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17 décembre 1971

Proclamation de l'indépendance du Bangladesh

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rahman Sheikh Mujibur

Deux semaines après le déclenchement d'un conflit opposant le Pakistan et l'Inde, le Bangladesh, connu auparavant sous le nom de Pakistan oriental, devient officiellement un pays indépendant.

Lors de sa création, en 1947, le Pakistan est divisé en deux parties, une occidentale et une orientale, éloignées par plus d'un millier de kilomètres. Un mouvement autonomiste se développe dans la partie orientale, revendiquant un partage plus équitable des pouvoirs. Devant l'absence de résultats, les élus de la Ligue Amawi, qui ont remporté un succès éclatant lors des élections de décembre 1970, décident le 26 mars 1971 de proclamer l'indépendance du Pakistan oriental (Bangladesh). Le Pakistan refuse de reconnaître cette décision et exerce une forte répression sur ses auteurs. Des milliers de réfugiés quittent pour l'Inde, ennemi traditionnel du Pakistan. Une guerre éclate entre les deux pays au mois de décembre. L'appui que les belligérants ont des grandes puissances crée un climat de tension sur la scène internationale. Un cessez-le-feu survient le 17 décembre et la République du Bangladesh devient officiellement indépendante. Mujibur Rahman de la Ligue Amawi sera à la tête du pays jusqu'à son renversement, en 1975.

Dans les médias...


François Chabert, « L'heure des grands frères »

«...le Bengla Desh en devenir est confronté à une réalité plutôt encombrante : celle de la présence indienne. Car les « grands frères » sont partout. Ce sont leurs soldats qui assurent l'ordre, désarment avec quelque condescendance les Mukti Bahinis, refilent quelques armes aux huit bataillons de l'armée régulière du Bangla Desh, organisent le retour des réfugiés et s'efforcent, sans tout à fait y parvenir, d'intercepter au passage les offres de service des Soviétiques. Ce sont leurs troupes du génie qui reconstruisent les ponts, leurs économistes qui dressent les plans, leurs journalistes qui prennent en charge l'agence de presse nationale. Et c'est un proche conseiller du Premier ministre indien, C.P. Dhar, qui est aujourd'hui le véritable « patron » du Bangla Desh. Déjà les industriels de Calcutta comptent sur ce marché inespéré pour faire redémarrer leurs usines et désarmer la colère des naxalistes. Pour la première fois dans son histoire, l'Inde, devenue puissance militaire, se sent appelée à une mission « protectrice ». Ses diplomates et ses généraux le font sentir à leurs interlocuteurs bengalis. »

Le Nouvel Observateur (France), 10 janvier 1972, p. 29.

Jacques Decornoy, « Le Bengale-Oriental : soixante mille villages misérables »

«...C'est donc un peuple très sous-développé qui est en train de forger une nation. La bourgeoisie locale n'est pas suffisamment puissante pour prendre en charge une économie à ce point retardataire. Les nationalistes de la ligue Awami - qui représentent les intérêts de cette mince classe, et de la petite et moyenne bourgeoisie - parlent volontiers de « socialisme ». Ils sont assurés de recevoir une aide de l'Inde - elle sera nécessairement limitée - et de l'U.R.S.S. La question se pose de savoir si le Consortium international d'aide au Pakistan - constitué par plusieurs pays occidentaux - accordera une assistance au Bengla-Desh, alors que Washington a pris position en faveur d'Islamabad à l'occasion du conflit. Il est vrai que l'extrême modération des chefs de la ligue Awami ne saurait effrayer les États-Unis, qui, d'autre part, auront, tout autant que les Soviétiques, intérêt à empêcher le renforcement des mouvements de gauche. Or, le parti national Awami du vieux leader Bashani possède des assises solides en milieu paysan pauvre, ce qui n'est pas vrai de la ligue Awami. »

Le Monde (France), 17 décembre 1971, p. 6.

Laurent Laplante, « L'organisation de la paix »

«...L'ONU est-elle inutile ? Non pas. Elle interdit efficacement une certaine logique et l'Inde, même aujourd'hui, en sait quelque chose. L'Inde bénéficie d'une certaine approbation, à la condition expresse de ne pas régler le contentieux du Cachemire en même temps qu'elle « libère » le Bangla Desh. En arrêtant brusquement les hostilités dès l'instant où le Pakistan oriental dépose les armes, l'Inde accrédite sa réputation de « nation libératrice ». Personne, aux tribunes de l'ONU, ne peut prouver que l'Inde a agrandi son territoire et l'Inde a beau jeu de se présenter comme le défenseur des opprimés bengalis. Dans ce contexte, l'ONU n'empêche pas toute hostilité, mais elle contraint les nations à entourer de pudeur certaines de leurs activités et à remettre à plus tard la liquidation de certaines rancunes. L'Inde libératrice ne pouvait pas devenir sans transition l'Inde vorace. L'ONU n'aura pas empêché le démembrement (peut-être nécessaire d'ailleurs) du Pakistan, mais elle a probablement retardé le règlement d'un autre litige entre l'Inde et le Pakistan. »

Le Devoir (Québec, Canada), 18 décembre 1971, p. 4.

Éditorial

«...Thus, Bangla Desh, with little indigenous leadership, hordes of displaced people and few economic prospects, can hardly look forward to the dawning of a bright new era. Even if the raging animosities between Bengalis and non-Bengalis can somehow be submerged, possibly by the occupying troops of India, there still will be the enormous economic and social problems of trying to resettle the millions of refugees who fled the Pakistani army's repression. The new Bangla Desh almost certainly will be heavily dependent upon India, with a sort of protectorate status, for some time to come. Given the racial and cultural differences that exist between the Bengalis and the Indians, this relationship could wear thin, too, after a period of time. Moreover, India's own limited resources will not permit it to undertake a very extensive reconstruction program. This means it will have to ask help form other nations, many of which, like the United States, still have a bitter taste from India's resort to war before possibilities for peaceful settlement were exhausted. »

The Wall Street Journal (États-Unis), 17 décembre 1971.

Gouvernance et gouvernement [ 17 décembre 1971 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Bangladesh
IntermédiaireSayeed Nazrul IslamTajuddin Ahmed

Pakistan
TransitionAgha Mohammad Yahya KhanNurul Amin

Inde
ÉlevéVarahgiri Venkata GiriIndira Gandhi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1961 - 1981



novembre
1970
Cyclone tropical au Pakistan oriental (Bangladesh)

décembre
1971
Proclamation de l'indépendance du Bangladesh

mars
1973
[Résultats] Élections législatives

septembre
1974
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

décembre
1974
Proclamation de l'état d'urgence par le premier ministre Sheikh Mujibur Rahman au Bangladesh

février
1979
[Résultats] Élections législatives

mai
1981
Assassinat du président du Bangladesh, Ziaur Rahman


Dans l'actualité


novembre
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février
2015
Bangladesh : un verdict contre un dirigeant du Jamaat-e-Islami ne fait pas l'unanimité

janvier
2007
Le « banquier de la paix » 2006

septembre
2006
Manifestation dans les rues de Dacca


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