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14 octobre 2008

Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Stephen Harper

Le Parti conservateur canadien (PCC) de Stephen Harper est reporté au pouvoir à la suite des élections législatives du 14 octobre 2008. Comme ce fut le cas en 2004 et en 2006, les Canadiens élisent cependant un gouvernement qui ne détiendra pas une majorité de sièges à la Chambre des communes.

Le premier ministre Harper déclenche des élections générales plus de deux ans et demi après l'arrivée au pouvoir du PCC, en février 2006. Cette décision survient alors que la menace d'une récession d'envergure plane sur l'économie canadienne. Le gouvernement espère que le scrutin lui permettra d'obtenir une majorité de sièges à la Chambre des communes, une situation qui lui donnerait les coudées franches face aux formations d'opposition. Même si le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Stéphane Dion, mise sur un audacieux plan environnemental pour convaincre les électeurs, le PCC a le vent en poupe au début de la campagne. Le scénario d'un gouvernement conservateur majoritaire est toutefois miné par le succès du Bloc québécois (BQ), une formation de centre gauche, favorable à l'indépendance du Québec, qui fait élire 49 députés dans cette province. Malgré une majorité en Ontario, la province la plus populeuse du pays, les conservateurs doivent donc se contenter d'un autre gouvernement minoritaire avec 143 sièges sur 308. Les libéraux chutent pour leur part à 72 sièges avec seulement 26,3 % des voix, un résultat décevant qui entraînera une remise en question du leadership de Dion. L'autre grand parti pancanadien, le Nouveau Parti démocratique (NPD), une formation de gauche, obtient pour sa part la deuxième meilleure représentation de son histoire avec 37 sièges. La constitution d'un autre gouvernement minoritaire, le troisième en quatre ans, fait l'objet de plusieurs analyses. Il en va de même du faible taux de participation de 58% qui démontre un certain désintérêt de l'électroat pour les enjeux de ce scrutin.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean-Marc Salvet, « Minoritaire bienvenu »

«...Si la présence d'un gouvernement minoritaire est une bonne chose à la Chambre des communes, c'est que cette configuration n'a pas si mal servi les citoyens lors de la précédente législature. Elle peut encore les servir adéquatement. Probablement plus, même, en ces temps d'incertitudes financières et économiques. Le cas échéant, libéraux, néo-démocrates et bloquistes inciteront les conservateurs à ne pas rester les bras croisés. Quand les maux sont complexes, que les dogmes sont des chimères, l'obligation de tenir compte de plusieurs points de vue est utile. L'avantage aurait été le même si les libéraux de Stéphane Dion avaient formé un gouvernement minoritaire. Les élus des autres partis les auraient incités à mettre la pédale douce sur le Tournant vert. Peu importe que M. Dion ait prouvé qu'on peut faire de la politique avec intelligence, peu importe qu'il ait eu le mérite d'axer son message sur le contenu, il aurait été forcé de retarder la mise en oeuvre de son plan. Ça n'aurait pas été une mauvaise affaire. »

Le Soleil (Québec, Canada), 15 octobre 2008, p. 52.

Ludovic Hirtzmann, « Pari perdu pour Stephen Harper aux législatives anticipées canadiennes »

«...Ces élections se sont d'ailleurs déroulées plus sur l'apparence que sur les idées. Stéphane Dion jouit d'une très mauvaise image dans tout le pays. De nombreux Canadiens lui ont préféré un Stephen Harper pourtant guère charismatique. L'abstention a atteint un taux record. (...) Cette indifférence s'explique plus par une classe politique terne, dont les idées ne font plus rêver les Canadiens, que par un désintérêt des citoyens pour la chose politique. En choisissant Stephen Harper, les électeurs ont voté pour le candidat qui leur semblait avoir le plus de leadership. Le premier ministre conservateur, dont les convictions et la politique étrangère sont proches de celles de George Bush, n'a pas été sanctionné pour son alignement sur la politique américaine. Longtemps boudée, la gauche canadienne (néodémocrates) sort, elle, renforcée de ces élections, mais il faudra attendre les prochains scrutins pour savoir si ce n'est pas un feu de paille. Les analystes politiques de tous bords s'accordent pour dire que les grands gagnants de ce scrutin sont les souverainistes. Alors que de nombreux experts annonçaient le déclin de l'idée indépendantiste dans la Belle Province, les Québécois ont encore largement accordé leur confiance au Bloc québécois. »

Le Temps (Suisse), 16 octobre 2008.

Manon Cornellier, « L'échec des meneurs »

«...Cette course, qu'on a alors craint de voir tomber dans les attaques personnelles et une guerre d'images, s'est finalement révélée être plus substantielle qu'il n'y paraissait au départ. Un véritable conflit entre deux visions a émergé. Le rôle de l'État, la conciliation de l'économie et de l'environnement, l'importance à accorder à la culture: autant de thèmes qui ont divisé les partis, les conservateurs se retrouvant seuls contre tous. Les conservateurs, eux, tenaient à imposer le thème du leadership, insistant sur la nécessité, en ces temps de vague incertitude économique, d'avoir un capitaine aguerri à la barre. Ils n'avaient pas prévu que la tempête s'abattrait en pleine campagne. La crise financière américaine qui a ébranlé le reste du monde a non seulement remis à l'ordre du jour la question du rôle du gouvernement dans l'économie, mais elle a changé les contours du débat sur le leadership. Soudainement, on pouvait mesurer les qualités des chefs à l'aune d'enjeux immédiats et bien réels. Le bilan du premier ministre sortant n'a plus suffi. On voulait des chefs capables de réagir aux imprévus. Soumis à ce test au beau milieu des débats des chefs, Harper a perdu des plumes. »

Le Devoir (Québec, Canada), 14 octobre 2008, p. A6.

Andrew Coyne, « What if they gave an election and nobody won ? »

«...the more parties there are, and the more the vote is dissipated among them, the more the leading party must rely on the accidents of split votes to engineer a majority - meaning the larger the gap it must open up between itself and the second-place party. This explains some of the Tories' heavy reliance on negative ads. It wasn't enough for them to raise their own vote. They had to suppress the Liberals' vote to somewhere close to the NDP's, to have any chance of a majority. As it was, they wound up with an 11-point gap, and still fell short. (...) Why have the Tories degenerated into mush ? Because they have no competition on the right, Reform-style uprisings being more or less outlawed for fear of « splitting the vote ». Why did the Liberals ignore their growing weakness all these years ? Because they could still count on the bizarre distortions of first-past-the-post to reap a bushel of seats from one region or another. (...) Why have majority governments become next to impossible ? Why has politics degenerated into such vicious empty partisanship ? Why do so many people no longer bother to vote ? Because the system is broken, and if this election won't persuade us to change it, nothing will. »

MacLean's (Canada), 27 octobre 2008, p. 56.

Gouvernance et gouvernement [ 14 octobre 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéMichaëlle JeanStephen Harper

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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juin
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Élection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

janvier
2006
[Résultats] Élections législatives

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Ouverture du douzième Sommet de la Francophonie

octobre
2008
[Résultats] Élections législatives

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Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

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