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15 octobre 2007

Ouverture du XVIIe Congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hu Jintao

À la tête du Parti communiste chinois (PCC) depuis 2002, Hu Jintao élabore le concept de « développement scientifique » qui est intégré à la Constitution du parti. Il y défend l'idée que la croissance économique doit s'accompagner d'une préoccupation marquée pour l'environnement et les problèmes sociaux.

La Chine poursuit sa fulgurante progression économique avec un taux de croissance impressionnant de 11% en 2007. Lors du XVIIe Congrès du PCC, le secrétaire général Hu Jintao se réjouit de cette performance. Mais il reconnaît aussi un certain mécontentement dans la population face à l'inégalité des revenus, une situation qu'il compte améliorer en éliminant la pauvreté sévère et en quadruplant le revenu par habitant au cours des prochaines années. Le PCC amende également sa Constitution afin d'inclure le concept de « développement scientifique », élaboré par son leader, qui rappelle l'importance d'une croissance économique tenant compte de l'environnement et des problèmes sociaux. Sur le plan politique, Hu Jintao a évoqué avant le Congrès la possibilité d'ouvertures démocratiques, mais à un rythme approprié. On assiste d'ailleurs à un contrôle plus sévère de l'Internet dans les mois précédant cette rencontre quinquennale, ce qui place la Chine dans la mire des critiques s'opposant à la présentation des Jeux olympiques de 2008 à Beijing. Lors du XVIIe Congrès, on rappelle le rôle central que doit jouer le PCC dans toute réforme politique qui pourrait être envisagée. À un autre niveau, des changements au sein des instances de l'armée et du PCC laissent les analystes sous l'impression que Hu Jintao raffermit son influence. En prévision de son départ, en 2012, de nouveaux aspirants commencent aussi à se positionner pour sa succession. La presse occidentale accorde une importance particulière à deux nouveaux membres du Comité permanent qu'elle perçoit comme les favoris. Il s'agit de Li Keqiang, un protégé de l'actuel secrétaire général, et de Xi Jinping, un des visages les plus connus de ce que l'on appelle déjà la cinquième génération de leaders du PCC.

Pour en savoir plus: Rapport présenté au XVIIe congrès du Parti communiste chinois

Dans les médias...


Bruno Philip, « Le PC chinois à la recherche de l'« harmonie sociale »

«...L'insistance mise par le numéro un chinois sur les excès de la croissance tranche nettement avec le discours de son prédécesseur, Jiang Zemin, dont certains partisans continuent de jouir d'une certaine influence : si M. Jiang était un partisan de la croissance à tous crins, M. Hu est conscient que les succès enregistrés au plan économique ne suffisent pas à lancer le pays sur la voie « de la prospérité moyenne » qui constitue une perspective de développement à l'horizon 2020. En mettant l'accent sur les nécessités du développement d'un marché interne de consommation, qui est encore balbutiant, le chef du PCC a laissé entendre que les investissements et l'exportation ne peuvent à eux seuls assurer un développement « harmonieux et scientifique ». Il a annoncé que le PNB par tête devrait être quadruplé, précisément d'ici à 2020. Au plan politique, Hu Jintao a affiché la prudence qui le caractérise, annonçant des « restructurations » et appelant à plus de démocratie, notamment à la base, tout en prévenant qu'il s'agit de « maintenir une orientation politique correcte ». En clair, à l'heure où certains intellectuels « libéraux » du parti poussent à la démocratisation et à une plus grande ouverture, le président rappelle, comme l'a souligné le porte-parole du congrès, que la Chine ne se transformera pas en un système démocratique à l'occidentale. »

Le Monde (France), 16 octobre 2007, p. 4.

