Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 février 2019

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novembre 1989

Élection d'un gouvernement du Front national en Inde dirigé par V. P. Singh

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rajiv Gandhi

Le Front national, une coalition de partis dirigée par V.P. Singh du Janata Dal, obtient une majorité à la Lok Sabah et défait le gouvernement sortant du Parti du Congrès de Rajiv Gandhi. Il s'agit d'un cuisant échec pour cette formation qui avait remporté la plus forte majorité de l'histoire politique indienne lors des législatives précédentes, en 1984.

Peu après l'assassinant de la première ministre Indira Gandhi, son fils Rajiv mène le Parti du Congrès à une victoire écrasante lors des législatives de 1984. Son mandat s'avère difficile avec la montée du terrorisme au Punjab et l'intervention d'une force de paix au Sri Lanka. Mais l'administration Gandhi est surtout secouée par le dévoilement d'une affaire de pots-de-vin versés à des membres du parti et du gouvernement par l'entreprise d'armements Bofors qui décroche un contrat faramineux. Plusieurs partis se regroupent à l'intérieur d'un Front national dont le pilier est le Janata Dal, dirigé par V.P. Singh. Ex-ministre des Finances et de la Défense dans le cabinet Gandhi, celui-ci a été évincé du cabinet en avril 1987. Il cherche depuis à rallier l'opposition en prévision des législatives que le premier ministre déclenche peu avant l'échéance, en novembre 1989. Le Parti du Congrès s'écroule, ne faisant élire que 191 députés sur les 545 que compte la Lok Sabha. Singh et le Janata Dal obtiennent de leur côté 143 sièges et ont l'appui d'environ 140 autres élus dont ceux du Bharatiya Janata Party, de droite, et du front de gauche qui refusent toutefois de participer au gouvernement. C'est la deuxième fois depuis l'indépendance que le Parti du Congrès est écarté du pouvoir et la première que l'Inde a un gouvernement minoritaire. Lors de son assermentation, le premier ministre Singh parle de restaurer la dignité du pays et des institutions démocratiques ainsi que d'aider davantage les régions rurales. Son accession à la tête du gouvernement est cependant contestée par Chandra Shekhar, son rival au sein du Janata Dal. Des divisions, menant au départ de Shekhar et de dizaines de députés, entraîneront la création d'un nouveau parti, le Samajwadi Janata Party, et le renversement de Singh en 1991. Le Parti du Congrès reprendra le pouvoir en 1991, mais sans Rajiv Gandhi assassiné en mai de la même année.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Laurent Zecchini, « L'échec de Rajiv Gandhi »

«...Autoritaire, M. Gandhi n'a pas su tenir son gouvernement à l'écart des scandales, ménager l'électorat rural ou prévenir l'exaspération de tensions religieuses toujours à fleur de peau. Il a ainsi donné l'impression qu'il ne dominait plus la situation, et des manoeuvres de dernière heure n'y ont rien changé. Le succès électoral d'une formation hindouiste, le BJP, qui se retrouvera en position d'arbitre au sein du prochain Parlement, souligne cet échec du premier ministre, qui n'a pas su davantage retenir de nombreux votes musulmans. L'UNION indienne entre dans une phase difficile de gouvernement. Les projets de société cèdent le pas aux appétits de pouvoir et à la quête toujours délicate d'un équilibre entre le centre et la périphérie. Pour succéder, s'il le faut, à M. Gandhi, aucune personnalité ne se dégage encore véritablement, même quand M. V.P. Singh, son principal adversaire, peut se réclamer d'avoir réussi à démythifier l'héritier d'Indira Gandhi, au moins temporairement. Car rien ne permet encore de parier sur la mise à l'écart prolongée d'une dynastie qui, pour l'essentiel, a géré l'Inde depuis l'indépendance en 1947. »

Le Monde (France), 28 novembre 1989.

Jooneed Khan, « L'Inde sans majorité »

«...(Rajiv Gandhi) Sa formation de pilote, son image de « Monsieur Net » et sa réputation de technocrate modernisateur aidèrent à prolonger l'état de grâce de ses premières années au pouvoir. Mais son inexpérience face aux barons du Congrès, la « culture de patronage et de corruption » propre à ce quasi-parti unique, son inaction dans le massacre de sikhs après l'assassinat de sa mère, l'incohérence de sa politique face aux terrorismes sikh au Punjab et tamoul au Sri Lanka, la montée des forces centrifuges, et surtout son implication dans le scandale Bofors - le vendeur d'armes suédois lui aurait versé 60 millions$ sur un contrat de 1,7 milliard$ - ainsi que l'engagement « hindouiste » croissant du parti expliquent qu'une majorité d'Indiens ait voté « contre Rajiv Gandhi et le régime du Congrès ». L'électorat n'a pas opté cependant pour un camp précis. Il a plutôt engagé l'Inde sur la voie d'une instabilité qui pourrait s'avérer salutaire pour la démocratie, à condition que le Parti du congrès en tire les leçons qui s'imposent - comme ce fut le cas entre sa défaite de 1977 et son retour au pouvoir en 1980. »

La Presse (Québec, Canada), 28 novembre 1989, p. A16.

Ron Moreau, Sudip Mazumdaz, « The End of a Dynasty »

«...Veteran political observers said the real challenges still lay ahead, and few were willing to predict that Singh and his shaky coalition could muster the strength to meet them. Singh himself is said by some to lack the toughness he will need to deal with his many rivals in the National Front - and the National Front, which can hardly be said to have won an electoral mandate, is likely to confront big problems in its parliamentary alliances with the Communists and the Hindu fundamentalists of the Bharatiya Janata. The new government is likely to continue India's traditional neutralist stance in foreign policy, and Singh will almost certainly end Gandhi's disastrous military intervention in strife-torn Sri Lanka. But few observers think the coalition will be able to make good on his promise to help the poor. « I'm afraid a minority government cannot be expected to make hard economic decisions, » one leading journalist said. »

Newsweek (États-Unis), 11 décembre 1989, p. 60.

Gouvernance et gouvernement [ 0 novembre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Inde
IntermédiaireRamaswamy Iyer VenkataramanRajiv Gandhi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 1994



octobre
1984
Assassinat de la première ministre indienne Indira Gandhi

décembre
1984
Tragédie industrielle à Bhopal, en Inde

décembre
1984
[Résultats] Élections législatives

novembre
1989
Élection d'un gouvernement du Front national en Inde dirigé par V. P. Singh

novembre
1989
[Résultats] Élections législatives

mai
1991
Assassinat de l'ex-premier ministre indien Rajiv Gandhi

juin
1991
[Résultats] Élections législatives


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