Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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2 novembre 2010

Tenue des élections de mi-mandat aux États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Barack Obama

Moins de deux ans après l'accession de Barack Obama à la présidence, les Américains expriment leur mécontentement à l'endroit du Parti démocrate lors des élections de mi-mandat. Celui-ci perd sa majorité à la Chambre des représentants et subit un recul au Sénat, où il conserve toutefois la majorité.

Malgré l'adoption d'une réforme majeure du système de santé, le président Barack Obama connaît une difficile année 2010. La crise économique qui perdure, entraînant un taux de chômage inquiétant, l'accroissement de la dette nationale et le sentiment que le gouvernement occupe trop de place nourrissent la grogne qui se reflète dans les sondages. La popularité du président, ainsi que celle du Parti démocrate, détenteur de la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, sont en chute. Les élections de mi-mandat, qui permettent de renouveler la Chambre des représentants et le tiers du Sénat, deviennent un enjeu important pour les démocrates et les républicains. Le 2 novembre, les électeurs envoient un message sans équivoque. Un renversement important permet au Parti républicain de former la majorité à la Chambre des représentants, alors que les démocrates conservent une faible majorité au Sénat. De plus, les républicains, et même le Tea Party, un mouvement très conservateur qui appuie des candidats partageant sa vision, obtiennent d'autres succès lors d'élections tenues au niveau des États. Ces résultats sont interprétés comme une insatisfaction de la population à l'endroit de ses élus, un sentiment que le président, qui accepte la responsabilité pour la déroute démocrate, reconnaît. L'opposition entre les deux partis majeurs risque toutefois de rendre les deux prochaines années difficiles à Washington. Plusieurs analystes pensent que la pente sera abrupte pour le président Obama, dont le mandat arrive à terme en janvier 2013. Mais d'autres soulignent que d'anciens présidents en exercice ont subi des échecs retentissants aux élections de mi-mandat - Ronald Reagan (1982), Bill Clinton (1994) - avant d'être réélus à la présidentielle subséquente.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Luis Lema, « Obama face à un parcours d'obstacles »

«...Barack Obama, lui aussi, fera-t-il un pas vers le centre ? Du point de vue idéologique, le président actuel est sans doute plus à gauche que Clinton, ce « new democrat » qui s'était posé d'entrée comme le représentant de la gauche modérée. Dans le même temps, l'irruption des candidats du Tea Party devrait galvaniser une droite qui a rarement défendu des positions aussi extrêmes sur le rôle dévolu à l'Etat ou en matière budgétaire. Le chemin risque donc d'être long de part et d'autre jusqu'à se rejoindre dans ce centre politique dont parlait Clinton. Et ce, d'autant plus que l'administration Obama s'est déjà épuisée une année entière à tenter de trouver un « terrain d'entente » avec les républicains (on ne parle plus de « centre » dans le panorama politique américain), avant d'abandonner de guerre lasse et de faire le forcing sur les grands chantiers chers aux démocrates, comme la réforme de la santé ou la régulation financière. Si la collaboration n'a pas été le fort de ce Congrès au cours des deux années précédentes, la situation n'en est pas moins inversée : à partir de janvier prochain, c'est la Maison-Blanche qui sera sur la défensive. »

Le Soir (Belgique), 3 novembre 2010, p. 10.

Philippe Gelie, « Barack Obama compte ses options »

«...En gros, le chef de l'exécutif a le choix entre la « méthode Truman » et la « méthode Clinton », deux présidents victimes de défaites historiques à mi-mandat. En 1946, le 33e président (un démocrate) avait perdu 54 représentants à la Chambre basse et 12 sièges au Sénat. Il n'en avait pas moins gardé le cap, affrontant les républicains et gouvernant à coup de décrets, pour finalement être réélu en 1948. Une tactique dont s'inspirèrent aussi deux républicains, Ronald Reagan en 1982 et George W. Bush en 2006 (...) Le but de la manoeuvre est de faire porter le blâme des blocages à une opposition parlementaire « obstructionniste ». L'autre méthode, utilisée avec brio par Bill Clinton après la déroute de 1994 (54 sièges perdus à la Chambre et 8 au Sénat), a pour nom barbare : « triangulation ». Il s'agit d'identifier des propositions acceptables dans le programme de l'adversaire, de coopérer avec lui pour les mettre en oeuvre et de s'en attribuer le mérite pour préparer sa réélection. Cela demande une dextérité dans le jeu politique dont Clinton reste l'un des maîtres - et dont il n'est pas certain qu'Obama ait le goût ni le talent. Cela suppose aussi une opposition assez « modérée » pour être prête au compromis avec un président de l'autre bord - ce que l'apparition d'élus du Tea Party ne garantit pas. »

Le Figaro (France), 3 novembre 2010, p. 6.

