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11 juin 2010

Présentation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Stade principal

Du 11 juin au 11 juillet 2010, l'Afrique du Sud est l'hôte de la Coupe du monde de la Fédération internationale de football association (FIFA). Cet événement sportif, suivi sur toute la surface du globe, est le plus important du genre jamais tenu sur le continent africain.

En 1995, peu après la levée des lois ségrégationnistes et l'avènement à la présidence d'un homme de race noire, Nelson Mandela, l'Afrique du Sud avait accueilli la Coupe du monde de rugby. La victoire du pays hôte avait constitué un événement rassembleur pour les Sud-Africains, dont la situation politique était encore chargée de tensions et d'incertitudes. Le 15 mars 2004, l'Afrique du Sud obtient la présentation de la Coupe de monde de football, la compétition sportive la plus médiatisée avec les Jeux olympiques. Elle devance à cette occasion le Maroc par 14 voix contre 10. Ce choix suscite de nombreuses réactions. Ceux qui y sont favorables y voient une belle occasion de procurer à l'Afrique du Sud une visibilité susceptible de contribuer à son développement économique, notamment grâce au tourisme. En revanche, d'autres observateurs s'inquiètent de la capacité des autorités à assurer la sécurité des visiteurs. Plusieurs déplorent surtout les coûts engendrés par cette Coupe du monde, dont la construction de nouveaux stades, alors que de graves problèmes de pauvreté subsistent. Le tournoi se met en branle le 11 juin. Même si l'Afrique du Sud est éliminée dès le premier tour, il s'avère un succès sur le plan football. De plus, aucun incident majeur n'est déploré à l'extérieur des stades. Cette 19e édition de la coupe de monde se termine le 11 juillet par une finale entre les Néerlandais et les Espagnols, remportée par ces derniers. Elle est vue par près de 100 000 spectateurs au stade Soccer City de Johannesburg, ainsi que des centaines de millions de téléspectateurs. Sur le plan touristique, le bilan s'avère toutefois décevant : seulement la moitié des 450 000 visiteurs escomptés se seraient rendus en Afrique du Sud au cours du tournoi.

Dans les médias...


Véronique Kiesel, « La première Coupe africaine ? Un succès »

«...La nation arc-en-ciel voulue par Nelson Mandela s'est épanouie pendant ces quatre semaines. Les drapeaux sud-africains étaient partout et les Blancs, plutôt fans de rugby, ont afflué vers les stades, criant leur enthousiasme. Beaucoup y sont même venus en transport en commun, du jamais vu dans ce pays où les riches, généralement, passent en voiture climatisée tandis que les pauvres attendent un minibus sur le bord de la route. Etre assis ensemble dans un même véhicule, comme dans le métro de Londres ou de Paris, c'est déjà partager quelque chose (...) L'Afrique du Sud a investi beaucoup d'argent dans cette Coupe du monde, et notamment dans ses stades, des bijoux architecturaux qu'il faudra maintenant rentabiliser, autre défi. Mais le succès de son organisation a modifié profondément son image. Avant la Coupe, souvenez-vous, on parlait de l'assassinat d'Eugène Terre'Blanche, des discours radicaux à tendance anti-Blancs du leader des Jeunes de l'ANC, Julius Malema. On a l'impression aujourd'hui que ces événements appartiennent à un autre siècle. Avant la Coupe, on redoutait une explosion de la criminalité, on imaginait les touristes du foot rackettés ou tués, leurs compagnes violées. Or le niveau de sécurité a été excellent pendant ce mois de compétitions, l'atmosphère étant familiale et bon enfant. Une vraie fête du foot que, les hooligans étrangers, restés au pays, n'ont pas pu gâcher. »

Le Soir (Belgique), 12 juillet 2010, p. 2.

