Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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4 juin 2009

Début des élections législatives au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Parlement de Strasbourg

Les élections législatives européennes sont marquées par un recul significatif de la gauche dans plusieurs pays, ainsi que par un taux de participation d'environ 43%, ce qui constitue un creux historique.

Les 27 pays de l'Union européenne (UE) se rendent aux urnes entre le 4 et le 7 juin. On observe un faible intérêt pour cet exercice démocratique auquel ne se livrent que 43% des électeurs. Cette baisse de participation est la septième consécutive depuis les premières législatives européennes en 1979. De faibles taux sont rapportés dans certains piliers de l'UE - France (40,5%), Allemagne (43,3%), Royaume-Uni (34,3%) - , mais aussi dans des pays de l'Est - Pologne (24,5%), Roumanie (27,4%), Lituanie (20,9%) - entrés plus récemment au sein de l'Union. C'est un regroupement de droite, le Groupe du Parti populaire européen (démocrates-chrétiens), qui arrive en tête avec 36% des voix et 265 des 736 députés de l'assemblée. La droite obtient d'ailleurs les meilleurs résultats dans la grande majorité des pays, alors que le Groupe de l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen ne peut faire mieux que 25% des voix sur l'ensemble du territoire, avec 184 députés. À cet égard, le recul des travaillistes au Royaume-Uni et celui des socialistes en France font couler beaucoup d'encre. Il s'accompagne dans l'Hexagone d'une progression du Groupe des Verts/Alliance 55 qui talonne même les socialistes. Sur l'ensemble de l'UE ce regroupement fait élire 55 députés avec 7,5% des voix, ce qui le place au quatrième rang derrière le Groupe alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe qui récolte 11,4% des suffrages et fait élire 84 députés.

Dans les médias...


Céline Rouden, « En France, les enjeux européens ont dominé le scrutin »

«...Le parti de la rue de Solférino (Parti socialiste) paie plus que jamais ses divisions et son incapacité depuis 2007 à construire un projet alternatif à celui de Nicolas Sarkozy. Il subit donc à la fois l'abstention et une forme de vote sanction de la part de ses électeurs. Ces résultats ne préjugent pas nécessairement du futur rapport de force à gauche, les écologistes devront confirmer leur score à d'autres élections, en particulier aux régionales l'année prochaine, mais ils vont peser sur les débats au sein du PS. « Entre ceux qui prônaient une alliance avec les centristes et ceux qui étaient favorables à une union de la gauche, les seconds apparaissent confortés », analyse Bruno Cautrès. L'autre grand perdant de cette élection est évidemment François Bayrou, qui s'est heurté à l'incompréhension d'une partie de ses électeurs. Privilégiant son statut de principal opposant à Nicolas Sarkozy, il a laissé à d'autres le credo européen, positionnement traditionnel des centristes. Visiblement à contretemps. »

La Croix (France), 9 juin 2009, p. 13.

Laurent Joffrin, « La morale et l'injustice »

«...Il y a parfois une morale en politique. Le remarquable score obtenu par Daniel Cohn-Bendit et sa liste Europe-Ecologie en est l'illustration. Dès l'origine, le leader écologiste a mené une campagne avant tout européenne, fondée sur un projet de société écologique et social, sur une longue pratique du Parlement de Strasbourg. Les politologues disent souvent que dans les élections intermédiaires, les électeurs ne répondent pas à la question posée. Encore un cliché réduit à néant. Même s'ils ont peu voté, les citoyens français ont donné une prime aux listes qui se sont tenues à l'objet du scrutin : l'élection de députés européens et non l'expression de préoccupations intérieures, comme la sanction du pouvoir en place, qui n'a pas eu lieu, ou le vote « utile » à gauche que les électeurs ont jugé, en l'espèce, parfaitement inutile. »

Libération (France), 8 juin 2009, p. 3.

