Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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7 février 2010

Élection de Viktor Ianoukovytch à la présidence de l'Ukraine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Viktor Ianoukovytch

Lors du deuxième tour de l'élection présidentielle en Ukraine, le chef sortant de l'opposition, Viktor Ianoukovytch, remporte la victoire avec 48,95% des voix. Il devance la première ministre Ioulia Tymochenko qui reçoit l'appui de 45,5% des électeurs.

En 2004, l'Ukraine a été secouée par la Révolution orange, un mouvement populaire qui a porté au pouvoir Viktor Iouchtchenko. Le mandat de ce dernier à la présidence s'avère toutefois difficile, tant sur le plan politique qu'économique. Le sentiment que le président n'a pas été à la hauteur des attentes s'exprime lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 17 janvier 2010. La popularité de Iouchtchenko a chuté à un point tel qu'il n'obtient qu'un maigre 5,45% des votes, soit 1,3 million des 24,5 millions de bulletins remplis. Ce résultat le laisse nettement à court des deux meneurs : son rival à la présidentielle de 2004, l'ex-premier ministre Viktor Ianoukovytch, et la première ministre Ioulia Tymochenko. Le premier est le candidat du Parti des régions alors que la seconde représente le Bloc IT (Ioulia Tymochenko). Il s'agit de deux formations de centre droit, ce qui reflète l'évolution politique de l'Ukraine. Une âpre lutte se dessine au cours des deux semaines qui mènent au second tour de l'élection, le 7 février. C'est finalement Ianoukovytch qui remporte la victoire avec 48,95% des voix, soit environ 3,5 points de pourcentage de plus que son opposante. Des protestations s'élèvent du camp Tymochenko contre certaines irrégularités commises lors du scrutin, mais des rapports favorables d'observateurs étrangers apaisent rapidement les tensions. Le nouveau président entre en fonctions le 25 février et, le 3 mars, le gouvernement de la première ministre Tymochenko est défait en chambre. Après un court intérim, c'est Mykola Azarov qui lui succédera.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Anne Dastakian, « Ianoukovitch, le président qui revenait de loin...et de l'Est »

«...Les Ukrainiens n'en attendent pas grand-chose (Ianoukovitch), certes, mais, s'ils lui ont donné la victoire, parachevant ainsi un come-back de haute volée, c'est parce qu'ils se sentaient « abandonnés par le pouvoir central de Kiev, trop occupé à se déchirer », selon l'analyse de Chibalov (journaliste). Les conséquences de la crise, le pouvoir d'achat, le chômage galopant et la misère, de tout cela l'infernal tandem Timochenko-Iouchtchenko a donné le sentiment de s'en soucier comme d'une guigne... Il est vrai qu'après une courte lune de miel les deux anciens tourtereaux orange, Ioulia Timochenko et Viktor Iouchtchenko, n'ont cessé de se tirer dans les pattes. Le président sortant, Iouchtchenko, qui a récolté un pitoyable 5 % des voix au premier tour de la présidentielle, avait beau être un ancien gouverneur de la banque centrale, il ne s'est pas le moins du monde préoccupé de la situation économique de son pays. Furieusement antirusse, il s'est tout entier consacré à la défense de la langue et de l'identité ukrainienne. Une cause sans doute estimable, mais qui n'avait rien de prioritaire aux yeux de la population frappée par la crise. Plutôt que de rallier Ianoukovitch dans l'enthousiasme, les électeurs ont donc d'abord voulu sanctionner le pouvoir sortant. »

Marianne (France), 13 février 2010, p. 52.

Alain Guillemoles, « L'Ukraine penche à nouveau vers la Russie »

«...L'absence de score supérieur à 50 % s'explique par la possibilité, pour les électeurs, de voter « contre tous ». Le fait que plus de 5 % des Ukrainiens aient choisi cette option démontre leur degré de lassitude. Viktor Ianoukovitch obtient à peu près le même nombre de voix qu'il y a cinq ans. Mais, face à lui, le camp orange ne s'est pas mobilisé, déçu et fatigué des promesses non tenues de la révolution démocratique de l'hiver 2004. Viktor Ianoukovitch a aussi bénéficié de la crise économique qui a sévèrement frappé l'Ukraine. C'est donc davantage une défaite de Ioulia Timochenko qu'une victoire de Viktor Ianoukovitch. (...) Viktor Ianoukovitch a annoncé, sitôt la victoire acquise, vouloir ouvrir une « nouvelle page dans l'histoire de l'Ukraine ». Il souhaite la démission du premier ministre, Ioulia Timochenko. Mais il n'est pas sûr que celle-ci abdique sans se battre. Or, le président n'a pas le droit de dissoudre immédiatement le Parlement. Il ne peut le faire que si la coalition actuellement constituée éclate, ou si le Parlement ne peut travailler durant un mois. L'élection présidentielle devrait donc déboucher sur une nouvelle guerre d'influence au sein du Parlement monocaméral qui compte 450 élus. »

La Croix (France), 9 février 2010.

Mathilde Goanec, « La Russie grande gagnante de la présidentielle ukrainienne »

«...Viktor Iouchtchenko, président sortant, outre son maigre bilan économique et social, a payé cher son opposition à la grande Russie. Elu avec 52% des suffrages en 2004, il ne rassemble que 5% des voix cinq ans plus tard. La remise en cause de l'histoire commune, sa critique sévère du stalinisme tout comme son acharnement à transformer en héros des personnages controversés sont autant d'épines dans les relations russo-ukrainiennes. Ces thèmes ont disparu des discours des présidentiables. A l'international non plus, les politiques antirusses ne font plus recette. Les Occidentaux, qui se bousculaient il y a cinq ans pour soutenir les aspirations européennes de l'équipe orange, ont changé de discours. Le 11 janvier, à une semaine du premier tour, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, se fendaient même d'une déclaration commune, rappelant que pour la stabilité du continent, il était important que « l'Ukraine soit économiquement forte et démocratique, et jouisse de relations paisibles avec la Russie ». »

Libération (France), 8 février 2010, p. 10.

Gouvernance et gouvernement [ 7 février 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Ukraine
IntermédiaireViktor IouchtchenkoYuliya Tymoshenko

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2010
Élection de Viktor Ianoukovytch à la présidence de l'Ukraine

octobre
2012
[Résultats] Élections législatives

février
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