27 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

3 mars 1985

Fin d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Margaret Thatcher

Environ un an, presque jour pour jour, après avoir déclenché une grève, les mineurs britanniques encore en conflit retournent finalement au travail. Ce dénouement constitue une victoire importante pour le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher

Au début des années 1970, des grèves d'envergure se sont soldées par des victoires pour les mineurs britanniques, représentés par la National Union of Mineworkers (NUM). Des tensions surviennent encore au début des années 1980 alors que le National Coal Board, un organisme étatique qui contrôle le secteur minier, met de l'avant un plan prévoyant des fermetures de mines et des pertes d'emplois. Il justifie cette décision par le contexte économique difficile, la baisse de la demande en charbon et les déficits d'exploitation de certaines mines. Sans que les travailleurs se soient prononcés par vote, un mouvement de grève s'enclenche en mars 1985 et fait boule de neige. Mais contrairement aux grèves précédentes, plusieurs poches de résistance subsistent dans le pays. C'est le cas par exemple dans le Nottinghamshire où des scènes de violence éclatent. Une autre différence par rapport aux grèves antérieures est la planification du gouvernement qui s'assure d'un approvisionnement régulier en charbon, ce qui évite la paralysie de l'économie, particulièrement pendant l'hiver 1985. Ce véritable bras de fer qui oppose le syndicat et son chef, le gauchiste Arthur Scargill, au gouvernement conservateur de Margaret Thatcher, tourne graduellement à l'avantage des dirigeants politiques. Un syndicat dissident est formé -la Union of Democratic Mineworkers- et plusieurs retours au travail sont observés avant que, le 3 mars 1985, presque un an après le début des hostilités, des délégués de la NUM réunis en conférence nationale votent en faveur de la fin de la grève. Le mouvement syndical sortira affaibli par ce conflit qui constitue une victoire pour la première ministre Thatcher et un point tournant dans l'histoire des relations industrielles au Royaume-Uni.

Dans les médias...


Francis Cornu, « Grande-Bretagne : un an de grève pour rien ? »

«...Que va devenir la NUM (le syndicat des mineurs), ce syndicat autrefois si puissant ? La carrière de M. Scargill paraît déjà compromise, mais, plus généralement, c'est l'autorité des instances nationales du syndicat qui est remise en cause. Leurs responsables ont apparemment renoncé à l' « expulsion » de la section régionale du Nottinghamshire, foyer de la dissidence. Mais les mineurs de cette partie des Midlands ont largement accru leur autonomie, à tel point qu'elle ressemble de plus en plus à une indépendance. D'autres régions s'apprêtent à suivre cet exemple. La NUM ne risque pas l'éclatement, mais l'unité que ses dirigeants nationaux souhaitent actuellement sauver en arrêtant la grève pourrait bientôt n'être plus qu'un faux-semblant. Sans cohésion, le syndicat encourt la paralysie ou, tout au moins, éprouvera les plus grandes difficultés à s'opposer aux plans d'une administration par définition plus cohérente. Pour cette raison, la NUM sortira de cette grève doublement affaiblie. »

Le Monde (France), 3 mars 1985, p. 4.

Nina Sutton, « Maggie la terrible »

«...Margaret Thatcher vient de remporter sa plus grande victoire depuis les Malouines : mardi matin, bannières syndicales au vent mais l'amertume au coeur, les mineurs ont repris le chemin des houillères. Après un an de grève, ils n'avaient rien, strictement rien obtenu. Dix ans après la prise de pouvoir de la Dame de Fer au sein du Parti conservateur, cet écrasement des gueules noires marque la consécration d'un des principes de base du thatchérisme : les syndicats ne doivent pas avoir leur mot à dire dans la gestion des entreprises. Mais la Grande-Bretagne est pays de paradoxes. Au moment même où la plupart des hommes politiques saluaient un succès que beaucoup estimaient indispensable, un sondage plaçait, pour la première fois depuis la guerre des Malouines, le Parti travailliste en tête en cas d'élection. (...) C'est que l'ampleur même de la défaite des mineurs commence à troubler l'opinion. Le taux de chômage, en hausse constante, inquiète. La chute de la livre aussi. »

Le Nouvel Observateur (France), 8 mars 1985, p. 30.

Guy Cormier, « Voeux de grève à perpétuité »

«...L'Angleterre n'a pas les moyens de bêtises de cette taille et on se demande comment une nation capable de se montrer si raisonnable dans d'autres domaines peut rester attachée à des méthodes de combat social d'un autre âge. Dans quel pays civilisé voit-on des grèves de 52 semaines ? Cela pouvait se comprendre au 19e siècle... Évidemment, la longueur et le caractère particulièrement féroce du conflit peuvent s'expliquer par le contexte politique. Arthur Scargill a continuellement donné l'impression qu'il cherchait principalement à abattre Mme Thatcher et son gouvernement. Les mineurs, forts de la sympathie du public, n'avaient-ils pas naguère réussi à jeter par terre un autre premier ministre (...) De son côté, Mme Thatcher était décidée à ne pas se laisser faire par ceux qu'elle appelle des « ennemis de l'intérieur » et des « terroristes ». Elle a voulu rappeler que nul ne doit prévaloir contre un gouvernement légitimement élu. La leçon aura coûté cher. »

La Presse (Québec, Canada), 6 mars 1985, p. A6.

Éditorial

«...The failure of the strike is bound to have a chastening effect on any future use of the strike weapon; that should be an important plus for the British economy, which has long suffered from excessively militant unionism. Thatcher is likely to gain ground in the polls, but it's far from clear that she is a net winner. Her rigid position during the strike deepened the impression that she is better at dividing the British people than at uniting them. Meanwhile, the invective hurled by left-wingers at opposition Labor Party leader Neil Kinnock for his lukewarm support of the strike probably has improved his acceptability to moderate voters. The strike, which pitted brother against brother and friend against friend, created wounds that some commentators fear will require a generation to heal. The healing process will have more chance if the Tory government, which has vowed that there will be no general amnesty for strikers fired for breaking the law, makes some intelligent exceptions in individual cases. »

Los Angeles Times (États-Unis), 6 mars 1985.

Gouvernance et gouvernement [ 3 mars 1985 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIMargaret Thatcher

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1980 - 1990



juillet
1981
Mariage du prince Charles et de lady Diana Spencer au Royaume-Uni

juin
1983
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1983
[Résultats] Élections législatives

mars
1985
Fin d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

juillet
1985
Présentation du concert musical Live Aid

juin
1987
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1987
[Résultats] Élections législatives

décembre
1988
Explosion d'un Boeing 747 au-dessus de Lockerbie, en Écosse

novembre
1990
Démission de la première ministre britannique Margaret Thatcher


Dans l'actualité


février
2019
Le Brexit fera t-il tomber Theresa May?

janvier
2019
Baisse du taux de chômage au Royaume-Uni : une bonne nouvelle?

janvier
2019
Glasgow, la ville trouble

octobre
2018
Après le Brexit, l'Afrique est dans la mire des Britanniques

mars
2018
Il y a 40 ans : Amnistie internationale décrochait le prix Nobel de la paix

novembre
2017
D'Hollywood à Westminster : l'internationalisation d'un mouvement

octobre
2017
Brexit : dur divorce au sein de l'Europe

octobre
2017
Des élections crève-cœur pour le Parti national écossais

mars
2017
Martin McGuinness provoque un bouleversement politique en Irlande du Nord

février
2017
20 ans plus tard : l'héritage contrasté de Tony Blair à la tête du Royaume-Uni


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016