Étienne Mougeotte, « Feu vert »

«...Malgré un record d'abstention, conforme à la tradition des élections européennes, le scrutin d'hier en France porte en lui les germes d'un séisme politique. Les élections intermédiaires sont pratiquement toujours l'occasion pour les électeurs de sanctionner sans frais l'exécutif en place. Nous vivons la situation exactement inverse puisque l'UMP et le Nouveau Centre réalisent le meilleur score depuis trente ans d'un parti de droite au pouvoir. L'argument selon lequel plus de 70 % des électeurs ont dit non à l'exécutif ne tient pas. Car il s'agit d'une élection à un tour. Nicolas Sarkozy lui-même, au soir du premier tour de l'élection présidentielle, faisait face à 69 % des électeurs qui n'avaient pas voté pour lui. Sans conteste donc, l'UMP-Nouveau Centre a gagné les élections européennes et du même coup en sort renforcé le président de la République. C'est d'ailleurs lui qui a initié, piloté et coordonné la campagne de son parti. L'autre vainqueur s'appelle Daniel Cohn-Bendit. « L'enragé de Mai 68 », transformé en paisible bobo de l'écologie et de l'Europe, a, d'un double mouvement, « plumé la volaille socialiste » et mis à genoux François Bayrou. »

Le Figaro (France), 8 juin 2009, p. 1 et al.

Louis-Bernard Robitaille, « Des élections ? Quelles élections ? »

«...Le mode de scrutin n'arrange rien: en France, on vote à la proportionnelle sur sept grandes listes régionales, et les candidats ne font aucune campagne de terrain. D'ailleurs, c'est tout juste si on sait qui se présente, y compris pour les principaux partis. (...) Une fois de plus, en France, l'élection européenne est d'abord l'occasion de caser des seconds couteaux: des « jeunes » qui n'ont pas encore réussi à se faire élire au suffrage universel, des « vieux » qui ont perdu leur siège de député, des ministres dont on veut se débarrasser en douceur. Le Parlement de Strasbourg, c'est une sinécure sans grand intérêt, mais sans contrainte, où beaucoup ne siègent à peu près jamais. Pas de quoi enthousiasmer les électeurs. Cela fait exactement 30 ans que les députés européens sont élus au suffrage universel. À l'époque, certains craignaient que ce nouveau Parlement ne se pose en rival des Parlements nationaux. Craintes bien injustifiées. »

La Presse (Québec, Canada), 5 juin 2009, p. A17.

Gouvernance et gouvernement [ 4 juin 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Autriche
ÉlevéHeinz FischerWerner Faymann

Allemagne
ÉlevéHorst KöhlerAngela Merkel

Belgique
IntermédiaireAlbert IIHerman Van Rompuy

Bulgarie
ÉlevéGeorgi Sedefchov ParvanovSergey Dimitrievich Stanishev

Chypre
ÉlevéDimitris Christofi Christofias

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2004 - 2016



avril
2004
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2006
[Résultats] Élections législatives

septembre
2008
[Résultats] Élections législatives

juin
2009
Début des élections législatives au Parlement européen

avril
2010
[Résultats] Élection présidentielle

janvier
2013
Tenue d’un référendum sur la conscription en Autriche

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

avril
2016
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2016
Élection d'Alexander van der Bellen à la présidence de l'Autriche

décembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle


Dans l'actualité


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2019
20 septembre à Salzbourg : un sommet informel pour gérer la crise du Brexit

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2017
Décembre 2016 : entente pétrolière à Vienne teintée de scepticisme

septembre
2016
L'immigration en Autriche : vers une politique de « tolérance zéro »?

novembre
2013
Peu de surprise aux élections autrichiennes

septembre
2010
Heinz Fischer réélu facilement président de l'Autriche

novembre
2008
Mort de Jörg Haider : l'extrême droite autrichienne sous le choc

novembre
2006
Il y a 25 ans : Kurt Waldheim quittait le poste de Secrétaire général de l'ONU

octobre
2006
L'Autriche à l'heure des négociations


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