Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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6 mai 2012

Élection de François Hollande à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Hollande

Le socialiste François Hollande remporte l'élection présidentielle en défaisant le président sortant Nicolas Sarkozy au second tour. Hollande obtient 18 004 656 votes (51,6 %) contre 16 865 340 (48,4 %) pour son adversaire.

En mai 2011, les socialistes français voient le favori pour les représenter à la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn, écarté à la suite d'accusations d'agression sexuelle. Ce retrait pave la voie à la victoire de l'ex-secrétaire général du parti, François Hollande, lors des primaires qui se déroulent en octobre 2011. Ce dernier est nez à nez dans les sondages avec le président Nicolas Sarkozy, en quête d'un deuxième mandat. Les deux hommes dominent le premier tour, le 22 avril, avec respectivement 28,6 % et 27,5 %. Ce scrutin est marqué par quelques surprises dont les 17,9 % de Marine Le Pen, sommet historique au premier tour pour un candidat du Front national, et le faible score du centriste François Bayrou (9,1 %). En campagne pour le second tour, Hollande dénonce le bilan économique du président sortant et se présente comme le plus susceptible de rassembler les Français. Il a l'appui de Bayrou, de Jean-Luc Mélenchon du Front de gauche et de la plupart des candidats du premier tour, alors que Marine Le Pen annonce qu'elle votera blanc. De son côté, le président Sarkozy évoque le difficile contexte de la crise et met l'accent sur ses actions à l'internationale, notamment pour atténuer les turbulences de la zone euro. Il attaque aussi son rival et certains de ses engagements qu'il considère irréalistes, comme sa politique sur le nucléaire, des embauches massives dans l'éducation ou la remise en question de l'austérité budgétaire. Le 6 mai, les Français tranchent. Ils votent à plus de 80 % et élisent François Hollande avec 51,6 % des voix. Celui-ci devient le deuxième socialiste, après François Mitterrand, à devenir président sous la Ve République. Sarkozy accepte pour sa part de porter « toute la responsabilité de cette défaite ». Cette victoire est saluée par un grand rassemblement à Paris. L'orientation que le nouveau président donnera à la politique française reste cependant sujette à de nombreuses analyses, d'autant plus qu'une nouvelle lutte s'engage en prévision des législatives de juin.

Pour en savoir plus: Discours du nouveau président élu de la France

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Catherine Dubouloz, « François Hollande, petit à petit »

«...« Je corresponds à un moment », estime François Hollande, selon qui « toutes les conditions étaient réunies pour l'emporter ». Le nouveau président a en effet construit sa campagne comme antithèse du sarkozysme et il a mis en avant les traits de sa personnalité qui contrastent le plus avec ceux du chef de l'État sortant. Qu'il s'agisse de leur caractère, de leur rapport au pouvoir, de leurs idéaux politiques, tout oppose les deux hommes. Élu de la France rurale, François Hollande a un côté notable de province, il cultive son côté « normal ». On critique sa fadeur, sa bonhomie, il en fait une force, face à l'hyper-président des riches, agressif et parfois brutal. « Il ne fait pas du rapport de force l'alpha et l'oméga des relations en politique. Il est le contraire de cela », explique Bruno Le Roux, qui l'a rencontré à l'Assemblée nationale en 1997 et a tout de suite pensé « qu'il était le meilleur ». Le député de Corrèze se sert de la force de ses adversaires pour mieux les combattre et c'est notamment en cela qu'on le compare à un judoka. »

Le Temps (Suisse), 7 mai 2012.

Céline Rouden, « François Hollande élu, une page se tourne »

«...Jamais en effet, un homme (Sarkozy) n'aura autant suscité d'espoirs et de déceptions dans un temps aussi court. Certes l'ancien président subit la bourrasque électorale qui a balayé tous les gouvernements européens en place depuis le déclenchement de la crise financière en 2008. La « rupture » et le « volontarisme politique » promis en 2007 se sont peu à peu échoués sur les récifs du « mur de la dette » et de la gouvernance de la zone euro. Mais il paie également un style - l'hyperprésidence - et un ton qui ont tout d'abord séduit les Français avant de les lasser. Nicolas Sarkozy, dont l'impopularité atteignait des sommets avant même son entrée en campagne, aura pourtant tout tenté pour rattraper son retard sur François Hollande et reconquérir les électeurs qui avaient contribué à sa large victoire de 2007. Mais le poids du bilan, une campagne sans grande cohérence, et la course finale aux électeurs du FN auront sans doute davantage dérouté que mobilisé les indécis. « Je porte toute la responsabilité de la défaite et je devrais en tirer toutes les conséquences », a expliqué hier soir Nicolas Sarkozy, précisant qu'il redeviendrait « un Français parmi les Français ». »

La Croix (France), 7 mai 2012, p. 2.