Simon Meier, « Une copie parfaite, trop peut-être »

«...Mission accomplie, donc, avec toute la légitime fierté qui en découle pour l'ensemble d'un continent si souvent dénigré. Copie parfaite, trop peut-être. De cette Afrique du Sud surpolicée, on retiendra une image rigoureuse et, par rapport aux attentes véhiculées par l'imaginaire collectif, aseptisée. Brandie par la FIFA comme une invitation à venir à la rencontre d'un continent, la carte africaine aura surtout constitué un formidable atout marketing. Dans la réalité, clivages et barbelés demeurent. Sous la cloche à fromage érigée par les organisateurs, pas une anicroche, ni le moindre grain de folie; un peu à l'image de ce qui nous a été servi sur le terrain où les audaces furent si rares, où l'enjeu a pris le pas sur le jeu. Paradoxalement, ce premier Mondial africain de l'Histoire aura été moins bigarré et moins euphorisant que l'édition allemande de 2006, lorsque tout un peuple était joyeusement sorti de ses gonds. L'Afrique du Sud a gagné sa bataille. Mais dès lundi matin, les vrais défis reprennent. »

Le Temps (Suisse), 12 juillet 2010.

F.W. de Kerck et Matthias Leridon, « Après la Coupe du monde »

«...Quinze ans après la fameuse Coupe du monde de rugby porteuse de tous les espoirs de réconciliation et vingt ans après la fin du régime d'apartheid, le fait que le monde entier se soit retrouvé de nouveau en Afrique du Sud pour y célébrer la passion du football est un symbole qui ne manque pas de force. (...) Ce n'est pas un hasard si l'histoire récente de l'Afrique du Sud a été rythmée par l'organisation de manifestations sportives internationales tant le sport a joué un rôle original dans la construction de la nouvelle nation sud-africaine. Chacun des grands rendez-vous qu'a connus le pays a été l'occasion d'une mobilisation qui lui a permis de s'ouvrir sur le monde et de renforcer sa cohésion intérieure. Confrontée à des obstacles qui menaçaient son existence même, cette jeune nation a su repenser son identité et reconstruire un consensus national sur des bases nouvelles. Dans un contexte fragile où tout (les langues, les frontières, les mémoires) est susceptible de générer des affrontements, le sport a une dimension non seulement éducative, mais aussi profondément politique. Il offre une formidable opportunité de développer un sentiment d'unité nationale autour de valeurs partagées. »

Le Figaro (France), 12 juillet 2010, p. 21.

Jean-François Bégin, « Le marathon de la Coupe du monde »

«...La Coupe du monde 2010 devait être la carte de visite de l'Afrique du Sud, un exercice de relations publiques pour « Brand South Africa ». Un appel au monde pour lui dire: oubliez les statistiques affolantes sur la criminalité et le VIH, il y a ici une démocratie moderne et un peuple d'une grande chaleur, parfaitement capable d'organiser la plus grande fête sportive de la planète. Mission accomplie? Tout dépend du point de vue. Fiscalement, cette Coupe du monde reste un non-sens. Engloutir plus de 30 milliards de rands (4 milliards de dollars) dans les stades, les autoroutes et les infrastructures de transport n'est pas la dépense la plus judicieuse qu'on puisse imaginer quand des millions de personnes vivent encore dans la misère des bidonvilles. Le tiers des Sud-Africains, faut-il le rappeler, subsistent avec moins de 2$ par jour. Leur bâtir des maisons aurait sûrement été plus... constructif que d'ériger des éléphants blancs dans des villes de province comme Nelspruit ou Polokwane. Mais dans ce pays où les divisions de classes s'ajoutent aux vieilles lignes de fracture entre Blancs, Noirs, Indiens et métis, le tournoi aura été un indéniable ferment de solidarité nationale. »

La Presse (Québec, Canada), 12 juillet 2010, p. A2.

Alex Perry, « Playing the Rebel game »

«...Today, South Africa's World Cup preparations give some hope that soccer might once again transform not just the nation but the world's idea of Africa. Staging the tournament presented South Africa with three challenges : infrastructure, transport and security. The country has turned the first two into unexpected triumphs. Airports have been upgraded into efficient constructs of steel and glass. New rail and rapid bus routes now stretch across Johannesburg and Soweto. Ten stadiums were rebuilt or newly built ahead of schedule - and, like Soccer City, those in Cape Town and Burban are breathtaking pieces of architecture. All that may help explain the confidence and optimism coursing through South Africa and the whole continent in the run-up to the tournament. The dark continent is the past, Africans are saying. The future is full of goals. »

Time (États-Unis), 14 juin 2010, p. 92.

Gouvernance et gouvernement [ 11 juin 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afrique du Sud
ÉlevéJacob Gedleyihlekisa ZumaPoste aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Présentation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud

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