22 octobre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

17 mars 2009

Renversement du président malgache Marc Ravalomanana

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Marc Ravalomanana

Devenu président de Madagascar après les élections contestées de 2001, Marc Ravalomanana est contraint à la démission le 17 mars 2009 à la suite à de manifestations populaires et après avoir été abandonné par l'armée. Il est remplacé par le jeune maire de la capitale Antananarivo, Andry Rajoelina.

À la fin de 2008, le Madagascar est plongé dans une crise politique sévère. Marc Ravalomanana, successeur de Didier Ratsiraka qui a été réélu à la présidence en 2006, est confronté à une impopularité grandissante. Une des sources du mécontentement est la flambée des prix qui résulte de la récession mondiale de 2008. Les Malgaches expriment également leur colère en contestant une importante location de terres accordée au géant coréen Daewoo Logistics. Au lendemain d'une manifestation dans la capitale Antananarivo qui rassemble près de 20 000 personnes le 17 janvier 2009, les évènements se précipitent : dénonciation du régime, répression sanglante, mutinerie de l'armée. Andry Rajoelina, qui s'identifie comme le porte-parole de la grogne populaire du 17 janvier, est démis de ses fonctions de maire. La situation prend un virage décisif lorsque l'armée décide de s'allier à l'opposition. Rajoelina prend rapidement le devant de la scène. Il se hisse à la tête de la Haute Autorité de transition, se proclamant comme le nouveau chef de l'État. Soutenu par la police et la gendarmerie, il suspend le Sénat et l'Assemblée nationale. L'armée démet son chef d'état-major et appuie l'opposition. De son côté, Ravalomanana est de plus en plus isolé. Les rênes de l'État lui échappent et le face à face tourne à l'avantage d'Andry Rajoelina. Forcé d'abandonner le pouvoir, le président déchu s'exile en Afrique du Sud où il continue de se proclamer le président légitime de Madagascar. Dans le but de dénouer la crise, Rajoelina, Ravalomanana et les ex-présidents Ratsiraka et Alfred Zafy signeront un accord transitionnel en août 2009 à Maputo, en Mozambique.

Dans les médias...


Tanguy Bertheme, «L'armée malgache veut le départ de Ravalomanana»

«...Le dernier acte de la crise que traverse Madagascar se précise. Hier, à la tombée de la nuit, des soldats ont pénétré dans les bureaux présidentiels du coeur d'Antananarivo, arrachant les grilles sous les chenilles d'un char pour se faire un passage. Dans la foulée, la troupe a investi les locaux de la banque centrale voisine. Une fusillade nourrie et des explosions ont accueilli l'entrée de ces soldats, dont nul ne semblait hier soir très bien connaître ni les motivations ni les objectifs. Seule certitude, le président Marc Ravalomanana ne se trouvait pas dans le petit palais Ambohitsorohitra lors du coup de main, mais dans une autre résidence à une dizaine kilomètres de la capitale. Les insurgés ont laissé entendre qu'ils n'avaient pas l'intention d'aller plus avant dans l'immédiat. « Le palais est occupé. C'était notre mission du jour », a affirmé un colonel. Le mouvement confirme néanmoins le ralliement définitif des militaires au maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina. L'édile, 34 ans, s'oppose depuis près de trois mois au président dans un bras de fer dont l'issu ne semble plus faire beaucoup de doute. Le chef d'état-major, le colonel André Andriarijaona, a confirmé hier soir que l'armée entendait « précipiter le départ de Ravalomanana» au nom de « l'intérêt supérieur de la nation ». »

Le Figaro, (France) 17 mars 2009, p. 6.

