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26 juillet 2010

Inondations d'envergure au Pakistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Déplacement des populations

La République islamique du Pakistan est éprouvée par d'importantes inondations qui s'étendent sur plus d'un millier de kilomètres et affectent, à différents niveaux, une vingtaine de millions de personnes. Elles entraînent une mobilisation à l'échelle internationale afin de venir en aide aux victimes.

Le Pakistan est fréquemment affecté par des inondations, mais celles qui débutent en juillet 2010 sont d'une envergure exceptionnelle. Pendant plusieurs jours, des pluies de mousson diluviennes déferlent - plus de 200 millimètres d'eau en moins de 24 heures à certains endroits - , provoquant des débordements aux conséquences tragiques. En l'espace de quelques semaines, on compte environ 2000 morts et plus de 21 millions de personnes affectées d'une façon ou d'une autre (le Pakistan compte 180 millions d'habitants). Les ressources d'urgence s'avèrent rapidement insuffisantes, laissant présager une détérioration de la situation, notamment en ce qui a trait à l'insalubrité des eaux, susceptible de causer des épidémies, et à la demande pressante en denrées alimentaires. Dépassé par les événements, le gouvernement est la cible de nombreuses critiques. Celles-ci apparaissent dans un contexte tendu, Islamabad étant impliquée depuis plusieurs années dans une lutte sanglante avec l'opposition des Talibans. Ces derniers s'activent d'ailleurs à aider les victimes des inondations, ce qui accentue la pression sur l'aide internationale, particulièrement de pays qui craignent que la grogne ne contribue à déstabiliser le pays. En août, l'Organisation des Nations unies établit les besoins à 459 millions de dollars, une prévision qui sera revue à la hausse par la suite. La mobilisation se fait toutefois lentement, une situation que certains expliquent par la récurrence de ces catastrophes - comme le tremblement de terre de janvier en Haïti - , d'autres par la méfiance à l'endroit du gouvernement pakistanais, jugé corrompu, ou de l'influence des Talibans dans ce pays.

Dans les médias...


Grégoire Allix, Mélina Gazsi, « Le monde tarde à se mobiliser pour le Pakistan »

«...Malgré l'urgence, malgré l'ampleur du désastre, c'est au compte-gouttes que la communauté internationale et le grand public déboursent des fonds pour le Pakistan. Au point que les agences humanitaires des Nations unies comme les organisations non gouvernementales (ONG) redoutent une deuxième vague de décès dus à la lenteur de la mobilisation, après les quelque 1 500 morts causées par les pires inondations que le pays ait connues depuis quatre-vingts ans. Les 15 millions de Pakistanais privés de toit, d'eau, de vivres et de soins par un début de mousson exceptionnellement violent seraient maintenant victimes d'un « déficit d'image », de la torpeur estivale, d'une faible couverture médiatique et de l'épuisement des donateurs face à la succession des catastrophes, selon les ONG. « Le Pakistan a mauvaise presse », remarque Felipe Ribero, le directeur général de Médecins sans frontières, qui n'a recueilli que 3 000 euros à ce jour. « Le pays évoque la corruption, la guerre, les talibans. Cela n'aide pas à provoquer l'émotion. » »

Le Monde (France), 18 août 2010, p. 4.

Jacques Attali, « L'urgence du Pakistan »

«...Pour gérer cette tragédie, le pays se trouve dans une situation politique et administrative catastrophique : même s'il dispose d'une élite très sophistiquée, d'une industrie de pointe, de chercheurs d'exception, il est aussi le 141e pays en termes de développement humain, et son président n'a comme principale qualité que d'être le veuf de la courageuse fille d'un dirigeant charismatique pendu par un précédent dirigeant, le dictateur Muhammad Zia-ul-Haq. De plus, le Pakistan n'est pas un pays comme les autres : seul pays musulman disposant de l'arme nucléaire, il est absolument essentiel à la paix du monde, au point que, dans son analyse du Choc des civilisations, Samuel Huntington faisait d'une éventuelle alliance entre le Pakistan et la Chine le pire événement qui puisse menacer l'Occident. Aujourd'hui, en face de cette tragédie, comme toujours en cas de catastrophe, l'aide vient d'abord de mouvements qui y trouvent un intérêt politique (...) L'Europe, elle, est invisible, inexistante ; elle ne semble pas voir que son sort se joue aussi au Pakistan, au bord du fleuve qui vit reculer Alexandre le Grand. »

L'Express (France), 18 août 2010, p. 114.

Jacques Follorou, « Les inondations au Pakistan accentuent l'affaiblissement du président Zardari »

«...dans cette région sensible, le drame humanitaire a aussi des conséquences politiques. Une semaine après le retour d'un voyage très controversé du président Asif Ali Zardari en Europe, les médias pakistanais dénoncent encore sa décision de poursuivre un déplacement, comprenant un volet privé très luxueux, alors que son pays était frappé par un désastre. Son principal opposant politique, l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) et son frère, chef du gouvernement de la province du Pendjab, la plus peuplée du pays, ont exploité son absence. Ils se sont montrés dans les zones sinistrées et ont annoncé qu'ils avaient déjà récolté 12 millions d'euros notamment en vendant des propriétés provinciales. (...) L'équilibre politique intérieur ne devrait pas être bouleversé même si l'armée et la mouvance islamiste y gagneront en terme d'image au détriment du pouvoir politique. Pour limiter ce discrédit, les Etats-Unis, principal soutien du président Zardari, ont porté à 55 millions de dollars leur aide d'urgence. Ils ont, enfin, déployé sur place des hélicoptères positionnés en Afghanistan et envoyé un porte-hélicoptères au large des côtes pakistanaises. » »

Le Monde (France), 13 août 2010, p. 6.

René Beaudin, « Un pays à la dérive »

«...Cette diligence est exceptionnelle, même s'il n'y a pas lieu d'être ébloui par le simple demi-milliard de dollars effectivement consenti ou promis par les États membres (Nations unies). Cela tient d'une part à l'ampleur du drame et d'autre part à l'image du pays. Cet apparent empressement a néanmoins valeur de symbole. Le Pakistan est désigné comme l'épicentre des conflits régionaux - dont la guerre en Afghanistan, la crise politique dans l'Iran voisin et les turbulences au Cachemire indien - , une terre d'asile pour les terroristes d'Al-Qaida, un haut lieu de corruption, et où chaque secousse, naturelle ou politique, soulève des inquiétudes sur le sort de son arsenal nucléaire. (...) Il en résulte aussi une reprise en main de la gestion du pays par les militaires, étant les seuls à pouvoir efficacement organiser les secours. Dans la traditionnelle rivalité entre civils et militaires, la fortune semble ainsi pencher vers ces derniers, après les avoir abandonnés lors de la chute du régime Musharraf en 2008. Une occasion en or pour eux de refaire leur image. »

Le Soleil (Québec, Canada), 23 août 2011, p. 21.

Gouvernance et gouvernement [ 26 juillet 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pakistan
IntermédiaireAsif Ali Zardari Yousaf Raza Gilani

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2005 - 2016



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2005
Tremblement de terre au Cachemire

décembre
2007
Assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan

juillet
2010
Inondations d'envergure au Pakistan

mai
2011
Assassinat d'Oussama Ben Laden au Pakistan

décembre
2014
Attentat dans une école du Pakistan


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