Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

20 février 2019

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23 juillet 1974

Fin du régime des colonels en Grèce

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Constantin Caramanlis

L'intervention turque à Chypre précipite la fin du régime militaire qui dirige la Grèce depuis 1967 et le retour de l'ex-premier ministre Konstantin Karamanlis, exilé en France depuis quelques années.

La situation économique difficile de la Grèce alimente un mécontentement croissant à l'endroit du régime des colonels. En mai 1973, un complot organisé par des officiers de marine échoue. En réaction, le premier ministre Georgios Padapoulos fait proclamer la République par référendum, le 1er juin. Il destitue le roi Constantin II, en exil à Rome, que l'on accuse d'avoir trempé dans le complot. Padapoulos est renversé par une junte en novembre, mais la contestation et la répression continuent. La crise chypriote de juillet 1974 révèle l'impuissance du régime militaire qui est évincé au profit d'un gouvernement formé de civils. L'ex-premier ministre Konstantinos Karamanlis revient d'exil et reprend ses anciennes fonctions. Des élections se déroulant le 17 novembre 1974 sont remportées par le Parti Nouvelle démocratie, formation de Karamanlis qui remporte 220 sièges sur 300. Le 8 décembre, un référendum permet à la population de se prononcer sur le sort de la monarchie. Les Grecs se prononcent contre à 69 %, mettant fin aux espoirs de retour sur le trône du roi Constantin II.

Dans les médias...


Olivier Todd, «Le pari de Caramanlis»

«...Le pari de Caramanlis, c'est de se débarrasser de la dictature, sans liquider à chaud les apprentis dictateurs (...) L'ensemble de la population reste calme, maîtresse d'elle-même, et observe les consignes gouvernementales. Perplexité, calcul, ou sagesse politique ? Sans doute un mélange complexe. Qu'une rumeur circule, et on évoque immédiatement, parfois un peu vite, des «provocateurs». Cependant, la patience populaire aura peut-être des limites. Il faut quelques têtes. Et l'héritage des colonels, écrasant dans le domaine économique, l'est aussi dans tous les autres : le monde judiciaire, l'Université, la diplomatie, l'Église sont pourris, et le régime de la junte fut aussi celui des vulgaires profiteurs qui roulent toujours dans leur Mercedes. Il faudra bien, un jour, manier le scalpel (...) En attendant ces lendemains peut-être difficiles, chacun se grise d'un air au parfum oublié : celui de la démocratie.»

Le Nouvel Observateur (France), 5 août 1974, p. 31.

L.P., «Le nid de vipères»

«...L'avenir des Chypriotes proprement dits est sans doute le dernier souci des grands stratèges de la Méditerranée orientale. Et cependant, il conditionne l'état de paix ou de guerre, froide ou chaude, dans ce secteur. Un jour peut-être viendra où, l'ayant compris, des hommes politiques intègres règleront une fois pour toutes le problème en faisant de Chypre une île indépendante, neutre, totalement démilitarisée. Que l'on ne vienne pas soulever les rapports entre les deux communautés de l'île; c'est un prétexte qui n'a aucun fondement. Les Chypriotes turcs se trouveraient parfaitement à l'aise comme minorité d'un État unifié. Ce ne sont pas eux qui font obstacle à cette solution intelligente. Ce sont les Turcs du continent qui, ayant trouvé en M. Denktash un excellent porte-parole, ambitieux et opportuniste, ont fait des Chypriotes turcs des jouets dans leurs mains.»

Esprit (France), octobre 1974, pp. 584-585.

Jean-François Revel, «Une mer explosive»

«...Mieux vaut une guerre qui se termine par la chute d'une dictature que le cas plus fréquent où elle se termine par la chute d'une démocratie. D'autant que l'Europe reprend de la sorte véritablement figure civilisée depuis quelque mois. Avec la fin de l'ère salazarienne au Portugal, du régime des colonels en Grèce, ont été extirpés de notre continent -centre créateur, terre d'élection et principal exportateur des grands totalitarismes modernes- deux de ses chancres les plus honteux. Il n'est pas déraisonnable d'espérer que l'Espagne évoluera prochainement dans le sens d'une certaine démocratisation. Ainsi, la dangereuse division de l'Europe non communiste en deux mondes politiquement hétérogènes semble en voie de liquidation (...) La démocratisation du Portugal et de la Grèce, éventuellement de l'Espagne, représentera surtout une amélioration morale essentielle et mettra un terme à l'intolérable contradiction que l'existence de régimes dictatoriaux dans ces pays constituait pour les finalités même de nos sociétés.»

L'Express (France), 29 juillet au 4 août 1974, p. 43.

Éditorial

«...Turkey has clearly had the better of the calculation. The status quo was already upset when Cypriots in favor of union with Greece threw out the Makarios government. If NATO could swallow that, then it could jolly well swallow the Turkish response. While a shaky cease-fire has been arranged, it is now difficult to envision an eventual outcome that will not validate the Turkish reasoning, in effect rewarding the invasion. Of course, breaking up the status quo isn't always a bad thing, provided it's possible to get new and better arrangements. The Cyprus situation hardly looks like one of those rare occasions. No amount of fighting is likely to resolve the tension between the Greek and Turkish Cypriot communities, which is the heart of the problem. In all likelihood the best possible solution would be a return to things pretty much as they were, with the removal of Turkish troops and Athens-inspired intriguing. But it is doubtful that even this much can be achieved.»

The Wall Street Journal (États-Unis), 23 juillet 1974.

Gouvernance et gouvernement [ 23 juillet 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chypre
IntermédiaireMakarios III

Grèce
TransitionPhaidon D. GizikisKonstantinos G. Karamanlis

Turquie
ÉlevéFahri KorutürkMustafa Bülent Ecevit

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1964 - 1984



mars
1964
Arrivée des forces des Nations unies à Chypre

juillet
1974
Fin du régime des colonels en Grèce

août
1977
Décès du président de Chypre, Makarios III

novembre
1983
Proclamation de la République indépendante du nord de Chypre


Dans l'actualité


février
2018
Élections législatives en Chypre du Nord : un État en quête de paix

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2016
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mars
2008
Chypre: Entre l'Orient et l'Occident


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