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26 décembre 2004

Tsunami dévastateur en Asie du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Images satellites

Des États d'Asie du Sud, sur la côte de l'océan Indien, sont frappés par le tsunami le plus meurtrier en un siècle. Son bilan est lourd : de 220 000 à 300 000 morts, 2 millions de déplacés et près de 14 milliards de dollars promis en aide internationale.

Ce cataclysme est une des nombreuses catastrophes naturelles qui secouent l'Asie du Sud pendant la première décennie du XXIe siècle. Seulement en mai 2008, par exemple, la Birmanie (cyclone Nargis) et la Chine (séisme du Sichuan) sont frappées par des désastres qui auraient fait plus d'un million de victimes. À chaque occasion, la gestion de l'aide internationale est critiquée. Durant les jours qui suivent le tsunami de 2004, les Nations unies (ONU) coordonnent rapidement l'assistance internationale qui provient principalement des États-Unis, du Japon et de la France. L'ONU n'a jamais connu une catastrophe qui a couvert autant de territoire. En effet, douze pays ont besoin de secours dont l'Indonésie, le Sri Lanka, la Thaïlande et l'Inde. Outre la dispersion des victimes, qui se comptent par centaines de milliers, plusieurs facteurs ont complexifié l'acheminement de cette aide. Au Sri Lanka, en guerre civile au moment de la catastrophe (de même que l'Indonésie et la Somalie), des Cinghalais interceptent des camions de secours en direction de territoires habités par des indépendantistes tamouls. L'Inde rejette également l'assistance extérieure car elle affirme avoir assez de ressources pour venir en aide aux pays de la région. Par ailleurs, en Indonésie, la reconstruction est retardée par des détournements de fonds, la corruption et la mauvaise gestion. Le tsunami de décembre 2004 continuera d'avoir des répercussions politiques en 2008. De la même manière que la crise économique de 1997 et le coup d'État de 2006, il est, selon plusieurs observateurs, un des événements qui ont le plus contribué à fragiliser la stabilité politique de l'État thaïlandais.

Dans les médias...


Dominique Bourg, « Le tsunami et les limites du programme moderne »

«...S'il y a bien quelque chose de troublant et de révoltant dans la disproportion entre l'extrême pauvreté des pays touchés par le tsunami et nos niveaux de vie occidentaux ; si l'industrie touristique prospère de ce décalage économique, il n'en reste pas moins que le tourisme n'est pour rien dans la catastrophe ; cette activité en rend simplement les effets plus sensibles et plus frappants. Cela dit, une authentique prévention suppose la mise en place d'une politique de développement durable. La notion de développement durable demeure le cadre à l'intérieur duquel peut se dessiner, au cours du siècle qui commence, une perspective de progrès partagé - c'est-à-dire de progrès non prométhéen. Le développement durable poursuit un double objectif - de justice sociale mondiale, si l'on ose dire, d'un côté, et, de l'autre, de protection de la biosphère. Il vise à réduire l'inégale répartition des richesses sur la planète, tout en tenant compte du danger inhérent à une dégradation générale et accélérée de notre environnement naturel. La lutte contre la pauvreté et la réduction des flux de matière et d'énergie vont rarement de pair ; sur un strict plan économique, l'une et l'autre s'excluent même. »

Le Figaro (France), 30 décembre 2004.

Antoine de Gaudemar, « Enfers »

«...Les catastrophes naturelles sont souvent les fléaux les plus « démocratiques ». Le tsunami d'hier a dévasté des régions qui, de typhons en inondations, payent déjà régulièrement un lourd tribut, en vies humaines et en destructions, à toutes sortes de cataclysmes. A tous les pays occidentaux, il rappelle tragiquement qu'il n'y a aucun paradis sur terre et que les petits édens touristiques peuvent se transformer en autant de vrais enfers. La planète est hautement instable, les plaques de l'écorce terrestre continuent de s'entrechoquer violemment et le big bang menace plusieurs zones à très haut risque, de la Californie au Japon en passant par la Turquie et l'Asie centrale : peu à peu, les hommes prennent en compte ces possibles catastrophes, les intègrent dans leurs plans d'aménagement et d'urbanisme et dans leurs normes de construction, mais à l'évidence cela ne suffit pas, témoin le séisme meurtrier de Kobe il y a cinq ans, dans un pays pourtant le mieux préparé du monde à de tels désastres. Comme le répètent les scientifiques, la sismologie reste une discipline approximative. On sait que le phénomène va se produire, mais on ne sait pas quand ni avec quelle force. »

Libération (France), 27 décembre 2004, p. 3.

Alain Dubuc, « L'agonie après la mort »

«...Les spécialistes de l'aide internationale nous préviennent que le drame ne fait que commencer. Le nombre de victimes des vagues meurtrières, qui se gonfle de jour en jour, doublera sans doute quand la déshydratation, la dysenterie, la malaria, les épidémies auront fait leur oeuvre. Mais hélas, notre culture médiatique, si prompte à se mobiliser autour d'une grande catastrophe, s'intéressera beaucoup moins à ces petites morts sans panache. Nous serons également moins intéressés par la dévastation provoquée par le tsunami, moins spectaculaire que le décompte des morts et des blessés, mais qui laissera des régions entières dans le dénuement pour des années et des années. On ne peut pas s'empêcher de noter que ce genre de drame frappe presque toujours davantage les pays pauvres. Il n'y a là aucun hasard. Des pays industrialisés auraient certainement mieux été protégés contre les effets d'un tsunami, parce que leurs moyens de communications leur auraient permis d'être avertis à l'avance de l'imminence de la catastrophe et parce que leurs infrastructures auraient mieux résisté aux chocs des vagues meurtrières. Et cela nous rappelle que l'aide aux sinistrés de l'Asie du Sud-Est, aussi nécessaire soit-elle, doit se doubler d'une aide plus durable. »

Le Soleil (Québec, Canada), 31 décembre 2004, p. A16.

Michael Elliott, « Sea of Sorrow »

«...If mass tourism - one of the least celebrated but most profound of all the ways in which the world has been shrunk in the past 20 years - made the disaster uniquely personal to those who live thousands of miles away from its mayhem, so did modern technology. From broadband and wi-fi-enabled hotels, guests could e-mail messages, pictures and videos back home. Mobile phones allowed people to stay in touch with their loved ones. And by some miracle of technology for which many were grateful, even when mobile circuits were overloaded, text messages got through. (...) The ubiquity of personal technology distorted the early news of the disaster. Because the first indications of its scale came from Sri Lanka and Thailand, it was easy to forget that the real devastation was not in the well-heeled tourist enclaves but in dirt-poor Indonesian fishing villages. In any event, the earthquake reminded us - had we been foolish enough to forget it - that there are primal forces of nature that no amount of our wizard technology is able to confine. »

Time (États-Unis), 10 janvier 2005, p. 20.

Gouvernance et gouvernement [ 26 décembre 2004 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Thaïlande
ÉlevéBhumibol Adulyadej (Rama IX)Thaksin Shinawatra

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1999 - 2016



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2004
Tsunami dévastateur en Asie du Sud

décembre
2007
[Résultats] Élections législatives

juillet
2011
Inondations destructrices en Thaïlande

juillet
2011
[Résultats] Élections législatives

février
2014
Tenue d'élections législatives en Thaïlande

octobre
2016
Décès du roi de Thaïlande, Rama IX (Bhumibol Adulyadej)


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