chipaux, « Au royaume du Bhoutan, la démocratie ne fait guère d'émules »

«...La démocratie menacerait-elle « le bonheur national brut » promis à ses sujets par l'ancien roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuck ? En imposant des élections parlementaires aux 670 000 Bhoutanais, la monarchie a créé des sujets de discorde. La population, troublée, a eu bien du mal à se laisser convaincre des bienfaits d'un partage des pouvoirs. « Comment tout cela va-t-il finir ? Deviendrons-nous comme l'Inde ou, pire, comme le Pakistan ? Les gens vont-ils descendre dans la rue chaque fois qu'un politicien le leur demande ? », interrogeait, inquiète, Phuntso Lhamo, une étudiante de 23 ans qui attendait, lundi 24 mars, son tour pour voter. (...) Heureux avec leur roi, les Bhoutanais se sont montrés longtemps réticents devant la perspective de prendre en main leur destin. Avec un revenu deux fois supérieur à celui de l'Inde, un accès à l'éducation et à la santé relativement bien partagé, les Bhoutanais ne voyaient pas de raison de changer un système qui a un certain mérite comparé au Népal voisin. »

Le Monde (France), 26 mars 2008, p. 6.

Pierre Prakash, « Bhoutan : le roi attend des voix »

«...Hier soir, les premiers résultats donnaient le DPT gagnant avec 44 sièges sur 47. Quel que soit le vainqueur, la vie des Bhoutanais ne devrait pas beaucoup changer. Les candidats des deux bords sont en effet les premiers à reconnaître que leurs programmes sont « quasiment identiques » : renforcement des systèmes éducatif et de santé, meilleur accès à l'eau, à l'électricité, au réseau routier, etc. Surtout, tous deux promettent de « poursuivre la politique du roi ». Logique, puisque, vu le manque d'enthousiasme pour les candidatures, les principaux leaders des deux bords sont d'anciens ministres du régime monarchique, qui peuvent donc difficilement renier leur politique passée. « De toute façon, la transition est déjà tellement difficile à accepter pour la population que si les partis proposaient des choses trop radicales, les électeurs prendraient peur », conclut un journaliste local. »

Libération (France), 23 mars 2008, p. quo38.

Gouvernance et gouvernement [ 24 mars 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Bhoutan
FaibleJigme Khesar Namgyal WangchukKinzang Dorji

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1998 - 2016



mars
2008
Tenue d'élections parlementaires au Bhoutan

mars
2008
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


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2011
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2008
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