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2 mai 2011

Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Stephen Harper

Le Parti conservateur canadien (PCC) de Stephen Harper remporte les élections législatives en obtenant 39,6% des voix. Il fait élire 167 députés à la Chambre des communes contre 102 pour son plus proche rival, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Jack Layton.

Après avoir été à la tête de gouvernements minoritaires en 2006 et 2008, le chef conservateur Stephen Harper exprime le souhait de former un gouvernement majoritaire. Son désir se concrétise le 2 mai alors que le PCC obtient une récolte de 164 députés, soit plus de la moitié des 305 sièges de la Chambre des communes. Cette performance s'explique en grande partie par une progression marquée en Ontario, la province la plus populeuse du Canada. Elle se fait aux dépens du Parti libéral du Canada (PLC), la formation qui a dominé la vie politique canadienne au XXe siècle. Le PLC connaît les pires résultats électoraux de son histoire, ne remportant que 34 sièges avec 18,9% des voix. Défait dans sa circonscription d'Etobicoke-Lakeshore, le chef Michael Ignatieff annonce d'ailleurs sa démission le lendemain. L'autre gagnant de la soirée est le Nouveau Parti démocratique (NPD), une formation de gauche dirigée par Jack Layton. Le NPD atteint un sommet avec 102 sièges et 30,6% des voix, ce qui lui permettra de former l'opposition officielle. Ce résultat, qui constitue une surprise de taille, a été rendu possible grâce à l'élection de 58 députés au Québec, un succès exceptionnel dans une province qui ne comptait qu'un seul élu néo-démocrate. En revanche, le Bloc québécois (BQ), une formation qui prône l'indépendance du Québec, a subi l'échec le plus cuisant de son histoire avec seulement 4 sièges, contre 49 lors des élections de 2008. Son chef, Gilles Duceppe, annonce lui aussi son retrait de la vie politique. Enfin, la chef Elisabeth May est devenue la première candidate du Parti vert élue à Ottawa. Malgré ces rebondissements, l'intérêt des Canadiens est resté tiède puisque seulement 61,4% des électeurs inscrits se sont présentés aux urnes.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Alain Dubuc, « Un pays transformé »

«...Bien des gens s'étaient plaints, lorsque les élections ont été déclenchées, du fait qu'il s'agissait là d'un exercice coûteux et inutile, qui ne changerait rien au paysage politique. Eh bien, les résultats d'hier soir ont montré que ce rendez-vous démocratique avait toute sa pertinence. Cette élection est historique. Elle donne, pour la première fois, une majorité à un parti véritablement de droite, elle confie le rôle d'opposition officielle au NPD, un parti social-démocrate, elle consacre l'effondrement du grand Parti libéral, et elle raye littéralement de la carte le Bloc québécois qui dominait le Québec depuis 20 ans. Ces résultats ne sont pas seulement spectaculaires. Ils auront un impact profond sur la façon dont le Canada sera gouverné et ils provoqueront un réalignement des forces politiques. Le gouvernement de Stephen Harper, maintenant majoritaire, aura une plus grande emprise sur l'appareil d'État, tandis que l'opposition sera inexpérimentée. Notre vie politique sera également plus polarisée entre deux populismes, l'un de droite et l'autre de gauche. »

La Presse (Québec, Canada), 3 mai 2011, p. A29.

Bernard Descôteaux, « Élections fédérales - Parlons Québec »

«...S'engager en campagne à réunir les « conditions gagnantes » de la réintégration du Québec dans la Constitution est une chose. Le faire au lendemain des élections en est une autre. Les 58 néodémocrates du Québec ne pourront influer véritablement sur le cours du débat, car ils n'ont pas en main la clé pour changer quoi que ce soit. Celle-ci est dans les seules mains du gouvernement Harper, qui est désormais majoritaire. Ils réaliseront vite les limites de leur statut d'opposition officielle, qui ne leur permettra pas de faire plus que ce que faisait le Bloc. Le slogan « Parlons Québec » du Bloc résume bien le rôle auquel ils seront réduits. La situation aurait pu être différente si leur formation avait obtenu la balance du pouvoir, mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Certains ont pu penser que c'est ce que produirait un vote stratégique favorable au NPD. On voit aujourd'hui que cela pourrait conduire au même cul-de-sac que pouvait représenter aux yeux de certains la présence d'un parti souverainiste à Ottawa. »

Le Devoir (Québec, Canada), 4 mai 2011, p. A8.

Ludovic Hirtzmann, « La pari gagné de Stephen Harper »

«...Les Québécois, lassés de voter pour le BQ, un parti qui n'est représenté qu'au Québec et qui n'a guère de poids à Ottawa, se sont tournés vers les néo-démocrates. Ce choix pourrait être éphémère. D'une part, parce que le NPD, formation fédéraliste, aura du mal à défendre les intérêts du Québec à la Chambre des communes. D'autre part, parce que si le Bloc n'est pas certain de survivre en tant que formation politique, la volonté indépendantiste, elle, demeure forte au Québec. L'électorat québécois, très volatil, pourrait se jeter très vite dans les bras des mouvements souverainistes si Ottawa se désintéresse de ses préoccupations. Le premier ministre a promis de défendre les intérêts de toutes les régions, mais un gouvernement conservateur majoritaire ne signifie rien de bon pour le Québec. Après tout, Stephen Harper a remporté ces élections sans l'aide des Québécois. Les conservateurs ne comptent plus que six élus dans la Belle Province, contre 11 précédemment. »

Le Temps (Suisse), 4 mai 2011.

S.A., « The real reason this election will go down in history »

«...The election was indeed a historic day for Canadian politics. But what does it mean for the country itself ? In his election-night concession speech, Ignatieff claimed we were all witness to « a polarization of Canadian politics. » Without the calming influence of his centrist party, the Liberal leader warned that the civility of our democratic discourse was in peril. Despite Ignatieff's disastrous showing at the polls, his view that Canada in now a divided country, split between hard-right and hard-left political representation, has become a popular reading of the May 2 results. It is not accurate. Rather than an abandonment of the middle for two extremes, this election reflects the culmination of a major political realignment in which the Conservatives and the NDP have both found a way to share the middle space, leaving little room for the former Liberal tenant. »

MacLean's (Canada), 16 mai 2011, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 2 mai 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéDavid JohnstonStephen Harper

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



janvier
2006
Élection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

janvier
2006
[Résultats] Élections législatives

octobre
2008
Ouverture du douzième Sommet de la Francophonie

octobre
2008
[Résultats] Élections législatives

mai
2011
Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

mai
2011
[Résultats] Élections législatives

octobre
2015
Élection au Canada du Parti libéral de Justin Trudeau

octobre
2015
[Résultats] Élections législatives


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