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25 avril 1974

Renversement du gouvernement (révolution des oeillets) au Portugal

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Antonio Spinola

Un soulèvement orchestré par des militaires mène au renversement du gouvernement que dirige le premier ministre Marcello Caetano depuis 1970. Un an plus tard, jour pour jour, le Portugal tiendra ses premières élections depuis les années 20.

Les conflits coloniaux en Afrique et une volonté de démocratisation du régime sont au coeur de la contestation qui secoue le Portugal au cours des années 70. Le 25 avril 1974, des militaires réformistes, le Mouvement des forces armées (MFA), élaborent un coup d'État qui entraîne le renversement du gouvernement dirigé par le premier ministre Marcello Caetano. Cette révolution « des oeillets », qui se fait sans effusion de sang, permet à Antonio de Spinola, un général limogé quelques mois auparavant, de prendre le pouvoir. Le général Costa Gomes lui succédera quelques mois plus tard et un Conseil de la révolution sera formé. Au cours de ces années, le Portugal est témoin de plusieurs réformes -liberté d'association, abolition de la censure, nationalisations, etc.- , dont la tenue d'élections, les premières depuis un demi-siècle, qui ont lieu le 25 avril 1975. Elles sont dominées par les socialistes et le Parti démocratique qui raflent 195 des 247 sièges en jeu. Des négociations mèneront également à l'indépendance des colonies africaines portugaises -Mozambique, Angola, etc.

Pour en savoir plus: Préambule et principes fondamentaux de la Constitution portugaise

Dans les médias...


Alfredo Margarido, «Le Portugal entre la continuité et la révolution»

«...Si la population est dans son ensemble joyeuse, si les manifestations du 1e mai ont marqué dans la fête l'écroulement du régime, il faut dire que le changement politique n'est pas allé très loin. En réalité, le pouvoir a changé de mains, mais il ne semble pas avoir beaucoup changé de nature. Les mesures prises sont importantes, mais elle sont loin d'être suffisantes (...) Le Portugal est donc engagé sur plusieurs voies : la conservation des «acquis», qui semble satisfaire une partie considérable du nouveau personnel politique; la liquidation de la guerre coloniale, à laquelle tient avant tout le Parti socialiste, qui y a délégué un de ses dirigeants les plus prestigieux; la transformation de l'appareil économique, amenant le Portugal à renforcer ses liens avec l'Europe, surtout le Marché commun; enfin, la préparation des élections, qui donneront aux partis la possibilité de se substituer aux militaires sans trop de secousses.»

Esprit (France), septembre 1974, pp. 128 et 134.

André Pautard, «L'explosion portugaise»

«...L'Armée observe. En moins d'une semaine, elle vient de faire l'apprentissage de la réalité du pouvoir. Le général Spinola confère avec les banquiers et les industriels -qui ne sortent pas mécontents de l'entrevue. Des officiers s'installent dans les fauteuils ministériels pour diriger l'Administration. On renouvelle les gouverneurs des provinces. Tout se passe comme si le général Spinola était résolu à prendre le poste de chef de l'État. Et pas seulement à titre provisoire. Enfin, lorsqu'on l'interroge sur les critères qui permettront la formation de nouvelles associations politiques, la junte répond : «Ce sera celui de la vraie représentativité. C'est-à-dire l'appui des masses.» L'appui des masses, aujourd'hui, c'est l'Armée qui le recueille le plus largement. Et l'encens de ces acclamations pourrait peut-être lui monter à la tête. On cherche des exemples, bons ou mauvais, de la situation actuelle du Portugal : la France du Front populaire ou du Programme commun, le Chili de Salvador Allende. Personne n'ose encore parler du Pérou des capitaines...»

L'Express (France), 6 au 12 mai 1974, p. 60.

Guy Cormier, «Les événements de Lisbonne»

«...Le déplacement d'autorité en l'occurrence intéresse deux théâtres différents : la métropole et les colonies. Et il est patent que l'enthousiasme de Lisbonne devant l'effondrement du régime n'est pas partagé par les porte-parole du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola, colonie portugaise. Le fait que le général de Spinola, conspirateur du coup d'État, ait dénoncé la guerre coloniale, dans un livre qui a connu un certain retentissement, n'a pas désarmé les mouvements de libération de l'Angola, qui voient toujours en lui l'un des plus violents criminels des généraux portugais. La rigueur de ce jugement, si justifiée qu'on puisse la supposer, n'interdit pas de penser que les plus conscients des dirigeants portugais aient pu avoir la révélation soudaine que la victoire militaire était devenue impossible contre les insurgés. Ce ne serait pas la première fois que les stratégies classiques ont dû renoncer à mater la guérilla.»

La Presse (Québec, Canada), 27 avril 1974, p. A4.

Éditorial

«...The change certainly appears to be for the better. At the same time, however, it is difficult not to be a little suspicious of any military coup, even one that was as civil, relatively bloodless and popular as this one, or of any military junta, even one that calls itself a «junta of national salvation» and promises to be temporary. There may be no liberal revolution in Portugal. The monocled Gen. Spinola, after all, fought as a volunteer with the Fascists in Spain, and served as an observer with the Nazis in Russia during World War II as well as fighting the Angolans, though it seems obvious that he has learned from his experiences. But there is promise in Portugal though it will be some time before we see how much of the junta's idealism is finally realized and whether there is still time for a rapprochement with the African nationalists and the nation's youth. Portugal has come a long way in just a few days. We hope she will keep on moving.»

The Boston Globe (États-Unis), 27 avril 1974.

Gouvernance et gouvernement [ 25 avril 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Portugal
TransitionAntónio (Sebastião Ribeiro) de SpínolaMarcelo (das Neves Alves) Caetano

Angola
Faibleinformation non-pertinenteinformation non-pertinente

Mozambique
Faibleinformation non-pertinenteinformation non-pertinente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1969 - 1979



avril
1974
Renversement du gouvernement (révolution des oeillets) au Portugal

avril
1975
[Résultats] Élections législatives

avril
1976
Tenue d'élections multipartites au Portugal

avril
1976
[Résultats] Élections législatives

juin
1976
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
1976
Annexion du Timor oriental par l'Indonésie

décembre
1979
[Résultats] Élections législatives


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