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1 juillet 2012

Élection d'Enrique Pena Nieto à la présidence du Mexique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Enrique Pena Nieto

Après avoir mené dans les sondages réalisés au cours de la campagne, Enrique Pena Nieto du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) est élu président du Mexique. Il obtient 39,2% des voix valides contre 32,4% pour son principal rival, Andres Manuel Lopez Obrador du Parti de la Révolution démocratique (PRD).

En 2006, Felipe Calderon du Parti Action nationale (PAN), de centre droit, avait accédé à la présidence dans la controverse à la suite d'un vote très serré. Celui qu'il avait défait à cette occasion, Lopez Obrador, s'était même proclamé symboliquement le « président légitime » pour marquer son opposition aux résultats. Selon la Constitution, Calderon ne peut se présenter de nouveau au terme de son mandat de six ans. Pour faire la lutte en 2012, le PAN choisit l'économiste Josefina Vazquez Vota, première femme candidate pour une des grandes formations aspirant à la présidence du Mexique. Face à elle, on retrouve Lopez Obrador et Enrique Pena Nieto du PRI, une formation de centre gauche. Ex-gouverneur de l'État de Mexico de 2005 à 2011, ce dernier prend la tête dans les sondages réalisés au début de la campagne, ce qui le place dans la mire de l'opposition. Son bilan est scruté et ses liens avec les médias dénoncés par des étudiants protestataires qui considèrent qu'il fait l'objet de favoritisme dans les médias. Les inégalités économiques, la corruption et la sécurité sont également au coeur des débats, les candidats y allant de leurs propositions afin d'intervenir plus efficacement contre les narcotrafiquants et la violence qu'ils engendrent, un problème qui mine le pays. Malgré un resserrement dans les sondages, c'est finalement Pena Nieto qui l'emporte avec 39,2%, devançant Lopez Obrador (32,4%) et Vazquez Vota (26,1%). C'est donc un candidat du PRI, qui a dominé la politique mexicaine de 1929 à 2000, qui revient à la présidence après une éclipse de 12 ans. Le 1er juillet 2012 est également marqué par des élections législatives servant à déterminer les 500 députés de la Chambre basse, 300 à la majorité simple et 200 selon une proportionnelle. C'est encore une fois le PRI qui arrive en tête.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Patrice Gouy, « Au Mexique, Pena Nieto signe le grand retour du PRI »

«...Il (Pena Nieto) ne doit pas sa victoire à un programme de gouvernement, mais plutôt à une conjoncture très favorable : un électorat fatigué par l'impuissance et la corruption de la droite, usée par douze ans de pouvoir, et peu convaincu par les partis de gauche qui se sont agglutinés autour d'Andres Manuel Lopez Obrador pour des raisons plus électoralistes qu'idéologiques. Ni la droite ni la gauche n'ont su séduire une société civile désireuse d'être prise en compte. Enrique Pena Nieto s'est tranquillement installé au centre, proposant « un gouvernement efficace et une démocratie avec des résultats » jouant sur la croyance que le parti de l'ancien régime savait mieux administrer le pays que ses adversaires. Les Mexicains ont sanctionné Felipe Calderón qui n'a pas réalisé la transition démocratique qu'ils réclamaient et qui, avec sa guerre contre les cartels, a entraîné le pays dans une spirale de violence qui a fait 60 000 morts et 12 000 disparus. À gauche, le radicalisme d'Andres Manuel Lopez Obrador a effrayé une grande partie des classes moyennes. »

La Croix (France), 3 juillet 2012, p. 9.

Emmanuelle Steels, « Enrique Pena Nieto remporte la présidentielle »

«...Cible de manifestations étudiantes durant les dernières semaines de campagne, Pena Nieto a dû se défendre de n'être qu'un produit médiatique. Dans le sillage des protestations, le journal britannique The Guardian publiait une enquête sur les contrats secrets signés entre le candidat du PRI et Televisa, le plus grand groupe médiatique hispanophone, pour promouvoir l'image du politicien et dénigrer ses adversaires. Les milieux intellectuels lui reprochent d'occulter son manque d'idées derrière un verbiage ampoulé. « Il s'est formé pour être président, il voulait en arriver là. Mais il est creux », exprime l'écrivain Marta Acevedo à la sortie d'un bureau de vote dans le sud de Mexico. Mais Pena Nieto s'est forgé l'image d'un politicien qui respecte ses engagements: en tant que gouverneur, il se vantait d'avoir concrétisé les 608 promesses qui figuraient à son programme. Le journaliste Jenaro Villamil, qui a enquêté sur la carrière politique fulgurante de Pena Nieto, estime que c'est un show orchestré par les télévisions: « La promotion des travaux réalisés par Pena Nieto dans l'État de Mexico a coûté plus cher que la réalisation des travaux eux-mêmes », prétend Jenaro Villamil. »

Le Temps (Suisse), 3 juillet 2012.

François Brousseau, « Régression mexicaine »

«...Le succès électoral du PRI est dû à la fatigue des 12 années du PAN, le Parti d'action nationale (de droite) qui avait, en 2000, reçu des électeurs la responsabilité historique de l'alternance, dans un pays qui sortait de 71 années consécutives d'un seul parti, surnommé « la dictature parfaite » par l'écrivain Mario Vargas Llosa. Mais le PAN, brutalement évincé aujourd'hui - sa candidate Josefina Vázquez Mota n'obtient que 26 % des suffrages - a fatigué et déçu les Mexicains. Sur le plan économique, malgré les 5 ou 6 % de croissance annuelle depuis qu'il est là (hormis une forte récession en 2008-2009), ce gouvernement n'a pas atténué l'impression d'une société dure, injuste et inégalitaire, avec une élite hautaine, coupée du peuple. Et sur le plan sécuritaire, le jugement est sévère sur la « guerre au narcotrafic » du président sortant Felipe Calderon, dont on retiendra surtout les 50 000 morts violentes et les violations des droits commises - chemin faisant - par l'armée. »

Le Devoir (Québec, Canada), 3 juillet 2012, p. B1.

S.A., « Mexico Will Not Return to 3RD World Foreign Policy »

«...President-elect Enrique Pena Nieto is likely to step up his country's activism in Latin American affairs, where it has been completely overshadowed by Brazil in recent years. That's in the political DNA of his Institutional Revolutionary Party (PRI), which has ruled Mexico for much of the past century. The big question is whether he will do it by revamping Mexico's ties with Brazil, Cuba and other left-of-center governments in the region, or - on the contrary - he will try to play a more active role in the newly-formed Alliance of the Pacific Alliance group made up of Mexico, Colombia, Peru and Chile, which has closer trade ties with Washington. Pena Nieto gave few hints of his foreign policy plans during the campaign. The PRI has a long tradition of supporting Cuba and other Third World causes, largely as a way to keep its leftist wing happy while it pursued pro-business economic policies. But well-placed PRI politicians and some of the president-elect's top foreign policy advisers say that Pena Nieto is a pragmatist whose foreign policy will be strictly focused on economic goals. »

The Miami Herald (États-Unis), 4 juillet 2012.

Gouvernance et gouvernement [ 1 juillet 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mexique
IntermédiaireFelipe Calderon

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2007 - 2016



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2009
Confirmation d'une pandémie de grippe A (H1N1) par l'OMS

juillet
2009
[Résultats] Élections législatives

juillet
2012
Élection d'Enrique Pena Nieto à la présidence du Mexique

juillet
2012
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
2012
[Résultats] Élections législatives


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