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8 novembre 2012

Ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hu Jintao

Plusieurs changements marquent le XVIIIe congrès du Parti communiste chinois (PCC), dont la fin du mandat du secrétaire général Hu Jintao qui est remplacé par Xi Jinping. Selon les observateurs, la nouvelle équipe en place, qui compte beaucoup d'éléments conservateurs, ne devrait toutefois pas procéder à de grands bouleversements.

Dans le discours d'ouverture du congrès, Hu Jintao aborde la question des réformes à faire, mais réaffirme le rôle central que le PCC doit continuer de jouer. Il parle aussi d'un nouveau modèle de croissance économique à adopter et s'attarde sur la grave menace que pose la corruption. Le sujet n'est pas nouveau, mais il a une résonance particulière à la lumière du scandale de Bo Xilai. Ce membre influent du PCC est tombé en disgrâce pour des histoires d'enrichissement personnel et d'écoute illégale. De plus, sa femme a été reconnue coupable du meurtre d'un consultant britannique qui aurait agi comme intermédiaire auprès de contacts occidentaux. Le départ de Hu Jintao et du premier ministre Wen Jiabao, après 10 années au pouvoir, ainsi que le remplacement de plusieurs membres du Comité central laissaient présager à plusieurs la possibilité d'un virage marqué au sein du PCC. Le nouveau venu au poste de secrétaire général, Xi Jinping, et le futur premier ministre Li Keqiang sont toutefois considérés comme des nationalistes affirmés et des réformistes prudents. Ceux qui siègent avec eux sur l'influent Comité permanent, ramené de 9 à 7 membres, sont pour leur part qualifiés en majorité de conservateurs. Cette situation en incite plusieurs à penser que le contexte ne sera pas propice à des réorientations en profondeur, particulièrement sur le plan des ouvertures politiques. Un autre indicateur est la tenue à l'écart du Comité permanent de Wang Yang, perçu comme un des hommes susceptibles de promouvoir des réformes politiques significatives. En revanche, l'âge avancé de certains membres de ce comité ouvre la porte à un changement de la garde en 2017, année du prochain congrès.

Dans les médias...


Jean-Pierre Cabestan, « Et après le 18e congrès en Chine ? »

«...Le Congrès, son unanimisme de façade, l'opacité de son fonctionnement et le rapport très jargonneux qu'y a présenté l'ancien et terne numéro un Hu Jintao, toute cette pompe officielle s'est révélée plus que jamais comme appartenant à une autre époque, mettant au jour le fossé qui s'est irrémédiablement creusé entre le pouvoir et la société. Certes, une fois intronisé, Xi Jinping a tenté de se montrer moins idéologique, adoptant un langage simple et compréhensible par tous. Mais dans l'aréopage des sept membres du comité permanent du Bureau politique qu'il nous a présenté, quatre sont des fils de prince (outre lui-même, Zhang Dejiang, Yu Zhengsheng et Wang Qishan) et au moins cinq sont proches non pas de Hu mais de son prédécesseur Jiang Zemin (86 ans), mettant en lumière l'influence persistance des patriarches du régime et par conséquent l'échec de toute institutionnalisation. Seul Li Keqiang, le futur premier ministre, et peut-être Liu Yunshan, le nouveau chef du secrétariat central du PC et de l'idéologie, doivent leur promotion à Hu. Et cela ne signifie en rien qu'ils sont plus réformistes. »

Le Figaro (France), 20 novembre 2012, p. 16.

Caroline Puel, « La stupéfiante odyssée de l'empereur Xi »

«...des dominantes émergent de la carrière et des choix de vie de Xi Jinping : une conviction dans les réformes et l'ouverture, notamment en direction de Taïwan, une sensibilité aux questions d'environnement, un fort pragmatisme économique, une compréhension des problématiques de l'entreprise privée et de la finance, une ligne ferme à l'égard des investisseurs étrangers, avec l'application du principe de réciprocité, et, pour le style, une capacité au consensus et d'adaptation aux circonstances. Xi Jinping a ainsi choisi de ne pas réagir aux accusations d'enrichissement de sa famille révélées par l'agence Reuters en juin. Aucun document n'a permis de prouver qu'il était directement concerné, mais le dauphin a préféré faire le dos rond. « C'est la première fois que nous sommes en possession d'autant d'éléments sur un futur numéro un chinois, relève Kerry Brown, directeur du centre de recherches sur la Chine de l'université de Sydney. Cette volonté de donner à Xi Jinping un visage plus humain que ses prédécesseurs signale que l'on peut s'attendre à une autre gouvernance. » Mais ce cursus, en apparence sans faute, dans l'administration rouge lui permettra-t-il de répondre aux demandes de l'opinion chinoise pour une justice indépendante, davantage de liberté d'opinion et de qualité de vie, sans parler des pressions internationales ? Dans le contexte très tendu qui attend la Chine, les premiers mois du mandat de Xi Jinping seront déterminants. »

