Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 janvier 2019

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1 septembre 1969

Renversement du roi de la Libye, Idris 1er

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mouammar Kadhafi
UE

Un groupe d'officiers libyens ayant à leur tête le colonel Mouammar Kadhafi profite du départ du roi Idris 1e pour s'emparer du pouvoir.

Seul souverain de la Libye depuis la proclamation d'indépendance de 1951, le roi Idris 1er se rend à Ankara, en Turquie, pour des raisons de santé. Pendant son départ, un coup d'État est orchestré par un groupe d'officiers menés par un jeune colonel de 27 ans, Mouammar Kadhafi. Celui-ci deviendra le président du Conseil de commandement de la révolution et l'homme fort de la Libye, devenue une république. Le slogan « Liberté, socialisme, unité arabe » est au coeur du programme du nouveau régime, d'abord dirigé par des militaires et des civils, dont le premier ministre est Mahmoud Soliman al-Maghreby. Des mesures restrictives sont adoptées à l'endroit des compagnies de pétrole, une ressource abondante en Libye, et Kadhafi, un admirateur du président égyptien Gamal Abdel Nasser, fait évacuer des bases appartenant aux Britanniques et aux Américains. Le projet d'union politique qu'il souhaite réaliser avec l'Égypte et d'autres pays arabes ne pourra toutefois être mené à terme.

Dans les médias...


S.A., « Une responsabilité pour les Grands »

«...les événements de Libye risquent fort de déborder ce cadre régional et arabe : la position stratégique qu'occupe ce pays au coeur du bassin méditerranéen, l'importance de ses richesses pétrolières et des liens qu'il avait préservés jusqu'à présent avec les puissances anglo-saxonnes, font du coup d'État de Tripoli un événements international. (...) le coup d'État ne sera pas pour déplaire à Moscou, dont les premières réactions témoignent, en effet, d'une certaine satisfaction. Il est vrai que la diplomatie soviétique procède maintenant avec prudence. L'exubérance avec laquelle M. Khrouchtchev avait accueilli, en 1958, le coup d'État irakien - première grande brèche ouverte dans le système occidental de la région après la révolution égyptienne - n'est plus de mise aujourd'hui. La présence en Méditerranée d'une flotte soviétique de quelque soixante-cinq bâtiments, les armes livrées par Moscou à l'Algérie et l'engagement croissant de l'U.R.S.S. aux côtés de a R.A.U. depuis la guerre de six jours n'en témoignent pas moins de la volonté des dirigeants du Kremlin d'accroître leur influence dans cette partie du monde. Jusqu'à quand les puissances occidentales pourront-elles éluder les problèmes qui en découlent ? »

Le Monde (France), 3 septembre 1969, p. 1.

Béchir Ben Yahmed, « La Libye entre en révolution »

«...Comme Nasser et ses compagnons en 1952, ce sont des officiers sans expérience politique qui viennent d'horizons différents et sont attires par les grands courants politiques qui se partagent le monde arabe : nassérisme, baathisme, nationalisme, islam intégriste et marxisme. Ils n'adhèrent pas formellement à ces mouvements et voudront créer le leur, qui sera - ou tentera d'être - un point de convergence. Ici se pose leur plus grand problème : comment préserver leur unité. De la manière dont ils résoudront ou ne résoudront pas ce problème dépend leur avenir et celui de la Libye. Mais il est plus que probable que prendra le pas sur les autres - et la direction du mouvement - celui d'entre eux qui se révélera homme politique et saura mieux que les autres exprimer le nationalisme libyen face aux Anglo-Saxons - et à l'Égypte : quels que soient les sentiments d'un dirigeant libyen, pour lui, l'Égypte est à la Libye ce que la Chine est au Viêt-nam, ce que l'URSS est à la Tchécoslovaquie, ce que les USA sont au Mexique. »

Jeune Afrique (France), 16 au 22 septembre 1969, p. 24.

Georges Henein, « Libye : le pétrole change de camp »

«...Autour du gagnant, une équipe d'officiers « arabes, libres, unionistes » s'empresse de proclamer la République. La radio annonce aux Libyens réveillés en sursaut que « le rêve de leur vie se réalise ». Et ce rêve, c'est le socialisme. « Nasser vous inquiète. Tant mieux. C'est pour cela qu'il nous plaît. » Ce silex lancé par un étudiant à un voyageur français précède le coup d'État et l'explique. Les jeunes de cet immense pays presque vide, allongé sur la carte pour une sieste sans fin, ne voyaient plus la Libye que comme une combinaison de trente-sept sociétés anonymes gorgées de pétrole et d'un roi cacochyme drapé dans sa piété. Ils étaient les témoins passifs du drame arabe, et se sentaient coupables de n'inquiéter personne. Lundi, le colonel Chouairib les a précipités dans l'Histoire comme on jette une bombe dans un club récréatif. »

L'Express (France), 8 au 14 septembre 1969.

S.A., « How Brave to Be a King »

«...The presumption was that the new junta was leftist - but how leftist and of what variety ? Among the six Arab governments that immediately recognized the rebel regime, the radical Baathist government of Iraq sounded the most enthusiastic. But Egypt's President Gamal Abdel Nasser, no friend of the Baathist, was also quick to send a goodwill mission to Tripoli. All of which suggested that even among Arab socialists, who are as alert to find shades of heresy as any Spanish inquisitor, no one was sure where the new rulers of Libya stood. (...) if the immediate effect on the Western nations might not be great, the overthrow of King Idris could have a considerable impact on the balance of power within the Arab world. In Arab League councils, the seven remaining conservative regimes will now be balanced by seven revolutionary republics. And the Libyan coup could well prove a tempting example for ambitious young military men in other conservative and oil-rich Arab nations. »

Newsweek (États-Unis), 15 septembre 1969, p. 40.

Gouvernance et gouvernement [ 1 septembre 1969 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Libye
Non disponibleMouammar KadhafiWanis al-Gaddafi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1979



septembre
1969
Renversement du roi de la Libye, Idris 1er

avril
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Proclamation de l’Union des Républiques arabes


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