Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

17 février 2019

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

24 février 2013

Élections législatives en Italie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Beppe Grillo

Sur fond de graves problèmes économiques, les législatives italiennes ne permettent pas de faire un clair gagnant. Alors que la coalition de centre gauche Italie Bien commun obtient la majorité à la Chambre basse, c'est la Coalition de centre droit de l'ex-président du Conseil, Silvio Berlusconi, qui arrive en tête au Sénat.

La crise au sein de la zone euro avait entraîné le départ de Berlusconi, en novembre 2011. Son successeur, Mario Monti, tente de redresser la situation économique du pays en adoptant des mesures d'austérité. Cette politique ne suffit pas à endiguer le chômage et à apaiser la grogne de l'électorat italien qui s'exprime lors des législatives de février 2013. Les centristes de Monti terminent loin derrière la coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani, qui obtient une majorité des sièges à la Chambre basse. Cet échec est interprété comme un désaveu de la population face à l'approche économique de Monti. À la tête d'une coalition de centre droit, Berlusconi promet pour sa part de baisser les impôts et de rembourser une taxe foncière adoptée sous le précédent gouvernement. Malgré ses déboires antérieurs, tant sur le plan politique que judiciaire, le Cavaliere fait bonne figure, sa coalition arrivant même en tête pour les sièges au Sénat. La formation qui incarne le mieux le mécontentement des Italiens est toutefois le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo qui récolte 25,5 % des voix. Cet ex-comédien dénonce l'austérité économique, les autres partis et la corruption, se dit environnementaliste et s'engage à tenir un référendum sur l'euro. Le discours populiste de Grillo fait courir les foules et séduit dans les sondages. Sa troisième place au niveau des sièges, tant à la Chambre basse qu'au Sénat, en fait un acteur incontournable de la scène politique italienne. Étant donné les pouvoirs importants de la Chambre haute en Italie, cette situation risque d'ailleurs, selon plusieurs analystes, de mener à une impasse. Cette inquiétude s'ajoute à la situation économique du pays qui suscite également de fortes appréhensions en Europe.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marcelle Padovani, « Bersani contre les démagogues »

«...Bersani a martelé son slogan, simple et austère, de « l'Italie juste », qui rappelle vaguement la « force tranquille » mitterrandienne. Il est convaincu qu'il peut être le deuxième « homme normal de gauche » de l'Europe et qu'il rétablira le fonctionnement d'une démocratie malmenée par près de vingt années dramatiques et ridicules de berlusconisme. On saura le soir du 25 février si sa stratégie aura été payante. Ou si la dangereuse équidistance actuelle entre populistes et non-populistes aura viré à l'avantage des premiers. « C'est la bataille finale », diagnostique le professeur en sciences de la communication Carlos Freccero, entre la télé et la réalité, la démagogie et le réalisme (...) Une bataille historique dans ce pays qui fait preuve depuis des décennies d'une vulnérabilité particulière aux promesses des démagogues en tout genre et à la magie du petit écran. Un pays où l'État - récent, il n'a que 152 ans - est faible et le sens de l'État, encore plus. »

Le Nouvel Observateur (France), 21 février 2013, p. 29.

S.A., « La « génération perdue » de Mario Monti »

«...Tout a déjà été dit sur l'effondrement de l'ancien commissaire européen (Mario Monti) qui aura connu le sort réservé aux grands argentiers n'ayant pas compris que la politique est un art très particulier, surtout en période de crise. Fort d'une expertise acquise sur les bancs de la Bocconi, sorte de HEC italienne dotée du prestige intellectuel d'une grande université, rodé dans les cabinets de conseil puis à la Commission européenne, le professeur Monti pouvait à juste titre s'honorer d'avoir « sauvé l'Italie » en décembre 2011. Mais, conseillé dit-on par ses amis occidentaux, il s'est cru capable de descendre dans l'arène politique en décembre 2012 pour constituer un centre droit présentable sur les ruines du berlusconisme. Cette entreprise a vite capoté. Monti a multiplié les erreurs. Se présentant comme le candidat de la société civile, il s'est allié avec les ex-démocrates-chrétiens et les républicains. Difficile donc d'incarner un renouveau. D'autant que le professeur a été pris de court par Silvio Berlusconi, qui lui aussi s'est présenté comme l'homme de la société civile, ou plutôt d'une société incivile rassemblant tous les mécontents de l'État. »

Le Monde (France), 5 mars 2013, p. 17.

