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20 novembre 2011

Élection du Parti populaire de Mariano Rajoy en Espagne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mariano Rajoy

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) voit sa quête pour un troisième mandat consécutif entravée par la situation économique du pays. L'insatisfaction profite au Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy qui remporte une victoire éclatante aux législatives de 2011, obtenant 186 sièges sur 350.

Le PSOE, dirigé par José Luis Rodriguez Zapatero, forme un gouvernement minoritaire en 2004 et conserve le pouvoir de la même façon lors des élections législatives de 2008. La crise économique qui déferle sur le monde occidental a toutefois des conséquences particulièrement néfastes sur l'Espagne. Comme c'est le cas ailleurs, le gouvernement adopte des mesures d'austérité, notamment en faisant passer l'âge d'éligibilité à la pension de vieillesse de 65 à 67 ans. La situation demeure difficile, particulièrement en ce qui a trait à l'évolution de la dette et au chômage qui dépasse les 20% en 2011, une performance qui attise le mécontentement. Le premier ministre Zapatero réagit en annonçant qu'il ne sera pas sur les rangs lors des prochaines législatives. En mai 2011, le PSOE essuie néanmoins une rebuffade lors des élections locales. Il mise sur un nouveau candidat, le ministre de l'Intérieur Alfred Perez Rubalcaba, pour le diriger lors des législatives qui sont tenues prématurément le 20 novembre. Celui-ci ne réussit pas à endiguer la colère qui profite au PP. Dirigée par Mariano Rajoy, un ancien ministre dans les gouvernements de José Maria Aznar, cette formation de droite obtient 186 sièges sur 350, ce qui lui procure une nette majorité. Pour sa part, le PSOE dégringole à 28,7% des intentions de vote et à 110 sièges. Ce résultat laisse les coudées franches au nouveau gouvernement qui s'engage à gérer les finances publiques avec rigueur. La situation économique de l'Espagne et celle de la zone euro en général continuent néanmoins d'inquiéter les analystes. Ces élections, qui se déroulent sur la toile de fond des turbulences secouant la Grèce et l'Italie, reflètent d'ailleurs la profonde insatisfaction de la population de plusieurs pays à l'endroit des dirigeants en place.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Olivier Perrin, « L'Espagne bascule à droite, dans le flou »

«...On le sait, la droite espagnole partait ultrafavorite pour ce scrutin législatif. Lors d'une campagne que tous les observateurs ont jugée molle et unilatéralement dominée par le thème du chômage - 21,5% de la population active, c'est énorme - les deux candidats ont surtout tenté de redorer leur image dans un pays où la bipolarisation n'a mené à rien ces vingt dernières années. Ainsi, « l'Espagne donne tout le pouvoir au PP », titre El País, quotidien de référence de centre gauche aux yeux duquel ces élections constituent « un désastre sans précédent » pour les socialistes. « L'homme qui est sur le point de franchir les portes de La Moncloa [le siège de la présidence du gouvernement espagnol], c'est avant tout, se moque-t-il gentiment, un vrai gentleman: familier, poli, studieux, fidèle à la tradition et à la hiérarchie, gai, sobre. Un homme d'ordre, représentant les « gens normaux », pour lesquels il est si attrayant. » Sous-entendu; charisme proche de zéro et retour à la politique terne. Son programme se résume en une formule, exposée jeudi dernier à la une: « Faire des coupes partout, sauf dans les retraites. »»

Le Temps (Suisse), 21 novembre 2011.

François Musseau, « La droite prend l'Espagne en main »

«...Jamais l'Espagne n'avait basculé à droite de manière aussi radicale. La majorité absolue obtenue par Mariano Rajoy dimanche soir est plus large encore que celle conquise par José Maria Aznar en 2000. Depuis l'été, les instituts de sondages prédisaient ce tsunami du PP, même si les estimations étaient en deçà des résultats. Plus qu'une récompense pour Rajoy, leader ambigu, sans charisme et peu apprécié (même dans ses propres rangs), ce plébiscite châtie la déplorable gestion de la crise de Zapatero et sa politique de rigueur menée depuis mai 2010, lorsqu'il a gelé les retraites et baissé les salaires des fonctionnaires. Depuis septembre, trois facteurs aggravants ont renforcé l'avantage de la droite : des chiffres du chômage en hausse, touchant 21,5% des actifs; le fait que le candidat socialiste, Rubalcaba, soit associé à l'échec d'un Zapatero déconfit; et la menace d'une mise sous tutelle du pays. L'électorat conservateur et centriste s'est mobilisé en masse, persuadé que seule la gestion de la droite, qu'il juge «sérieuse» et «responsable», peut protéger l'Espagne des attaques des marchés. On estime, en outre, que près d'un million de voix, auparavant acquises à Zapatero, sont tombées dans le giron des populares. »

Libération (France), 22 novembre 2011, p. 8.

Christian Rioux, « Sans illusions, l'Espagne choisit la droite pour affronter la crise »

«...L'éclatement du vote socialiste et la perte de quatre millions d'électeurs sont les premiers facteurs qui expliquent cette victoire décisive de la droite, le nombre de votes du PP ayant assez peu progressé depuis 2008. (...) Après le Royaume-Uni, le Portugal et la Grèce, l'Espagne est le quatrième pays européen à chasser les sociaux-démocrates du pouvoir. Malgré une dette relativement modeste, mais cinq millions de chômeurs, le pays est depuis plusieurs semaines au coeur d'une tourmente financière qui risque de l'entraîner dans la spirale infernale de la Grèce et de l'Italie. Il aura fallu trois élections pour que le mal-aimé Mariano Rajoy devienne finalement premier ministre. Hier, le quotidien de droite El Mundo le dessinait debout et fier à la proue d'un navire dont les voiles étaient en lambeaux. Le nouveau chef du gouvernement espagnol devra dès ce matin trouver les moyens de redonner confiance dans l'économie espagnole. On s'attend néanmoins à ce qu'il mène une politique plutôt consensuelle. »

Le Devoir (Québec, Canada), 21 novembre 2011, p. A1.

Gouvernance et gouvernement [ 20 novembre 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéJuan Carlos I de BourbónJosé Luis Rodríguez Zapatero

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



mars
2008
Réélection en Espagne du Parti socialiste ouvrier de Jose Luis Zapatero

mars
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2011
Élection du Parti populaire de Mariano Rajoy en Espagne

novembre
2011
[Résultats] Élections législatives

juin
2014
Annonce de l'abdication du roi d'Espagne, Juan Carlos 1er

novembre
2014
Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

septembre
2015
Élections régionales au Parlement de Catalogne

décembre
2015
Tenue d'élections législatives en Espagne

décembre
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
[Résultats] Élections législatives


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