Camille Bauer, « Intronisation TGV pour Andry Raejolina »

«...Beaucoup d'incertitudes planent sur l'avenir, à commencer par l'unité de l'armée, qui a été mise à rude épreuve par le conflit politique et générationnel qu'elle vient de traverser. La position qu'adopteront les partenaires internationaux est aussi un sujet d'interrogation, alors que la nomination de Rajoelina n'est pas conforme à la Constitution, qui prévoit qu'en cas de départ du chef de l'État, le pouvoir revient au président de l'Assemblée nationale qui doit organiser des élections dans les deux mois. La durée prévue pour la transition est une autre source d'inquiétude. Paris, qui selon l'agence Reuter aurait pourtant accordé un soutien tacite à l'opposant, a estimé hier trop long « le délai annoncé de vingt-quatre mois pour l'organisation de nouvelles élections ». Cette durée a également été critiquée par Pierrot Rajaonarivelo, dirigeant d'un des principaux partis d'opposition et proche de l'ex-président Ratsiraka, qui se présente pourtant comme un soutien de TGV. La plus grande inconnue est sans doute la personnalité du nouveau président. Son refus de négocier pendant la crise et son arrogance depuis sa nomination ne sont pas sans rappeler les dérives de son prédécesseur. »

L'Humanité (France), 19 mars 2009, p. 14.

Sébastien Hervieu, « A Madagascar, l'armée porte M. Rajoelina au pouvoir »

«...« Après mûres réflexions, j'ai décidé de dissoudre le gouvernement et de donner le pouvoir afin qu'un directoire militaire puisse être mis en place, a-t-il déclaré dans une allocution radiodiffusée. Cette décision a été très difficile et très dure, mais il fallait la prendre. C'est dans le calme et la sérénité que nous pouvons développer le pays. » Dimanche, le président (Ravalomanana) assurait encore qu'il ne céderait « jamais » aux coups de boutoir de l'opposition, qui organisait depuis plusieurs semaines des manifestations pour dénoncer l'autoritarisme et l'affairisme du chef d'État. Le conflit qui dure depuis trois mois, a fait quelque 135 morts. Réunis au siège de l'épiscopat, l'équipe d'Andry Rajoelina, les chefs d'Églises, les responsables militaires et les diplomates ont eu lecture de l'ordonnance présidentielle par l'émissaire des Nations unies, Tiébilé Dramé. Il était précisé que le « directoire militaire est présidé par le plus ancien dans le grade le plus élevé », soit le vice-amiral Hippolyte Rarison Ramaroson. Selon un témoin, M. Rajoelina a alors quitté la salle, avant d'expliquer qu'il refusait une telle décision. Le matin même, au centre-ville, le maire déchu d'Antananarivo était entré sous les vivats de milliers de partisans dans le palais d'Ambohitsorohitra, le siège du gouvernement, pris la veille par l'armée. »

Le Monde (France), 19 mars 2009, p. 6.

Éditorial, « Wave of coups »

«...Since the presidency has ended up in civilian hands, there is some question whether this was a genuine coup d'etat. But because the military made the critical calls and since the new president clearly is dependent on the military to stay in power, this action meets the test and clearly was a coup. The Madagascar coup was the fourth in Africa over the past seven months. (...) Since the independence movement hit Africa in the 1960s, many nations have been ruled by military officers who took power in coups. This receded in the 1990s when democracy grew among Africa's nations. Although democratic rule was never universally accepted, it was occasionally a pre-condition to receiving international aid. This approach by donors came to be even more prevalent when the Cold War ended and both the East and the West stopped trying to buy the allegiance of African nations. Now, the trend toward military rule may be coming back. »

The Blade (États-Unis), 21 mars 2009.

Gouvernance et gouvernement [ 17 mars 2009 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Madagascar
LimitéAndry Rajoelina Monja Roindefo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1999 - 2016



décembre
2001
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2002
[Résultats] Élections législatives

décembre
2006
[Résultats] Élection présidentielle

septembre
2007
[Résultats] Élections législatives

mars
2009
Renversement du président malgache Marc Ravalomanana

octobre
2013
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2013
[Résultats] Élections législatives

novembre
2016
Ouverture du seizième Sommet de la Francophonie


Dans l'actualité


février
2019
Madagascar : le nouveau président Andry Rajoelina tient sa revanche

février
2014
Une élection présidentielle marquante après quatre ans de crise à Madagascar

janvier
2010
Retrait de l'aide américaine à trois pays africains : choix opportun?

octobre
2009
Crise politique à Madagascar : un dénouement incertain

février
2009
Manifestation monstre à Madagascar

janvier
2007
Madagascar : un entrepreneur réélu à la présidence.


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019