François Brousseau, « Le triomphe des clowns »

«...Clown d'un type différent, vraiment venu, celui-là, de la comédie, Grillo, depuis un an, couvre de son mépris et de ses vociférations la classe politique dans son ensemble. Avec son mouvement politique (...), il a réuni ces dernières semaines, sur les grandes places publiques d'Italie, des foules considérables, de centaines de milliers de personnes qui communiaient avec lui dans leur haine de « la caste ». Ce n'est pas que cette caste n'ait pas cherché ou mérité ces critiques. Dans toute l'Europe démocratique, la classe politique italienne, toutes tendances confondues, est peut-être la plus pléthorique, la plus éloignée du peuple et la plus « kleptomane » dans son accumulation de privilèges, alors que même la crise et la pauvreté s'abattent sur un nombre croissant d'Italiens. Mais le phénomène Grillo n'apporte pas de propositions concrètes et réalistes pour sortir l'Italie de sa corruption, de ses ornières politiciennes, de son déni de réalité, de sa colossale dette accumulée, ou de son problème endémique d'évasion fiscale. De tous ces sujets, il n'a pas été question dans la campagne électorale, et surtout pas dans la bouche de ces clowns démagogues. »

Le Devoir (Québec, Canada), 25 février 2013, p. B1.

Liz Alderman et Elisabetta Povoledo, « A Jester No More, Italy's Gadfly Tosses Its Politics Into Turmoil »

«...Mr. Grillo typifies a new style of politician rising from the fires of the European Union's long-running economic crisis and voter discontent in other countries. Like Alexis Tsipras, the young upstart in Greece who rode an anti-austerity wave to head the second-largest parliamentary party, or Yair Lapid, who tapped into a national frustration with social inequality in Israel, these politicians are not extremists but generally reformist leftists. In refusing to play ball with the establishment powers, whom they consider irredeemably corrupt, the newcomers are fraying nerves in Brussels and Berlin. (...) Now that his political crusade, called the Five Star Movement, has been handed a powerful mandate, Mr. Grillo's challenge will be to decide how to use it to change an establishment that has long viewed him as a demagogic, even reckless, man who risks taking Italy down the path of Greece. Mr. Grillo rejected those charges in the interview, in which his at-home persona bore little resemblance to the inflammatory populist whipping up crowds into an indignant rage. « How can we be accused of destroying something that's already destroyed? » he said, speaking in measured tones. « They've devoured the country, and now they can't govern. »»

The New York Times (États-Unis), 4 mars 2013, p. A1.

Gouvernance et gouvernement [ 24 février 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéGiorgio NapolitanoMario Monti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016



avril
2008
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

avril
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2011
Démission du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi

février
2013
Élections législatives en Italie

février
2013
[Résultats] Élections législatives

mars
2013
Élection du pape François

avril
2014
Canonisation de Jean XXIII et Jean Paul II

août
2016
Tremblement de terre dévastateur en Italie

décembre
2016
Tenue d’un référendum constitutionnel en Italie


Dans l'actualité


septembre
2018
Les 60 ans du décès du pape Pie XII : se souvenir ou oublier?

septembre
2018
L'Italie en voie de remonter la pente

février
2018
Mort de Salvatore Riina : la perte d'une figure emblématique de la mafia sicilienne

février
2018
Vatican : l'entrée au paradis du blanchiment d'argent

février
2018
Saint-Marin : d'un paradis fiscal prospère à un État endetté

octobre
2017
Victoire difficile pour le nouveau président du Parlement européen Antonio Tajani

mars
2017
Limogeage du grand maître de l'Ordre de Malte

février
2017
Crise de la dette publique : l'Italie rattrapée par les décisions du passé

octobre
2016
Élection de Virginia Raggi : renouvellement des élites italiennes?

septembre
2016
L'union civile sépare l'Italie


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016