24 août 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

14 mai 2011

Arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Dominique Strauss-Kahn

L'arrestation à New York du président du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, secoue la classe politique française. L'économiste de 62 ans est considéré à ce moment comme le favori en prévision de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu au printemps 2012.

Après avoir monté dans la hiérarchie du Parti socialiste (PS) au cours des années 1980, Dominique Strauss-Kahn occupe des fonctions ministérielles en 1991-1993 et 1997-1999. Quelques années plus tard, il entre dans la course afin d'obtenir la candidature de son parti en vue de l'élection présidentielle de 2005. Il est cependant défait par Ségolène Royal qui sera à son tour vaincue par Nicolas Sarkozy. Le 1er novembre 2007, Strauss-Kahn accède à la présidence du FMI, un poste prestigieux qui le place à l'avant-scène de l'actualité économique internationale. Il demeure néanmoins un sérieux aspirant à la présidence française, des sondages le donnant même vainqueur de Sarkozy en 2012. L'annonce de cette candidature serait sur le point de se faire lorsque le sexagénaire est arrêté à New York, le 14 mai, alors qu'il est à bord d'un avion s'apprêtant à le ramener en France. Il est accusé « d'agression sexuelle, de séquestration de personne et de tentative de viol » sur la personne de Nafissatou Diallo, une femme de chambre de 32 ans d'origine guinéenne. Les événements se seraient déroulés à l'hôtel Sofitel où venait de séjourner Strauss-Kahn. La nouvelle défraie les manchettes partout dans le monde et suscite une tempête médiatique en France où toutes les conséquences judiciaires et politiques de « l'affaire DSK » sont décortiquées en long et en large. Après un délai, l'accusé est libéré sous caution en s'engageant à respecter une batterie de conditions dans l'attente de son procès. Il plaide son innocence, mais démissionne le 18 mai de la présidence du FMI, où son travail a été généralement bien perçu. Les événements du 14 mai compromettent également sa carrière politique, donnant une nouvelle dimension à la course à la candidature présidentielle du PS qui fait l'objet de maintes spéculations. Le 23 août, les poursuites au pénal contre Strauss-Kahn seront abandonnées.

Dans les médias...


Élise Karlin, « Le scandale qui change tout »

«...Car, depuis le 15 mai, ce n'est plus une histoire simple. C'est l'histoire d'un homme soupçonné « d'acte sexuel criminel, de tentative de viol et de séquestration », dans un pays, les États-Unis, si strictement puritain que certains patrons évitent de monter dans un ascenseur seul avec l'une de leurs subordonnées... Jusqu'à preuve de sa culpabilité, Dominique Strauss-Kahn bénéficie de la présomption d'innocence. Mais la déflagration a littéralement sidéré toute la classe politique française, parce que l'homme est touché là où il a toujours été d'une extrême fragilité - le sexe. La suspicion, le soupçon, l'incertitude... Un autre que DSK, dans une situation d'une telle gravité, en aurait peut-être moins souffert. Lui s'en trouve plus abîmé encore, trajectoire pourrie par sa propre réputation. « Dans la vraie vie, DSK se bat avec son meilleur ennemi - lui-même », écrivait L'Express le 23 octobre 2008. Aujourd'hui, c'est encore cet ennemi de l'intérieur qui jette sur lui le discrédit, et donne corps à ce scénario hallucinant. Rien n'était définitivement avéré le 16 mai, mais le doute ne bénéficie pas à celui qui est apparu menotté, entre deux policiers, le visage blême, fermé - « Je n'y crois pas un instant », dit sa femme, attachée à lui pour le meilleur et pour le pire depuis vingt ans. « Et si c'était vrai ? » ne peuvent s'empêcher de se demander, à leur corps défendant souvent, ceux qui connaissent les chemins de traverse qu'il a si souvent empruntés dans le passé ? »

L'Express (France), 18 mai 2011, p. 44-48.

Philippe Marlière, « Le PS peut enfin tourner la page Strauss-Kahn »

«...Le Parti socialiste (PS) est le premier concerné par la déflagration violente qui pourrait s'ensuivre. Secret de polichinelle s'il en est, Dominique Strauss-Kahn s'apprêtait à rendre publique sa candidature à la primaire « ouverte » afin d'obtenir l'investiture socialiste à l'élection présidentielle. Jamais démenti par les intéressés, un prétendu « pacte de Marrakech » avait, de longue date, attribué les rôles : Martine Aubry devait diriger le parti (convoité par « l'ennemie » Ségolène Royal), et Dominique Strauss-Kahn attendre son heure avant de représenter le PS, en 2012. Une fois élu, celui-ci aurait invité Mme Aubry à Matignon. Scénario de rêve pour certains, cette division du travail tourne aujourd'hui au cauchemar. La bombe à retardement DSK a, entre-temps, explosé au visage de ses instigateurs. L'explosion a mis à nu les manquements à la morale politique du microcosme « solférinesque », et le discours ambivalent de la direction socialiste. C'est Martine Aubry qui devrait, en premier lieu, pâtir de ce naufrage collectif. »

Le Monde (France), 20 mai 2011, p. 24.