Nathalie Nougayrède, « Le mystère Hollande face à l'empreinte Sarkozy »

«...Quelle vision du monde François Hollande porte-t-il ? Quelles valeurs, quels impératifs, dicteraient sa gestion du « domaine réservé » ? Bien malin qui pourrait répondre, tant ces thèmes ont peu figuré dans la campagne électorale, et tant le candidat de la gauche s'est abstenu de livrer une analyse des grands enjeux de la planète et de la place de la France. Comme si l'essentiel, dans ce scrutin, ne se jouait pas sur les lointains horizons, mais sur les préoccupations hexagonales : un pays dans la crise financière européenne, tenté par le repli sur soi... Le grand dossier « extérieur » de François Hollande est à forte composante « intérieure » : la crise de l'euro, sur laquelle son message principal est la renégociation du pacte budgétaire. (...) Sur des sujets majeurs comme le nucléaire iranien, la Syrie, les relations avec le monde arabe, la défense des droits fondamentaux, le lien avec les États-Unis, les défis - y compris sécuritaires - posés par la Chine, les rapports avec les grands émergents, la relation avec une Russie difficile... sur tous ces éléments, les prises de position ont été succinctes voire inexistantes. On cherche en vain un propos saillant, ou un raisonnement approfondi. Novice en politique étrangère car n'ayant exercé aucune fonction gouvernementale, François Hollande n'est pourtant pas ignorant en la matière. Simplement, il a opté pour un profil bas, jugeant que l'électorat ne l'attendait pas là. »

Le Monde (France), 7 mai 2012, p. PEH3.

Mario Roy, « Le nouveau monarque »

«...Outre ses erreurs de gouvernance, et elles sont nombreuses, Nicolas Sarkozy a toujours eu un problème d'image, surmonté en 2007 par une sorte de miracle. Cette fois-ci, après cinq ans de présence quotidienne aux nouvelles de 20h et aux Guignols de l'info, il n'y est pas parvenu. Les Français aiment un monarque qui, en aucun cas, ne saurait s'exclamer: « Casse-toi, pauv' c...». Ou porter un chandail du NYPD en joggant dans Central Park... Anecdotique? Oh non! François Hollande, justement, n'est pas fait de ce bois-là. Le débat télévisé d'il y a une semaine a même révélé un homme plus sûr de lui qu'on ne croyait, mitterrandien dans sa tenue et sa gestuelle, insoupçonnable de la moindre familiarité malvenue. Il lui appartient maintenant d'être ce nouveau monarque, certes, mais dont les pieds devront être bien campés dans le possible et dans le réel. »

La Presse (Québec, Canada), 7 mai 2012, p. A20.

Pierre Haski, « Hollande has '45 days to succeed »

«...Expectation is high in the country, although Hollande made sure he made no extravagant promises, even if those he had already made sounded extravagant in an era of eurozone crisis and debt reduction dogma. French voters supported the candidate who promised to avoid the all-austerity programme Sarkozy had committed himself to. Part of the success or failure of the newly elected president will be played out in Europe, where a socialist French president will be an oddity in a conservative-led EU. Hollande raised disdain from Sarkozy when he claimed, in January, that he would renegotiate the European budgetary pact to include a growth component. Since then, the tone has changed, and growth is again on the EU's agenda. Hollande's task will be easier, even if Angela Merkel, the German chancellor who supported Sarkozy's re-election bid, will not be an easy partner for the new French leader. « Merkozy » will not turn overnight in « Merkollande ». »

The Guardian (Royaume-Uni), 7 mai 2012.

Gouvernance et gouvernement [ 6 mai 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéNicolas SarkozyFrançois Fillon

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2007 - 2016



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2007
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2007
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mai
2007
Élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française

juin
2007
[Résultats] Élections législatives

mai
2011
Arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York

avril
2012
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2012
Élection de François Hollande à la présidence de la République française

juin
2012
Élection d'une majorité de gauche aux législatives en France

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

mai
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Début des élections législatives au Parlement européen

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Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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