Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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4 mars 2012

Élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Vladimir Poutine

C'est sans surprise que Vladimir Poutine remporte la victoire au premier tour de l'élection présidentielle russe avec 63,6%. Celui-ci redevient donc le chef de l'État après avoir effectué un mandat de quatre ans comme premier ministre, de 2008 à 2012.

La Constitution russe interdisant à un président de faire plus de deux mandats consécutifs, Vladimir Poutine ne peut être candidat à l'élection de 2008. C'est le vice-président Dmitri Medvedev, lui aussi membre du Russie unie (RU), qui lui succède alors à la tête de l'État avec 70,3% des voix. Pour sa part, Poutine devient premier ministre. L'hypothèse d'un éventuel retour de ce dernier à la présidence est fréquemment évoquée même si, pendant un temps, certains pensent que Medveded pourrait être tenté de solliciter un deuxième mandat. Les rumeurs prennent fin en septembre 2011 lorsque Poutine est confirmé candidat officiel de RU pour la présidentielle de 2012. Les législatives du 4 décembre 2011 témoignent toutefois d'une baisse de popularité de cette formation qui n'obtient que 49,3% des voix et 238 sièges sur 450, un score nettement inférieur à celui de 2007. Le mécontentement s'exprime aussi dans les rues, le mois de décembre étant ponctué par de nombreuses manifestations au cours desquelles l'approche autoritaire de Poutine est critiquée. Ce dernier remporte tout de même une nette victoire au premier tour de la présidentielle, le 4 mars 2012, avec 63,6% des votes. À sa quatrième tentative, le communiste Guennadi Ziouganov arrive deuxième, loin derrière avec 17,2% des suffrages. Le quadragénaire Mikhail Prokhorov, un multimilliardaire favorable à une plus grande ouverture vers l'Europe, plafonne pour sa part à 7,9%. L'opposition clame de nouveau son insatisfaction à l'endroit de Poutine, maintenant âgé de 59 ans. Elle dénonce notamment l'utilisation de l'appareil gouvernemental, dans le cadre de l'élection, en faveur de RU et de son candidat. Les autres pays reconnaissent tout de même la victoire du nouveau président dont le mandat sera dorénavant de 6 ans, conséquence d'une réforme adoptée en 2008.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Christian Makarian, « Le dernier exploit de Vladimir Poutine »

«...Pourquoi a-t-il encore gagné alors que son bilan engendre un mécontentement croissant ? Certains s'engouffreront dans le piège : le maître du Kremlin jouirait de la ferveur des couches populaires, sensibles à ce chef qui tient la dragée haute à l'Occident, qui dénonce les complots imaginaires ourdis contre la nation, qui vit comme un vrai Russe, qui se montre fidèle à sa patrie, à Dieu, à sa femme, et qui n'est jamais ivre... Mais il y a une autre explication, un peu plus sérieuse. Ce qui s'est produit le 4 mars ressemble à une élection, mais n'en est pas une. Il s'agit bien davantage d'un emballage électoral que d'un scrutin libre. Dans une logique implacable, Poutine a modelé les lois pour empêcher l'émergence de tout candidat crédible ; c'est si vrai que ses challengers sont devenus des professionnels de la défaite, comme s'ils étaient les associés indispensables de sa victoire. En l'absence de toute alternative digne de foi, Vladimir Vladimirovitch apparaît évidemment préférable. »

L'Express (France), 7 mars 2012, p. 64.

Benjamin Quenelle, « Le triomphe et les doutes du président Poutine »

«...Sous Poutine IV, toute réforme sera néanmoins minée par un péché originel : la Douma, qui votera ses mesures, a été élue grâce à des fraudes. Pour rétablir la légitimité du régime, Vladimir Poutine pourrait dans quelques mois dissoudre l'assemblée (remerciant au passage Medvedev et appelant Koudrine). D'ici là, les mesures de démocratisation du système parlementaire, votées la semaine dernière en première lecture, seraient adoptées et ouvriraient la porte à des partis jusque-là interdits. Mais Poutine a montré un enthousiasme ambivalent pour ces réformes lancées in extremis par Medvedev. Pareillement, sa réplique aux manifestations a été confuse, entre signaux de libéralisation (promesse de chasse aux fraudes électorales, opposition invitée à la télévision) et retour de vieux réflexes (menaces sur des médias indépendants, pressions sur des électeurs). Le nouveau président élu a semblé perdu face à cet élan de démocratie, un concept qu'il connaît mal et dont il se méfie. »

Les Échos (France), 6 mars 2012, p. 14.