Cécile Cornudet, « L'inculpation de Dominique Strauss-Kahn change la donne à un an de la présidentielle »

«...Sauf coup de théâtre dans les heures qui viennent, l'affaire DSK change en effet profondément la donne politique à un an de la présidentielle. À l'exception de Marine Le Pen et de Jacques Attali, rares sont ceux hier qui ont exprimé leurs doutes sur une candidature DSK. Mais a contrario personne, même chez les « incrédules » comme Laurent Fabius, ne s'est risqué à souhaiter sa candidature. Sauf à faire la preuve rapide d'un coup monté contre lui - thèse qui a commencé à circuler avec insistance hier - , comment Dominique Strauss-Kahn pourrait-il se porter candidat à la primaire socialiste avant le 13 juillet, date limite des déclarations, avec de telles accusations portées contre lui ? À fortiori après la première affaire qui l'avait éclaboussé en 2008 avec une salariée du FMI. Deux mois pour être totalement blanchi par la justice américaine, et pour convaincre l'opinion française de sa loyauté, alors que la droite martèle depuis deux ans que l'argent et les femmes constituent son talon d'Achille : voilà qui relèverait de l'exploit. « Je ne vois pas comment il pourrait être candidat », en a conclu le politologue Gérard Grunberg, spécialiste du PS. »

Les Échos (France), 16 mai 2011, p. 2.

Ian Bussières, « La fin d'un homme »

«...Arrêté samedi à New York Dominique Strauss-Kahn, pourrait devoir dire adieu à ses ambitions présidentielles, lui que les sondages donnaient favori contre le président sortant Nicolas Sarkozy même s'il n'avait pas encore annoncé son intention de briguer les suffrages. Comme il ne reste que quelques semaines avant la fin des mises en candidature aux primaires du Parti socialiste, plusieurs observateurs estiment que la carrière politique de celui que les Français surnomment DSK est à toutes fins utiles terminée, et ce, même s'il était éventuellement blanchi des accusations d'agression sexuelle, de séquestration et de tentative de viol sur une femme de chambre. « Je ne pense pas, sauf si on découvrait quelque manipulation dans cette affaire, qu'il soit candidat aux élections présidentielles. Donc, les choses vont changer, on va avoir une candidature de Martine Aubry contre François Hollande », a déclaré hier Jacques Attali, ancien conseiller du président François Mitterrand. « Ça ne signifie pas la fin d'une carrière politique, ça signifie la fin d'un homme, point final. Et c'est dramatique », a ajouté l'ancien ministre des Affaires municipales français Bernard Tapie. »

Le Soleil (Québec, Canada), 16 mai 2011, p. 4.

Angelique Chrisafis, « Strauss-Kahn arrest »

«...Everyone in French political and media circles knew Strauss-Kahn's achilles heel was his attitude to women. Even his closest political allies admitted he was an inveterate seducer, an unashamed libertine. But what makes the scandal new and unprecedented in a presidential race is the crossing of the line to sexual violence, attempted rape and brutal assault. Strauss-Kahn denies the charges, and his allies call him a seducer without the « profile of a rapist ». But if, as the extreme-right Marine Le Pen affirms, all of Paris had long been abuzz with talk of his « rather pathological relationship » with women, why wasn't Strauss-Kahn pulled up on it before in France? He had already been chastised by the IMF over one affair with a junior in 2008. It raises the uncomfortable question in the French media and politics of two parallel worlds: what is printed, and what is behind it, gossip, and what must officially remain « unsaid ».»

The Guardian (Royaume-Uni), 17 mai 2011.

Gouvernance et gouvernement [ 14 mai 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéNicolas SarkozyFrançois Fillon

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



février
2007
Dépôt d'un important rapport du GIEC sur les changements climatiques

avril
2007
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2007
Élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française

juin
2007
[Résultats] Élections législatives

mai
2011
Arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York

avril
2012
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2012
Élection de François Hollande à la présidence de la République française

juin
2012
Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


Dans l'actualité


mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

septembre
2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

janvier
2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

juillet
2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

février
2017
Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent

février
2017
Benoît Hamon : une victoire inattendue aux primaires de la gauche


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019