Le Point (France), 15 novembre 2012, p. 74-78.

Frédéric Koller, « Le nouveau maître de la dictature chinoise »

«...Au terme d'un processus sélectif dont l'opacité et les intrigues n'ont rien à envier à l'élection d'un pape, Xi Jinping, 59 ans, préside à la destinée de la deuxième puissance économique mondiale. Il est plus précisément, comme le dit le parti, le noyau dur de la cinquième génération de dirigeants, le chef d'une direction collective désigné par un petit groupe d'individus. Mais on pourrait tout aussi bien le comparer au directeur du conseil d'administration de l'entreprise Chine, comme l'expliquaient des sources haut placées chinoises à la diplomatie américaine dans des documents internes datant de 2007 révélés par WikiLeaks. Ce conseil d'administration est composé des représentants des principaux groupes d'intérêts contrôlant des pans entiers de l'économie. Leurs luttes n'ont rien d'idéologique, mais consistent à défendre leurs prébendes et à s'assurer que les sortants soient à l'abri de poursuites. En dernier ressort, ils savent que leur prospérité commune dépend de leur capacité à définir un consensus. »

Le Temps (Suisse), 16 novembre 2012.

Serge Truffault, « Congrès du parti communiste chinois - Clans de la fraude »

«...Lors du discours clôturant une décennie de règne, le président chinois Hu Jintao a martelé des mots qui annoncent la continuation ou le maintien de l'immobilisme politique. En effet, ce chef de file du clan que certains appellent « Les princes rouges de l'intérieur », soit des apparatchiks aux origines modestes et provinciales, a souligné que « jamais nous ne copierons un système politique occidental » avant de soutenir, en substance, que « nous ne changerons pas. Nous demeurerons ce que nous sommes. » Sans cynisme aucun, le chloroforme apposé à la vie politique chinoise annonce pour la troisième fois en autant de décennies un autre maintien : celui de la corruption. À l'instar de ses prédécesseurs, le tsar de Pékin avait juré de combattre ce fléau qui mine toutes les sphères économiques et sociales de la société. Et comme ses prédécesseurs, il achève son séjour sur le trône en affirmant que la pérennité du Parti communiste passe par le combat acharné, ou mieux, la mise à mort de la corruption. Alors...»

Le Devoir (Québec, Canada), 10 novembre 2012, p. B4.

Kathrin Hille, « Xi seeks to portray himself as man of the people »

«...Mr Xi's family background as the son of one of China's revolutionary leaders and his personal charisma may be his best chance to battle ingrained reform inertia. Although his speech made no reference to Marxism or the teachings of Mao Zedong, Mr Xi included some references that went down well with left-leaning party members who have been alienated since the leadership's purge of Bo Xilai, the flamboyant former party secretary of Chongqing who pitched for a top job with Maoist revival policies. Mr Xi pledged to « unwaveringly pursue common prosperity », a principle coined by Mao which many leftists complain has been abandoned since Deng Xiaoping, the architect of China's market reforms, ruled that some should be allowed to « get rich first ». He criticised officials' « divorce from the masses » as one of the party's greatest problems, another phrase read by leftist intellectuals as a reminder of Mao-era values. Some believe this is more than just personal style. »

Financial Times (Royaume-Uni), 16 novembre 2012, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 8 novembre 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleHu JintaoWen Jiabao

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2007 - 2016



octobre
2007
Ouverture du XVIIe Congrès du Parti communiste chinois

mars
2008
Montée de la violence dans les rues de Lhassa au Tibet

août
2008
Ouverture des Jeux olympiques de Beijing

novembre
2012
Ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

septembre
2014
Mouvement de protestation populaire à Hong Kong

octobre
2015
Fin de la politique de l'enfant unique en Chine


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