Frédéric Koller, « Pourquoi la Chine nous concerne »

«...À l'égal des puissances européennes, disparates, la Chine compte désormais négocier sa puissance, marchander ses soutiens, forger ses alliances. Washington, mieux que quiconque, en a pris conscience. Et ce n'est pas forcément un mal. L'affirmation du pouvoir de Hu Jintao, la sélection de son dauphin - enjeux majeurs de ce congrès - n'ont dès lors plus rien d'anecdotique. Ce qui se décide aujourd'hui à Pékin a forcément un écho planétaire. Mais une autre raison, plus cruciale, devrait attirer notre attention sur ce congrès. Alors que la Chine s'inscrit de plain-pied dans la globalisation imposée par l'Occident, elle compte bien affirmer son contre-modèle de modernité: au « consensus de Washington » (le marché accoucheur de la démocratie), la Chine oppose désormais son « consensus de Pékin », c'est-à-dire un capitalisme autoritaire et durable. C'est l'un des paris de ce congrès et du PCC, qui n'a nulle intention d'évoluer vers un multipartisme toujours associé par le pouvoir au chaos. C'est un contre-modèle séduisant pour nombre d'États despotiques irrités par les pressions occidentales. C'est aussi un vrai défi pour le monde démocratique. »

Le Temps (Suisse), 15 octobre 2007.

Éric Desrosiers, « La marche du canard chinois »

«...La croissance chinoise ne cesse de creuser le fossé qui sépare les riches et les pauvres. Pendant que s'entassent de rutilants gratte-ciel dans les grands centres urbains, 40 % des villes et villages chinois n'ont toujours pas accès à l'eau courante. (...) La colère des laissés-pour-compte gronde de plus en plus fort, particulièrement dans les campagnes où vit encore aujourd'hui 60 % de la population. Le régime ne s'y trompe pas. Il reconnaît dans cette colère la vraie menace qui pourrait tout faire capoter. Il promet désormais de viser l'instauration d'une « société harmonieuse ». Il multiplie les annonces de réformes, notamment du système de santé et d'éducation. Le Parti communiste reconnaît depuis peu le droit de propriété, mais ce changement a toutefois surtout permis à la nouvelle classe moyenne d'accaparer le parc immobilier des villes, alors que les agriculteurs peuvent encore être chassés de leurs terres par le premier promoteur industriel venu. Pour montrer son ouverture d'esprit, Pékin accepte même que certaines discussions publiques se tiennent sur une question aussi délicate que la démocratie. Mais il ne faut pas rêver. Le régime chinois n'est pas fou et n'a pas l'intention de laisser les commandes du pays à quiconque. En même temps qu'il fait des gestes d'ouverture, il sert la vis à ceux qui osent dénoncer le système. »

Le Devoir (Québec, Canada), 15 octobre 2007, p. b3.

Joseph Kahn, « Developments at party congress reinforce Hu Jintao's grip on power »

«...Zeng's retirement may prove a mixed blessing to Hu. Zeng is considered the most powerful party official after Hu himself, and his retirement allows a new, younger official to manage the ruling party's day-to-day affairs as head of its secretariat. But Zeng commands considerable clout within the party, especially among officials whose parents, like Zeng's, ran the party in earlier generations. Though he had reached the nominal leadership retirement age of 68, he was not viewed as having come under heavy pressure to step aside. Whether Hu and Zeng struck a deal to bring about his departure, and whether any such arrangements would result in the promotion of people close to Hu, remained unclear. The final outcome could make a significant difference in determining how solidly the new leadership unites behind Hu, who remains the unquestioned No. 1 leader but has not been able to govern as decisively as Mao, Deng Xiaoping or even Jiang. Hu has sought to tame the country's frothy and often unruly economy, to narrow the wide gap between rich and poor, and to address a worsening environmental crisis. But he has also pledged to keep growth rates high, and his rhetoric is not always translated into concrete policies. »

International Herald Tribune (France), 21 octobre 2007.

Gouvernance et gouvernement [ 15 octobre 2007 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleHu JintaoWen Jiabao

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2002 - 2016



novembre
2002
Ouverture du XVIe Congrès du Parti communiste chinois

mars
2003
Alerte au SRAS par l'Organisation mondiale de la santé

octobre
2003
Première mission chinoise envoyant un homme dans l'espace

octobre
2007
Ouverture du XVIIe Congrès du Parti communiste chinois

mars
2008
Montée de la violence dans les rues de Lhassa au Tibet

août
2008
Ouverture des Jeux olympiques de Beijing

novembre
2012
Ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

septembre
2014
Mouvement de protestation populaire à Hong Kong

octobre
2015
Fin de la politique de l'enfant unique en Chine


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