Bruno Odent, « Obama et les démocrates lourdement sanctionnés »

«...Surtout, le succès écrasant des républicains n'est pas dû à une franche adhésion à leur projet politique. Il s'explique par le rejet du gouvernement et l'envie de protester. Pour ceux qui ont décidé d'accomplir leur devoir électoral. Mais aussi pour une bonne partie des abstentionnistes, majoritaires dans le pays (le taux de participation avoisine les 40 %). Enfin, les élus du Tea Party, qui ont exprimé le plus fortement le vote protestataire, ne seront pas forcément des alliés de tout repos pour les vainqueurs. Les républicains se sont efforcés « d'enfourcher le nouveau venu, tel un cow-boy dans un rodéo », selon l'image d'un commentateur du Washington Post. Mais certaines ruades pourraient se révéler déstabilisantes pour les ambitions présidentielles à venir du parti de l'éléphant. Au moment précis où il réussit à infliger des coups au président en place. Néanmoins, il est évident que Barack Obama ne va pas engager dans les meilleures conditions la campagne pour sa réélection en 2012. »

L'Humanité (France), 4 novembre 2010.

Vincent Marissal, « Obama : du miracle au désastre »

«...On sentait déjà l'été dernier que la formidable vague qui avait porté Obama au pouvoir en novembre 2008 allait l'emporter vers les bas-fonds électoraux avec la même force. Le président « miracle » était pris dans une tempête politique parfaite, qui n'a fait qu'empirer au cours des dernières semaines avec la détérioration constante de l'économie. L'occasion était trop belle pour les conservateurs (républicains, Tea Party et même indépendants de tendance conservatrice) d'attaquer ce « socialiste » et de lui faire porter la responsabilité de tous les échecs du pays. Le « miracle » Obama est bel et bien fini. Lors de son ascension vers le pouvoir, on avait assisté à un mouvement de modération et de tolérance. Depuis quelques semaines, l'extrémisme de droite a repris ses pancartes et ses porte-voix, poussant des membres du Tea Party jusqu'à Washington. Barack Obama a commis quelques graves erreurs depuis deux ans, celle de ne pas trouver les mots pour toucher les Américains au premier chef. Il a déçu dans son propre parti, en plus de mécontenter des gens habituellement peu politisés qui avaient voté pour lui parce qu'ils croyaient au changement qu'il promettait. Mais il faut dire que la contre-attaque de ses adversaires a été impitoyable. En fait, la force avec laquelle certains l'ont diabolisé n'a d'égale que celle qui en avait pratiquement fait un saint en 2008. »

La Presse (Québec, Canada), 4 novembre 2010, p. A23.

S.A., « Election 2010 »

«...Voters in Tuesday's elections sent President Obama a loud message: They don't like how he's doing his job, they're even angrier at Congressional Democrats and they gave the House back to the Republicans. The Republicans spent months fanning Americans' anger over the economy and fear of « big government, » while offering few ideas of their own. Exit polls indicated that they had succeeded in turning out their base, and that the Democrats had failed to rally their own. (...) Mr. Obama has a lot of difficult work ahead of him. The politics in Washington will likely get even nastier. Before he can hope to build the minimal bipartisan consensus needed to move ahead, Mr. Obama will have to rally more Americans to the logic of his policies. The question for the Republicans now is whether they are going to bask in triumphalism or get down to the real work of governing. It is one thing to pander and obstruct when you are out of power. With a divided government, it won't take long for voters to demand that they explain their plans. »

New York Times (Etats-Unis), 2 novembre 2010.

Gouvernance et gouvernement [ 2 novembre 2010 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéBarack H. Obama

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Adoption du plan Paulson pour le sauvetage de l'économie américaine

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Discours de Barack Obama à l'université du Caire

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Adoption d'une réforme majeure du système de santé aux États-Unis

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Déversement de pétrole dans le golfe du Mexique

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Tenue des élections de mi-mandat aux États-Unis

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Abaissement de la cote de crédit du gouvernement des États-Unis

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