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16 août 2008

Cessez-le-feu dans le conflit entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mikheil Saakachvili

Des tensions entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud, une province qui souhaite obtenir son indépendance, dégénère en conflit armé le 7 août 2008. Venue appuyer les Ossétiens, l'armée russe prend rapidement le contrôle de la situation, entraînant un cessez-le-feu qui est conclu le 16 août.

Dès 1991, année de l'indépendance de la Géorgie, des conflits armés éclatent entre le gouvernement et les sécessionnistes ossètes. Des tensions persistent par la suite, se traduisant notamment par des incidents frontaliers. La situation prend une nouvelle dimension avec l'arrivée d'un gouvernement pro-occidental à Tbilissi en 2003, à la suite de la Révolution des roses. Le président Mikheil Saakachvili souhaite l'unité du territoire géorgien et l'adhésion à l'Organisation du traité de l'Atlatique Nord (OTAN), alors que les Ossètes, beaucoup plus favorables aux Russes, votent massivement pour l'indépendance lors d'un référendum tenu en 2006. Des incidents entre sécessionnistes et l'armée géorgienne, pour lesquels les deux camps s'attribuent la responsabilité, entraînent l'intervention de celle-ci en Ossétie du Sud, le 7 août 2008. Elle fait beaucoup de morts et incite des civils à fuir vers l'Ossétie du Nord. Évoquant la protection des Ossètes et sa volonté de rétablir la paix, le président Dmitri Medvedev fait intervenir l'armée russe. Celle-ci prend rapidement le contrôle de la situation. Saakachvili refuse toutefois de négocier sur la base d'un changement de statut de l'Ossétie du Sud ou de l'Abkhazie, une autre province en guerre avec le gouvernement géorgien qui veut son indépendance. Un cessez-le-feu est obtenu le 16 août, mais les troupes russes restent en place tant que la stabilité ne sera pas rétablie. Ce sera fait quelques jours plus tard. Peu de temps après, Moscou reconnaîtra l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, une décision qui n'est cependant imitée que par quelques pays.

Dans les médias...


Michel Foucher, « Le défi russe »

«...Deux États membres du Conseil de l'Europe, l'un depuis 1996, la Fédération de Russie, l'autre entré en 1999, la Géorgie, ont en effet choisi de faire parler les armes pour régler des différends mineurs, décision de recours à la force présentée par la partie géorgienne comme imposée et provoquée et de pure réaction protectrice de minorités « russophones » par la partie russe. Il serait souhaitable que le Conseil de l'Europe en tire les conséquences, à moins de perdre sa crédibilité. La rapidité de la cessation des hostilités résulte à la fois de l'effondrement militaire géorgien dû à la vivacité et à l'ampleur de l'offensive russe et à la célérité de la médiation européenne sous l'égide de la France. Les diplomates savent que bien des crises sont délibérément déclenchées lors des périodes de calme estival ou hivernal où les temps de réaction des appareils d'analyse et de négociation sont censés être plus lents. Pourtant, très tôt, le constat a été fait à Paris que le fantasque et imprévisible président géorgien était tombé dans un piège, ce que confirme la chronologie des principaux faits connus. »

Esprit (France), octobre 2008, p. 197.

Christophe Boltanski, « Géorgie sous la botte russe »

«...Le Kremlin ourdissait son piège depuis des mois, et le jeune président géorgien Mikheïl Saakachvili s'y est jeté tête baissée. Le 7 août, il était sur le point de partir aux JO de Pékin avec femme et enfants lorsqu'il a décidé de rester et de répliquer à la dernière provocation des rebelles d'Ossétie du Sud, où il ne se passe pas des mois sans affrontements. « De façon complètement irrationnelle et excessive, dix minutes avant le départ de l'avion, il a dit : « On ne peut pas laisser passer ça » et a déclenché son offensive », raconte un diplomate. Une décision prise en l'absence de ses principaux ministres, à commencer par celui de la Défense, déjà en vacances. Une terrible erreur commise malgré les avertissements des Occidentaux, notamment de Condoleezza Rice (secrétaire d'État américaine), venue à Tbilissi un mois plus tôt. La faute d'un régime hyperprésidentiel, selon l'un de ses opposants, David Usupachvili, chef du Parti républicain. « Saakachvili décide de tout jusqu'à la couleur des façades, dénonce-t-il. C'est un impulsif, un « fana mili » qui a surestimé la capacité de son armée et la réponse internationale. » »

Le Nouvel Observateur (France), 21 au 27 août 2008, p. 28-29.

René Beaudin, « Coup double pour la Russie »

«...La guerre en Ossétie du Sud, place l'OTAN devant une situation intenable. Elle ne peut faire grand-chose, à moins de livrer une guerre à un État qui, apparemment, ne fait que « répondre » à une « agression » commise contre de simples « ressortissants » dans un pays officiellement inexistant, par un autre pays, reconnu par la communauté internationale, lui, et dont on sollicite où que l'on se dit prêt à examiner la candidature. Quel casse-tête pour une alliance dite « défensive » et dont les procédures fonctionnent, pour l'essentiel, sur la règle de l'unanimité. En avril, la Russie a enfoncé un premier clou dans le programme d'élargissement de l'OTAN quand celle-ci a reporté à décembre toute décision concernant l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine. Ce fut sa plus grande victoire depuis la guerre froide. D'une certaine manière, la Géorgie elle-même a enfoncé un second clou en se donnant les apparences de l'« agresseur » en Ossétie du Sud. Elle s'est discréditée, même si elle n'avait peut-être pas d'autre choix. Il y a de fortes chances que cela soit le second grand triomphe de la Russie. »

Le Soleil (Québec), 10 août 2008, p. 20.

Charles Clover, « Resurgent Russia bids to establish a new status quo »

«...The week saw unprecedented risk-taking by both the Georgian and Russian governments, each seeking to rewrite the rules on what they could get away with. Mr Saakashvili gambled on an offensive against the breakaway enclave of South Ossetia but, instead of a quick and surgical strike, it turned into a botched and bloody mess on Thursday night as Georgian troops laid siege to the city of Tskhinvali, bombarding it and killing as many as 2,000 - though Georgia claims Russia was to blame for part of this carnage. The Kremlin also took a gamble when it sent the 58th army across the border to attack an American-backed state. Even the USSR's invasions of Hungary, Czechoslovakia and Afghanistan, the only precedents for such a war, were launched against countries solidly within Moscow's sphere of influence. Georgia is different: its pro-western government has close links to Washington, a Harvard-educated president and more than 100 US military advisers. In terms of brazen disregard for the global status quo, the operation has few parallels. But while Georgia gambled and lost, Russia's calculations seem, so far, to have succeeded. »

Financial Times (Royaume-Uni), 12 août 2008.

Gouvernance et gouvernement [ 16 août 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Géorgie
Non disponibleMikheil SaakashviliLado Gurgenidze

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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