Université de Sherbrooke
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17 août 1999
Tremblement de terre en Turquie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Turquie

Une secousse sismique d'une durée de 45 secondes, qui touche tout l'ouest de la Turquie, est suivie de 200 petites secousses ressenties dans les jours suivants. Les autorités seront blâmées pour leur inefficacité dans la gestion de la crise qui suit ce séisme de 6,7 degrés sur l'échelle de Richter et fait, selon le bilan officiel, plus de 40 000 morts.

La Turquie se trouve sur le plateau anatolien connu pour son activité sismique. Une faille dans la plaque nord-anatolienne, entre le Caucase et la Grèce, est à la source d'un séisme meurtrier aux dommages sans précédent pour la Turquie occidentale. Les grandes villes d'Izmit, d'Istanbul et la base navale de Golcuk se retrouvent sans électricité ni eau courante. Au matin du 17 août, les personnes tuées dans leur sommeil se comptent par milliers. Près de 35 000 personnes sont disparues, 45 000 autres blessées, alors que 600 000 se retrouvent sans logis. De plus, près de 244 000 bâtiments récents se sont écroulés, alors que d'autres sont fissurés et déclarés inhabitables. Pour économiser sur les coûts de construction, les promoteurs immobiliers turcs n'auraient pas respecté les normes de sécurité du bâtiment dans une région à haute activité sismique. De plus, les services d'urgence sont débordés. Au lendemain de la catastrophe, la population et les médias blâment les autorités locales et nationales pour leur laxisme dans la gestion de la crise. Par son emplacement géographique, la Turquie a l'habitude de ce type de secousse. Mais il semble que ce scénario - secours tardifs, machinerie qui laisse à désirer, etc. - est récurrent. Aussi, la catastrophe soulève l'indignation et met en évidence les problèmes de corruption du système. Malgré la présence du Croissant rouge, la Turquie nécessite un fort appui organisationnel. La communauté internationale se mobilise pour faire parvenir aide médicale et assistance technique. Plusieurs pays membres de l'Union européenne, les États-Unis et Israël aideront aussi les autorités turques dans leurs démarches de gestion de crise, de nettoyage et de reconstruction.

Dans les médias...


Claude Ortacq, « Turquie : le tremblement de terre était prévisible »

«...« Nous devons apprendre à vivre avec les tremblements de terre. Nous sommes un pays de séismes. Si cette tragédie ne nous sert pas de leçon, je n'ai plus rien à dire. » Ahmet Isikara, directeur de l'Institut d'études sismiques de l'université du Bosphore, ne cache pas sa colère en constatant les dégâts humains et matériels causés par le très violent tremblement de terre qui a secoué le nord-ouest et le centre de la Turquie dans la nuit de lundi à mardi. (...) Après chaque tremblement de terre, le pays se lamente sur l'ignorance de la population face aux réactions à adopter dans ce type de catastrophe, sur les effets de l'urbanisme sauvage, ou encore sur l'absence de normes strictes en matière de construction. L'été dernier, à Adana dans le sud du pays, 102 personnes ont été tuées après être restées ensevelies sous les décombres de leurs maisons qui s'étaient effondrées comme des décors de carton-pâte. Les entrepreneurs responsables de ces constructions avaient été traduits en justice. Mais la première colère passée, la procédure fut rapidement abandonnée dans l'indifférence générale. »

La Croix (France), 19 août 1999, p. 5.

Nicole Pope, « Le bilan du séisme en Turquie ne cesse de s'alourdir : plus de 4 000 morts et 18 000 blessés »

«...Plusieurs heures sont parfois nécessaires pour couvrir quelques kilomètres. Des hélicoptères sont utilisés pour atteindre les points les plus inaccessibles. Les réactions contre les autorités se font plus virulentes de jour en jour : la population sinistrée a l'impression d'avoir été abandonnée par l'état paternaliste, le « devlet baba », qui traditionnellement veillait sur eux. « Il est incroyable que l'appareil étatique soit demeuré paralysé pendant près de 24 heures lorsqu'un séisme a frappé au coeur de notre centre industriel, qui est également une des régions les plus peuplées du pays », écrivait ainsi l'éditorialiste, Ilnur Cevik, dans le quotidien Turkish Daily News. « Où se trouvait notre armée, qui est bien organisée ? Où était notre dispositif de sécurité ? Où se trouvaient les institutions étatiques qui ont acquis l'expérience nécessaire durant d'autres événements tragiques du passé ? » Des questions auxquelles les autorités devront bientôt être obligées de fournir des réponses. »

Le Monde (France), 20 août 1999, p. 4.

Éditorial

«...No doubt Turkey's economic and political difficulties have contributed to the quake's heavy toll. Despite the fact that the country is nestled in a dangerous seismic zone, it has no specialized rescue teams. Precious time was lost while the country awaited the arrival of international teams to launch rescue operations. And as in other Third World calamities, the selectivity of the Turkish quake was striking. It was most vicious on poor workers living in substandard homes, which quickly collapsed. Yet the country's priceless Byzantine and Ottoman edifices and its industrial installations were virtually untouched. Understandably, the Turkish people are demanding tougher building codes. The government, indeed, has much to answer for - although, to be fair, it has been in office only five months. Yet tougher regulations are likely to become more grist for corruption - not protection against future quakes. »

The Detroit News (États-Unis), 26 août 1999.

Gouvernance et gouvernement [ 17 août 1999 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Turquie
IntermédiaireSüleyman DemirelMustafa Bülent Ecevit

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie [1994 - 2004]



24 décembre 1995[Résultats] Élections législatives
6 mars 1996 Ahmet Mesut Yilmaz : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
28 juin 1996 Accession de Necmettin Erbakan au poste de premier ministre de la Turquie
28 juin 1996 Necmettin Erbakan : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
30 juin 1997 Ahmet Mesut Yilmaz : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
11 janvier 1999 Mustafa Bülent Ecevit : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
18 avril 1999[Résultats] Élections législatives
17 août 1999 Tremblement de terre en Turquie
16 mai 2000Ahmet Necdet Sezer : chef d'État (investiture/assermentation)
3 novembre 2002[Résultats] Élections législatives
18 novembre 2002 Abdullah Gül : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
14 mars 2003 Recep Tayyip Erdogan : chef du gouvernement (investiture/assermentation)

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension