25 août 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

4 juin 2011

Départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ali Abdallah Saleh

Au coeur d'une période de forte contestation, le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, est blessé lors d'un tir de grenade effectué contre le palais présidentiel. Même s'il décide de garder ses fonctions, sa décision de quitter le pays pour se faire soigner en Arabie saoudite marque un tournant dans la vie politique yéménite.

Après le Nord-Yémen depuis 1978, Ali Abdallah Saleh, un militaire de formation, dirige le Yémen unifié en 1990. Réélu lors d'élections présidentielles peu démocratiques, en 1999 et 2006, il annonce son départ à quelques reprises mais est encore en poste lorsque le monde arabe est remué par un vent de changement en 2011. La difficile situation économique, la corruption, le faible niveau de démocratie, ainsi que les abus dans les droits humains alimentent la grogne qui s'exprime lors de manifestations tenues en janvier. Le président y répond en annonçant qu'il ne sera pas sur les rangs en 2013, à l'expiration de son mandat. Il annonce ensuite, en mars, la tenue d'un référendum constitutionnel sur la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Cela ne suffit pas à calmer les manifestants qui subissent une sévère répression. De violents combats font des dizaines de morts, incitant même des alliés du président à se détourner de lui. Une opposition diversifiée - socialistes, islamistes, membres de tribus, sécessionnistes du sud - se dresse devant Ali Abdallah Saleh qui, malgré la médiation du Conseil de coopération des États arabes du golfe, n'arrive pas à accepter un compromis. Les événements se précipitent le 3 juin alors qu'une attaque à la grenade contre le palais présidentiel fait des morts, plusieurs dans l'entourage immédiat du président. Lui-même blessé assez gravement, il quitte le Yémen le lendemain pour se faire soigner en Arabie saoudite. Il conserve ses fonctions, pendant que le vice-président Abd Rado Mansour Hadi assume l'intérim et que des pressions internationales s'exercent en faveur d,un changement de régime. Devant un retour de moins en moins probable, la lutte pour la succession commence à se profiler, lutte dans laquelle s'engagent des proches d'Ali Abdallah Saleh, dont son fils Ahmed.

Dans les médias...


Benjamin Wiacek, Luc Mathieu, « Le Yémen attend la suite des opérations »

«...plus qu'à Sanaa, le retour, ou non, du président Saleh se jouera avant tout à Riyad. L'Arabie Saoudite, acteur le plus influent de la région, l'a longtemps soutenu. Mais, d'après des télégrammes révélés par WikiLeaks, le royaume finance également les confédérations tribales, dont celle des Hached, la plus puissante du Yémen, dirigée par le cheikh Sadek al-Ahmar. Rallié à l'opposition, ce chef tribal est en guerre ouverte contre les forces gouvernementales. Depuis plusieurs semaines, ses partisans combattent quotidiennement, à coups de lance-roquettes et de mitrailleuses lourdes, les soldats yéménites qui tentent de les déloger du quartier Al-Hasaba, dans le nord de Sanaa. Hier soir, le clan Al-Ahmar a finalement accepté une trêve proposée la veille par le gouvernement. Surtout, la monarchie saoudienne pourrait se lasser de soutenir un président, à la tête du Yémen depuis trente-trois ans, jugé impulsif et jusqu'au-boutiste. »

Libération (France), 6 juin 2011, p. 67.

S. A., « Empêcher que le Yémen ne sombre dans le chaos »

«...Les échecs du Yémen sont le bilan du président yéménite. Il soigne aujourd'hui en Arabie saoudite des blessures consécutives à un bombardement dont il a été la cible le 2 juin dans la capitale, Sanaa. Le mieux pour ses concitoyens serait qu'il consente enfin à s'écarter du pouvoir. Sans doute ses ennemis les plus virulents, aujourd'hui, ne sont-ils pas plus qualifiés que lui pour tirer le pays de l'ornière. Les membres du clan Al-Ahmar, qui ont pris les armes contre le président, ont trop longtemps été associés à ce syncrétisme politico-affairiste qui constitue la marque de fabrique du système Saleh pour répondre aux aspirations des Yéménites. Car le pays n'est pas sans espoirs. Rare Etat de la région où a pu résister une forme de pluralisme politique, il a vu se lever cette année une jeunesse et une société civile qui ne se reconnaissent pas dans les arrangements à courte vue du passé. C'est ce courant qu'il faut encourager. Les riches pétromonarchies de la région s'honoreraient à accepter le Yémen dans leur club, le Conseil de coopération du Golfe. Personne n'a rien à gagner à ce que le Yémen sombre un peu plus dans le chaos et se transforme en une nouvelle Somalie. »

Le Monde (France), 8 juin 2011, p. 1.

Robert F. Worth, « Hurt in Attack, Yemen's Leader Leaves Country »

«...The Saudis are likely to make sure Mr. Saleh, who has been in power for 33 years, does not return as president, analysts said - a goal they and other regional Arab leaders have tried unsuccessfully to arrange for weeks. But even though his departure could ease tensions in Sana in the short term, there is no clear plan in place for a lasting political transition. In that vacuum, many fear that Yemen's opposition factions and youth protesters might begin fighting among themselves, adding to the troubles of tribal violence in the north and secessionist efforts in the south. The threat of more political disorder puts tremendous pressure on Saudi Arabia, the country's powerful neighbor and patron, and on the United States, which had counted on Mr. Saleh as an ally against terrorists. The Saudis have seemed unsure about how to handle Yemen in recent months, as they struggled to calm the revolutionary energies across the region. For years, Mr. Saleh had kept the peace in a country riven by tribal jealousies, but the Saudis - prizing stability above all - have grown anxious as his control slipped in the face of protests inspired by the so-called Arab Spring. »

New York Times (États-Unis), 5 juin 2011, p. 1.

Gouvernance et gouvernement [ 4 juin 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Yémen
Faible`Ali `Abd Allah Saleh al-HashidiAli Muhammad Mujawar

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2001 - 2016



juin
2011
Départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh

janvier
2015
Démission du président yéménite Abd Rado Mansour Hadi


Dans l'actualité


mars
2019
Yémen : la pire crise humanitaire du monde

février
2018
Yémen : théâtre de la « pire crise humanitaire » de la planète

novembre
2017
Tempête d'affrontements au Yémen

octobre
2017
Le Yémen face à la pire crise de choléra jamais enregistrée

février
2015
Yémen : la confrontation avec les Houthis mène le président à démissionner

janvier
2014
Yémen : terre d'affrontements dualistes

octobre
2012
Commémoration sanglante au Yémen

février
2012
Présidentielle yéménite : aux urnes pour un seul candidat

septembre
2011
L'égalité des sexes est encore d'actualité au Yémen!

septembre
2011
Le président Ali Abdallah Saleh est chassé de son palais au Yémen


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019