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6 mai 1994

Inauguration d'un tunnel reliant la France et le Royaume-Uni

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Tunnel sous la Manche

Un tunnel ferroviaire sous la Manche, reliant la France et le Royaume-Uni, est inauguré le 6 mai 1994. Cet événement a lieu à la suite d'un accord signé par la première ministre britannique Margaret Thatcher, le président français François Mitterrand et deux consortiums français et britannique.

Long de 50 km, le « Channel Tunnel » est le deuxième plus long tunnel ferroviaire de la planète. Quelques tentatives pour le construire furent entreprises au XIXe siècle, mais l'entente finale relative à sa construction n'a abouti qu'en 1986. Bien que Britanniques et Français prévoyaient, à l'époque, des coûts de 8 milliards $US, le tunnel a coûté trois fois plus. Le projet est colossal. À titre d'exemple, à lui seul le terrassement du terminal français de Calais a nécessité le déplacement de 11 millions de mètres cube de terre, soit l'équivalent de sept fois la plus grande pyramide d'Égypte. Les tentatives de rapprochement entre la France et le Royaume-Uni sont un des facteurs favorisant ce projet dont la réalisation est cependant retardée d'un an à cause de l'ampleur des travaux. La reine Elizabeth II, présente lors de l'inauguration du 6 mai 1994, évoque son désir de collaboration avec les Français afin de « faire cause commune pour le bénéfice de l'humanité tout entière ». L'allocution du président Mitterrand souligne également les retombées bénéfiques du tunnel pour l'ensemble de l'Union européenne, fondée en 1992. Selon lui, cette voie constitue « un élément décisif dans l'élaboration et la mise en oeuvre du marché unique ». Des divergences d'opinions continueront toutefois d'exister à ce sujet entre les deux pays. La compagnie Eurotunnel exploitera le tunnel par contrat jusqu'au milieu du XXIe siècle. Il deviendra par la suite la propriété des États français et britannique. En 1996, la Société américaine des ingénieurs civils choisira le tunnel sous la Manche comme une de ses sept merveilles du monde moderne.

Dans les médias...


Laurent Zecchini, « Le tunnel sous la Manche : être ou ne pas être insulaires »

«...Pour les Britanniques, l'ouverture du tunnel est un traumatisme. Ils y perdent leur singularité et une part de leur identité. FOG in the Channel : continent cut off : c'est fini, on ne pourra plus, de ce côté-ci de la Manche, avoir recours à cette vieille plaisanterie. Fin du « splendide isolement » : ce bras de mer qui, entre autres envahisseurs, a tenu en échec Napoléon et Hitler, va pouvoir être franchi en trente-cinq minutes. « A nous la rage et autres pestes européennes »... Les sentiments des Britanniques à l'égard du tunnel sous la Manche sont ambivalents : à la fois empreints d'autodérision et de vraies hantises. Car même les esprits modernes et résolument européens ne peuvent gommer complètement cette idée simple, qui a fortifié depuis des siècles le tempérament national : si la Grande-Bretagne fut glorieuse, forte, et épargnée par l'opprobre de l'occupation étrangère, elle le doit à son insularité. Ce tunnel ne va-t-il pas être le « cheval de Troie » de la perte de l'identité nationale ? »

Le Monde (France), 7 mai 1994, p. 26.

Frédéric Wagnière, « Le (the) tunnel »

«...C'est, en effet, l'insularité des Britanniques et non les problèmes techniques, qui a été le principal obstacle à la construction du tunnel. Les Anglais ont toujours davantage compté sur la Manche, que sur l'entente cordiale, pour les protéger des armées continentales, de la rage et des hordes de mangeurs d'ail. Du côté français, on craint maintenant moins les invasions de la perfide Albion, à l'exception de celle de la langue anglaise. La société Eurotunnel a peut-être voulu exprimer sa « neutralité linguistique » en baptisant la navette ferroviaire « Le Shuttle », un barbarisme des deux côtés de la Manche, mais, semble-t-il, pas en-dessous. Quoi qu'il en soit, le tunnel n'est pas un simple lien entre la France et l'Angleterre, mais il deviendra une artère dans une Europe qui connaît de moins en moins de frontières nationales. (...) Dans une Europe, qui cherche son unité politique en tâtonnant et avec maladresse, le tunnel sous la Manche rappelle que l'important, dans une Europe unie, n'est pas la politique, mais l'énorme liberté qu'elle donne à tous les Européens de se déplacer comme ils veulent et de s'établir où ils veulent. »

La Presse (Québec, Canada), 3 mai 1994, p. B2.

Alan Riding, « Calais Journal ; French Assess Tunnel, Say the Chasm Still Yawns »

«...the white cliffs of Dover have long served to remind the French that their historic enemy, « Perfidious Albion, » lies just across the water. But nowadays, it seems, few French bother to look west. It may be because the two countries have not battled each other since Waterloo. It may be that the French have tired of Britain's constant snubbing of moves to unite Europe. It may simply be that Britain no longer counts: when the French complain about the « Anglo-Saxons, » they now mean Americans. Whatever the reason, viewed from here the inauguration on Friday of the Channel Tunnel linking Shakespeare's « sceptered isle » to mainland Europe is seen as mainly a British affair. After all, it is Britain that is losing its insularity. (...) Officialdom has been more upbeat, portraying the occasion as a fresh chapter in the « entente cordiale » reached by the neighbors in 1904 and successfully tested in two world wars. And in Friday's ceremonies, Queen Elizabeth and President Francois Mitterrand seem certain to dwell on this theme. Yet the relationship between Britain and France today is strangely one-sided, with Britain seemingly more obsessed with France than vice versa. The British flock to France on vacation, buy second homes here and try to emulate the French « art de vivre. » »

New York Times (États-Unis), 6 mai 1994.

Gouvernance et gouvernement [ 6 mai 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois MitterrandÉdouard Balladur

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIJohn Major

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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mars
1993
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mars
1993
[Résultats] Élections législatives

mai
1994
Inauguration d'un tunnel reliant la France et le Royaume-Uni

avril
1995
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1995
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mai
1997
[Résultats] Élections législatives

juin
1997
Tenue d'élections législatives en France

juin
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janvier
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