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20 août 2009

Tenue d'une élection présidentielle en Afghanistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hamid Karzai

Le premier tour de l'élection présidentielle afghane se déroule dans la controverse. Des irrégularités qui entachent le fonctionnement du scrutin, ainsi que des pressions internationales, entraînent la tenue d'un second tour qui sera finalement annulé, faute d'adversaire au président sortant, Hamid Karzaï.

Le président Karzaï avait été élu une première fois en 2004, lors d'une élection qui s'était déroulée dans des conditions difficiles. Au cours de son mandat, celui-ci est la cible de nombreuses critiques, son régime étant notamment accusé de corruption et de violation des droits humains. Une autre controverse avec l'opposition entoure le choix de la date du premier tour de l'élection présidentielle. Celle-ci a finalement lieu le 20 août 2009. Plusieurs candidats sont en lice, mais deux se détachent du peloton : le président Karzaï et un ex-ministre des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah. Les semaines qui précèdent le vote, ainsi que la journée du scrutin, sont marquées par une recrudescence de violence et un faible taux de participation, conséquences entre autres du climat d'intimidation qui règne et de l'appel au boycott des talibans. Des résultats partiels filtrent peu à peu. Le score de Karzaï tournant autour de 50%, l'incertitude plane relativement à la tenue d'un second tour. Insatisfaite, l'opposition au président dénonce les fraudes massives commises le jour du vote, une situation qui incite des pays étrangers, dont les États-Unis, à faire des pressions pour la tenue d'un second tour. Karzaï, que la Commission électorale donnera gagnant avec un peu moins de 50% des voix, accepte. Mais le 1er novembre, une semaine avant le vote, Abdullah, qui arrive au second rang avec 30%, se retire de la lutte. C'est donc sans opposition, mais avec une réputation de plus en plus entachée, que le président sortant est reconduit dans ses fonctions.

Dans les médias...


Nathalie Lacube, « Des élections essentielles pour l'avenir du pays »

«...Malgré les menaces d'attaques des talibans, qui pourraient entraîner une forte abstention, l'Afghanistan a vécu cet été la première vraie campagne électorale de son histoire. Bien plus qu'aux élections de 2004 et 2005, les principaux candidats à la présidentielle, Hamid Karzaï, Abdullah Abdullah, Ashraf Ghani, et Ramazan Bashardost, ont rassemblé des milliers de partisans dans de grands meetings, participé à des débats télévisés et arpenté inlassablement le territoire. Même si les femmes ont le droit de vote, elles ont été peu nombreuses à participer aux meetings électoraux, nombre d'entre elles attendant leur mari à l'extérieur. L'enjeu des élections d'aujourd'hui n'est rien moins que le processus démocratique en Afghanistan. Même très incomplet, avec le risque d'abstention et de fraudes, et même s'il aboutit à la désignation de dirigeants corrompus à l'instar du président sortant Hamid Karzaï, ce scrutin enverra un message signifiant qu'un pouvoir reste en place à Kaboul et dans les provinces. »

La Croix (France), 20 août 2009, p. 4.

Pierre Rousselin, « Test majeur en Afghanistan »

«...Pour la nouvelle stratégie américaine, cette élection est un test majeur parce qu'elle arrive au moment même où les États-Unis ont compris qu'ils ne disposeront jamais d'assez de troupes pour vaincre militairement, mais qu'il leur faut remporter, avant tout, une victoire politique en jetant les fondements d'un État moderne dans un pays qui n'a connu que la guerre depuis trente ans. Nous en sommes très loin. C'est la raison de tous les périls. Et le plus grave serait de croire que le vote peut, en lui-même, résoudre tous les problèmes ou bien, au contraire, que ses imperfections nous condamnent à l'échec. Quel que soit le prochain président afghan, qu'il s'agisse à nouveau de Hamid Karzaï ou d'un autre, les problèmes de la corruption, du clientélisme, du trafic d'opium resteront entiers. Il faudra s'y atteler avec bien plus de conviction que cela n'a été le cas jusqu'ici. Si le scrutin est si important, c'est parce qu'il peut donner une légitimité aux institutions gouvernementales, seule garantie de stabilité politique et d'efficacité administrative. Sans cela, qui empêchera al-Qaida et les talibans de recruter ? »

Le Figaro (France), 21 août 2009, p. 19.

Serge Truffaut, « L'auberge espagnole »

«...Les « officiels » avancent que la participation avoisinerait les 50 % et qu'il y a lieu de s'en féliciter. Ils admettent que dans le sud, fief des talibans, la participation fut moindre qu'ailleurs à cause de la violence et de la campagne de peur. Bien. Comment les porte-parole peuvent-ils évoquer 50 % quand tout un chacun sait que les trois quarts des 17 millions d'électeurs vivent dans 30 000 villages? Est-ce que les 3 000 ânes utilisés pour acheminer les bulletins aux quatre coins de ce pays à la géographie aussi vaste que cahoteuse sont revenus à la vitesse de l'éclair avec des sacs de bulletins remplis? Que dire maintenant de la forte inclination pour la censure qu'a manifestée le gouvernement la veille du vote? (...) Au championnat mondial de la corruption, l'Afghanistan occupe le 5e rang. Pour mémoire, on retiendra que 80 % (!) de l'aide internationale disparaît dans les poches des chefs de clan, des chefs de guerre, des fonctionnaires et, bien sûr, des politiciens. La fraude est généralisée, le pillage de l'État bien organisé. On fait l'impasse sur ces paravents de la gabegie que sont certaines ONG pour mieux terminer par une autre question. Sachant cela, tout cela, quelle crédibilité devra-t-on accorder aux résultats qui seront communiqués dans une quinzaine de jours? »

Le Devoir (Québec, Canada), 21 août 2009, p. a8.

Bobby Ghosh, « The moment 8/19/09 : Kabul »

«...The struggle to achieve such stability will persist long after the election itself. Afghanistan's current President, Hamid Karzai, was once a darling of Washington but has proved feckless. His misrule has contributed greatly to the Taliban revival that the U.S. and its allies are now trying to quell. There's not much reason to hope that a re-elected Karzai will get significantly better. The White House's best bet will be to strengthen the instruments of governance so that they carry clout even in timorous hands. The good news is that Afghanistan's leaders, who desperately need American arms and aid, can't afford to be obstinate. American politicians have a tendency to attach too much hope to elections as a salvation for long-oppressed peoples. But we've learned in Irak that a vote can't deliver citizens from harm if it doesn't also deliver good government. Getting the winners of Afghanistan's election to rule well will be the Obama Administration's main challenge. »

Time (États-Unis), 31 août 2009, p. 9.

Gouvernance et gouvernement [ 20 août 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afghanistan
TransitionHamid Karzaiinformation non-pertinente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Tenue d'une élection présidentielle en Afghanistan

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