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11 septembre 2005

Élection d'un gouvernement libéral-démocrate majoritaire au Japon

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jun'Ichiro Koizumi

Les élections législatives à la Chambre des représentants japonaise se soldent par une victoire majoritaire pour la coalition de droite, menée par le Parti libéral-démocrate (PLD). Il s'agit d'un premier gouvernement majoritaire au Japon depuis 1990.

Depuis l'élection du PLD, en 2003, la popularité du gouvernement demeure relativement stable auprès de l'opinion publique. La participation à l'intervention dirigée par les États-Unis en Irak suscite la controverse puisque la Constitution japonaise ne permet pas un engagement dans un conflit offensif armé. En revanche, l'attitude du premier ministre Jun'Ichiro Koizumi dans les relations sino-japonaises est perçue favorablement. Rien ne laisse cependant prévoir des élections anticipées avant le rejet du projet de loi sur la privatisation des postes. Priorité du gouvernement Koizumi, ledit projet est défait le 8 août 2005 lors d'un vote à la Chambre des conseillers, la Chambre haute de la Diète. Le jour-même, l'empereur Akihito dissout la Chambre des représentants sur la demande du premier ministre. Durant la campagne électorale qui se met en branle, les enjeux portent sur le rôle de l'État dans l'économie japonaise - notamment la question des postes - et, dans une moindre mesure, sur les problèmes socio-économiques liés aux changements démographiques. Le 11 septembre, la coalition de centre droit, avec à sa tête le Parti libéral-démocrate (296) et le Nouveau Parti Komeito (31), remporte une majorité absolue avec 327 sièges sur les 480 que compte la Chambre. Face à elle, la coalition de centre gauche - Parti démocrate du Japon (PDJ), Parti social-démocrate - subit un net recul, passant de 180 sièges, en 2003, à 120. Le chef du PDJ, Katsuya Okada, réagit à cet échec en quittant son poste le 15 septembre. La majorité obtenue donne les coudées franches au nouveau gouvernement qui sera toujours dirigé par le leader du PLD et premier ministre sortant, Jun'Ichiro Koizumi. De fait, la poste japonaise est privatisée le 1e octobre 2007. Elle deviendra le « Japan Post Holdings ».

Pour en savoir plus: Manifeste des 8 engagements du Parti libéral démocrate pour transformer le Japon

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Valérie Niquet, « Le plébiscite de Junichiro Koizumi »

«...Pour défendre ses idées, il (Koizumi) n'a pas hésité à remettre d'une manière très gaullienne sa carrière politique en jeu en en appelant « au peuple » par-dessus les partis. Il ose « parler fort » pour un Japon normalisé, mais la légitimité démocratique de sa famille est indiscutable, son grand-père, ministre des Postes dans les années 20, est un de ceux qui se sont battus pour le suffrage universel absolu. Depuis la guerre, la crainte de l'homme providentiel et du leader trop ambitieux avait interdit au système politique japonais - muni par la Constitution de 1946 de solides garde-fous - de produire autre chose que des chefs de faction habiles à négocier les jeux d'alliance internes aux appareils, sans réel souci de l'électorat et des évolutions de la société. En organisant des élections anticipées le 11 septembre, c'est ce système que le premier ministre Koizumi a voulu mettre à bas en se libérant de l'autorité du parti. Le résultat que ses partisans au PLD (Parti libéral démocrate) ont obtenu démontre qu'il a massivement gagné son pari. Au-delà des résultats, l'augmentation impressionnante de la participation dans un pays où le désintérêt pour la « politique politicienne » était régulièrement dénoncé démontre qu'il a eu raison. »

Le Figaro (France), 15 septembre 2005, p. 15.

D.B., « Le sacre ambigu de Koizumi »

«...Jouant du populisme, du néonationalisme et de son image de « réformateur », Koizumi s'est lancé dans la bataille en faisant le ménage au sein de son propre parti. Il a exploité une stature de « moderniste » face aux caciques du PLD, au pouvoir à Tokyo quasiment sans interruption depuis cinquante ans. À la place des « traîtres », il a recruté des femmes au profil médiatique, surnommées les « madonAes des réformes » par des médias qui ont fait leurs choux gras de ces péripéties électorales inédites. Mais derrière cette mise en scène théâtralisée (...) d'autres enjeux se sont mis en place, tant sur le plan intérieur qu'international. Koizumi doit dans l'immédiat se rendre cette semaine à New York pour le sommet des Nations unies. Il réitérera la demande du Japon d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité. Cette campagne, symbolique de sa volonté de renforcer l'importance politique et donc militaire de son pays, n'est pas appréciée par les voisins asiatiques dont la Chine et la Corée du Sud. Les dissensions entre Tokyo et ces pays qui furent occupés par les armées impériales nippones ont conforté les courants les plus extrémistes nippons. Koizumi a joué sur cette fibre nationaliste. Car, si officiellement l'enjeu des élections était bien l'accélération des réformes internes, la dimension internationale est loin d'avoir été absente. »

L'Humanité (France), 13 septembre 2005, p. 10.

René Beaudin, « L'inoubliable 11 septembre des Japonais »

«...Nul ne connaît l'issue de la bataille politique engagée par la privatisation. C'est une opération longue et complexe qui doit durer jusqu'en 2017. Mais peu importe l'issue de la bataille, le simple fait de l'avoir engagée est de nature à faire de M. Koizumi l'un des plus grands réformateurs du Japon d'après-guerre, en tout cas au chapitre des programmes et des intentions. M. Koizumi ne sera sans doute plus là dans 12 ans pour crier victoire ou servir de bouc émissaire en cas de réussite ou d'échec de la réforme. La tentation de faire du référendum sur la privatisation des postes un référendum sur les autres grands enjeux de l'élection d'aujourd'hui risque ainsi d'être grande. (...) La campagne électorale qui s'achève a été aussi dominée par le déclin démographique du Japon, à compter de l'an prochain, une réforme fiscale, les relations avec la Chine, la Constitution pacifiste et la politique de défense, sans cependant pour autant polariser l'électorat que la privatisation des postes. Ce sont particulièrement les trois derniers thèmes qui s'annoncent les plus explosifs et suscitent le plus d'intérêt à l'étranger. »

Le Soleil (Québec, Canada), 11 septembre 2005, p. A12.

S.A., « Japan's election : Koizumi gets his way »

«...The other challenging set of hangovers relates to Japan's public debt, and that is why Mr Koizumi's emphatic victory this week is so welcome. If he indeed steps down next September, he will scarcely be able to touch the problem before he passes the torch. Fortunately, however, many of the changes that have accelerated on his watch are starting to look irreversible. His main contribution to Japan has been to build on changes in the political system that were already under way, and to show future politicians how powerful those new tools can be if used well. Mr Koizumi has done this by building on the gradual reforms of his predecessors. These have laid the groundwork for more powerful cabinets, which should make it easier for future prime ministers to set their own agendas. He has also brought a lot of fresh blood into the LDP, and given its leaders more authority. Perhaps most important, Mr Koizumi has used this election to demonstrate to everyone, including the voters themselves, just how much the electorate has changed, and matured, over the course of Japan's dismal decade. »

The Economist (Royaume-Uni), 17 septembre 2005.

Gouvernance et gouvernement [ 11 septembre 2005 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Japon
ÉlevéAkihito (Tsugu-no-miya)Junichiro Koizumi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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[Résultats] Élections législatives

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2005
Élection d'un gouvernement libéral-démocrate majoritaire au Japon

septembre
2005
[Résultats] Élections législatives

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août
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