S.A., « Poutine, c'est « business as usual »»

«...Les capitales européennes ratent là une opportunité d'exprimer à Poutine, sinon leur mécontentement, du moins les inquiétudes que soulèvent les conditions de sa réélection. « Personne ne doute que Poutine aurait gagné, fraudes ou non » , analyse cet expert. « Mais rien ne dit qu'il n'aurait pas dû attendre le second tour » . Le positionnement des Occidentaux vis-à-vis de Moscou aurait alors pu être influencé par la confirmation qu'il existe désormais une véritable opposition en Russie, une opposition devenue aussi évidente que l'affaiblissement de Vladimir Poutine. Mais les Européens n'ont de toute évidence pas envie de se prendre la tête. Ils comprennent mal la Russie qui le leur rend bien. Faute d'y avoir épaulé suffisamment le développement des forces démocratiques dans les années 90, ils n'ont d'autre choix que de composer avec le « tsar » qui a rendu à la Russie une partie de sa splendeur impériale. Et ces fraudes ? Un diplomate rappelle que cette pratique a cours depuis la chute de l'URSS et qu'en 1996, Boris Eltsine ne dut lui-même sa réélection face au candidat communiste Guennadi Ziouganov qu'à des fraudes massives. »

Le Soir (Belgique), 6 mars 2012, p. 9.

Mario Roy, « Le « système Poutine »»

«...Certes, le presque président à vie gouverne à la manière d'un tsar. Ou, plus exact encore, d'un despote soviétique que les années passées au KGB ont rompu aux manoeuvres politiques les plus sinistres qui soient. De fait, il fait face à une forte opposition. Celle du communiste Guennadi Ziouganov, bien sûr, arrivé deuxième et qui ne désarme pas. Et surtout celle de la « rue », qui doit à nouveau se faire entendre, aujourd'hui, dans la capitale. Cependant, il s'agit d'une opposition « moderne ». Moderne en ce sens qu'elle est celle d'une minorité instruite, bourgeoise, motivée et bruyante. Ce qui, revu et traité par l'amplificateur médiatique, fait oublier que les Russes ont probablement voté pour Poutine en nombre suffisant pour lui donner un vernis de légitimité. Pourquoi? Parce que ce peuple a beaucoup souffert longtemps avant et immédiatement après l'implosion soviétique. Parce qu'il a vu ensuite la stabilité et le progrès économique s'installer sous le nouveau tsar. Tout cela rend-il moral le « système Poutine » ? Pas du tout. Cela promet-il que la relative satisfaction populaire se perpétuera au cours des années à venir? Encore moins. S'il évolue (et c'est presque obligé) vers une gouvernance toujours plus autoritaire, si de plus (comme c'est probable) l'économie se détériore, Vladimir Poutine ne durera pas. »

La Presse (Québec, Canada), 5 mars 2012, p. A16.

Luke Harding, « Six more years to draw level with Brezhnev »

«...the Putin who returns to the Kremlin in May faces a radically different Russia from the quiescent one he has ruled for the past 12 years. Although he still enjoys support in the provinces, for the protesters who will gather today in their tens of thousands in Moscow's Pushkin Square he has become a figure of loathing and derision. Putin is well aware that the protests now shaking Russia are the most serious since perestroika. They are spearheaded by a sophisticated urban middle class, but they include all kinds of Russians fed up with the falsehoods, feudal condescension and galactic thieving that have characterised his regime. Confronted with the spectre of an Orange Revolution in Russia, Putin has two options. He can try to assuage the demonstrators with the vague promise of liberal reforms, or he can use the same lugubriously repressive KGB tactics that have served on previous occasions: black PR against key opposition figures; arrests; and the perennial libel that his enemies are traitorous western stooges and US-backed « fifth columnists ». Putin appears inclined towards the second, more thuggish, option. »

The Guardian (Royaume-Uni), 5 mars 2012.

Gouvernance et gouvernement [ 4 mars 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéDimitri MedvedevVladimir Poutine

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2007 - 2016



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décembre
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2008
Élection de Dmitri Medvedev à la présidence de la Russie

mars
2008
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2011
Réélection du parti Russie unie en Russie

décembre
2011
[Résultats] Élections législatives

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2012
Élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

mars
2012
[Résultats] Élection présidentielle

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Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

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Chute importante du prix du baril de pétrole

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Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

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Réélection en Russie du parti Russie unie

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[Résultats] Élections législatives


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