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1 juillet 2011

Référendum sur des réformes constitutionnelles au Maroc

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mohammed VI

En réaction au mouvement de contestation qui secoue le monde arabe, le roi du Maroc, Mohammed VI, propose une série de réformes du système politique. Elles sont au coeur d'un référendum qui se solde par un appui massif de la population.

Même si plusieurs croyaient que l'accession au trône de Mohammed VI, en 1999, entraînerait une plus grande démocratisation du système politique marocain, le pouvoir demeure fortement concentré entre les mains du souverain. En plus de provoquer des bouleversements en Tunisie et en Égypte, le vent de protestation qui souffle sur le monde arabe au début de 2011 donne un nouvel élan à la contestation qui prend forme au Maroc. Le 20 février, des dizaines de milliers de citoyens, dont beaucoup de jeunes, sont dans les rues pour réclamer des changements. Ils dénoncent la corruption du régime et demandent l'adoption de réformes démocratiques majeures. Le 9 mars, Mohammed VI annonce à la nation qu'une commission se penchera sur ce sujet. Un projet, déposé le 17 juin, prévoit que le premier ministre, qui sera désormais le chef du gouvernement, devra provenir du parti majoritaire à la chambre et non être le choix du roi. Une Cour constitutionnelle et un Conseil supérieur de sécurité seront également créés, alors que le berbère deviendra une langue officielle du pays, comme l'arabe, et que la Constitution fera mention de « l'égalité civile et sociale entre l'homme et la femme ». Un référendum est prévu pour le 1er juillet. Les partis politiques, les élites religieuses et les syndicats invitent la population à voter oui, mais les opposants se montrent insatisfaits, le roi conservant le contrôle de la vie politique marocaine. Face aux ressources du régime, avec lesquelles ils ne peuvent rivaliser, ces derniers appellent au boycott. Selon les statistiques officielles, 73% des électeurs se prévalent de leur droit de vote. Du nombre, 98,5% se disent favorables aux réformes. Ce résultat est accueilli positivement à l'étranger, mais il suscite le scepticisme de l'opposition qui manifeste dans les jours suivant le scrutin.

Pour en savoir plus: Discours du président marocain au coeur du Printemps arabe

Dans les médias...


S.A., « À Rabat, les habitants disent « oui » au Roi »

«...L'enjeu du référendum va marquer un tournant pour le mouvement protestataire : si le taux de participation est faible, les revendications pourraient continuer ; dans le cas contraire, un « oui » massif à la Constitution pourrait étouffer le mouvement et le rendre moins crédible. De plus, les Marocains sont depuis un mois et demi de moins en moins nombreux à se joindre aux manifestations du mouvement. Même si certains se disent favorables à la Constitution, ils s'attendent aussi à un taux d'abstention, pas seulement des pro-20 Février mais d'une partie du peuple qui ne s'intéresse pas à la vie politique. Le gouvernement a cependant bien rodé sa communication pour promouvoir le vote. Un schisme opposant la majorité pro-Constitution et le mouvement contestataire serait-il alors possible ? A Rabat, peu de gens y croient, la population estime dans sa majorité que le boycott est poussé par une minorité et que la nouvelle Constitution est un grand pas en avant. »

Le Soir (Belgique), 1er juillet 2011, p. 10.

Angélique Mounier-Kuhn, « La nouvelle Constitution soumise à référendum »

«...pour les jeunes du mouvement du 20 février, fer de lance de la contestation démocratique, le roi continue bel et bien de gouverner. Et si elle est mentionnée dans l'article 1, les conditions de la « monarchie constitutionnelle et parlementaire », à l'anglaise ou à l'espagnole, appelée de leurs voeux, ne sont pas réunies. « C'est un texte précipité, imparfait, qui ne répond pas à toutes les aspirations. Mais l'initiative est inédite dans le paysage arabe, et face au roi, aucune offre politique n'a émergé pour demander de grandes réformes. C'est donc lui qui a dicté le tempo. Court, il a laissé peu de place à la consultation », relève Hasni Abidi, directeur du Centre européen de recherche sur la Méditerranée et le Moyen-Orient à Genève. Mais d'après lui, ce n'est qu'à l'épreuve de la pratique que les Marocains pourront prendre la vraie mesure des changements instaurés par leur nouvelle Constitution. La manière dont le futur premier ministre, jusque-là coopté par le seul roi, parviendra à endosser le costume d'un chef du gouvernement « effectif » constituera un premier test cet automne. Initialement programmé pour septembre 2012, le prochain scrutin parlementaire a été avancé de onze mois et se tiendra, sauf report, en octobre prochain. »

Le Temps (Suisse), 1er juillet 2011.

Marie-Christine Corbier, « Maroc : les mirages de la réforme constitutionnelle »

«...son organisation en réseau (le mouvement du 20 février), avec des relais dans tout le pays, lui donne une force considérable. Mais il lui manque un leader et certains observateurs imaginent que la contestation pourrait tomber dans une certaine routine. Le pouvoir tente d'ailleurs de décrédibiliser le mouvement en affirmant qu'il est infiltré par l'extrême gauche et par les islamistes. Dans ces conditions, un « oui » massif au référendum signerait-il la fin du mouvement de contestation ? Pour les opposants, bien au contraire, une brèche s'est ouverte avec cette nouvelle Constitution qui comporte malgré tout de réelles réformes et illustre la première étape d'une grande aventure démocratique. Même si, à la différence de la Tunisie ou de l'Egypte, la plupart des jeunes du 20 février n'entendent pas faire tomber le régime mais le réformer. Pour cela, ils vont continuer à descendre dans la rue. Reste à savoir comment les autorités réagiront aux futures manifestations...»

Les Échos (France), 29 juin 2011, p. 16.

Gouvernance et gouvernement [ 1 juillet 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Maroc
FaibleMohammed VI ben Al-HassanAbbas El Fassi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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