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14 juin 2013

Élection de Hassan Rohani à la présidence de l'Iran

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après avoir atteint la limite de deux mandats fixée par la Constitution, le président Mahmoud Ahmadinejad quitte ses fonctions. L'élection pour lui trouver un successeur est remportée dès le premier tour par Hassan Rohani qui devance facilement son plus proche rival, le maire de Téhéran, Mohammad Ghalibaf.

Après deux mandats à la présidence (2005-2013), Mahmoud Ahmadinejad doit quitter ses fonctions. Sa volonté de développer le programme nucléaire iranien en avait fait un personnage controversé sur la scène internationale. Des dizaines de candidats sont sur les rangs pour lui succéder, mais le Conseil des gardiens de la Constitution en rejette la majorité, dont les femmes. Seulement 6 sont en lice au moment du scrutin, dont les favoris : Mohammad Ghalibaf et Hassan Rohani. Le maire de Téhéran, Ghalibaf, qui a été candidat en 2005, domine les premiers sondages. Il est ensuite doublé par Rohani, un ancien vice-président du Parlement siégeant sur l'Assemblée des experts chargée d'élire le Guide de la révolution. Trois débats télévisés ponctuent la campagne qui se déroule dans un climat moins houleux que les législatives de 2011. Rohani obtient la majorité au premier tour, le 14 juin, avec 50,7% des voix contre 16,6% pour Ghalibaf. Le propos et les antécédents du président élu, qui a été négociateur avec l'Occident dans le dossier nucléaire, incitent la presse occidentale à le qualifier de modéré. Sa victoire est même saluée comme un espoir d'ouverture dans l'épineux programme nucléaire qui suscite de fortes tensions avec Israël et les États-Unis. Dans le système politique iranien, le président n'a toutefois pas les coudées franches puisque le Guide de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, est considéré comme le leader spirituel et politique du pays. En plus de chercher à améliorer la situation iranienne sur le plan international, Rohani, un polyglotte de 64 ans, veut faire adopter une charte des droits civiques comprenant, entre autres, des mesures favorables aux femmes. Il souhaite aussi relancer l'économie, plombée par l'embargo des pays voulant forcer l'Iran à renoncer à l'arme nucléaire.

Dans les médias...


Delphine Minoui, « Rohani, un président porteur d'espoir »

«...Tout au long de sa campagne électorale, ses partisans n'ont cessé de brandir, tel un totem, une clef géante au-dessus des têtes. Mais Hassan Rohani, élu ce samedi 14 juin avec 50,68% des voix, a-t-il vraiment les moyens de déverrouiller les portes d'un pays que son prédécesseur s'attela, huit ans durant, à fermer à double tour? C'est la question soulevée par de nombreux observateurs qui signalent, à juste titre, qu'en République islamique d'Iran, c'est le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et non le président qui a le dernier mot sur les gros dossiers du pays. Ce dernier, dans un double souci de mise en garde adressée aux supporteurs du seul candidat du clan réformiste et de sauvegarde du régime, s'est d'ailleurs assuré de déclarer, dès le 12 juin, qu'un vote « pour n'importe quel candidat est un vote pour la République islamique ». D'aucuns s'empresseront aussi de rappeler que le nouveau chef de l'exécutif iranien, un clerc de 64 ans issu du séminaire religieux de Qom, ex-révolutionnaire de la première heure contre le Chah, est un pur produit du système. Il n'empêche. La victoire, dès le premier tour du scrutin, de ce religieux modéré à la barbe grise et au turban blanc est porteuse de leçons sur cet Iran qui ne cesse de surprendre. »

Le Soir (Belgique), 17 juin 2013, p. 10.

Agnès Rotivel, « Ce que change la victoire en Iran de Hassan Rohani »

«...Téhéran veut l'apaisement après huit ans d'une présidence qui se termine sur un bilan économique désastreux fait d'inflation, de chômage élevé, d'une chute de 70 % de la monnaie nationale et des revenus de l'État en baisse de moitié - en raison des sanctions qui affectent avant tout les ventes du pétrole iranien, principale ressource pour le pays. L'Iran vit aussi sous la menace d'une guerre et d'attaques de ses sites nucléaires par l'Occident, qui soupçonne ses dirigeants de vouloir utiliser le nucléaire à des fins militaires. Les Gardiens de la révolution, qui avaient soutenu Mohamed Ghalibaf, l'un des leurs considéré comme un favori, ont accepté leur défaite et annoncé qu'ils coopéreraient avec le président. Le maire de Téhéran a obtenu un score étonnamment bas, 16,5 %, alors qu'il a fait une campagne dans tout le pays et beaucoup mobilisé. En revanche, l'ultra-conservateur Saeed Djalili, proche du Guide et chef des négociateurs du dossier nucléaire, qui a subi un échec cuisant et se retrouve de fait marginalisé, est resté discret sur ses intentions. »

La Croix (France), 17 juin 2013, p. 9.

François Brousseau, « Surprise à Téhéran »

«...après juin 2009, pourquoi irions-nous croire qu'il s'est passé quelque chose en Iran, ce 14 juin 2013 ? Sans être naïf, on peut tenter une hypothèse : même « verrouillée » par un filtrage extrêmement sévère des candidatures, la présidentielle de vendredi en Iran a pris un sens parce que (1) on a vraiment compté les voix, renouant ainsi avec la tradition de la république islamique, interrompue dans la panique et la violence par le clan Khamenei en 2009 ; (2) Hassan Rohani, sans avoir derrière lui une « vague verte » explicite, comme Moussavi et Karoubi en 2009, a fini par jouer un rôle similaire à ces derniers ; (3) la multitude des jeunes et des urbains écoeurés de ce régime a décidé de jouer le jeu, se rendant aux urnes (à l'appel des anciens présidents réformistes Khatami et Rafsandjani) plutôt que de s'enfermer dans une abstention désespérée. Tout cela ne fait pas un printemps. En Iran, le président reste un « junior » face au guide suprême. Mais tout de même, on attend Hassan Rohani sur plusieurs promesses - étonnantes et courageuses - faites durant sa campagne...»

Le Devoir (Québec, Canada), 17 juin 2013.

Jonathan Steele, « Iran's Vote Signals a Change to Turn the Page »

«...Hassan Rouhani's victory in the Iranian election is truly stunning. It opens a window of hope for an easing of tension between Iran and the west on the strained nuclear file but also on the more urgent issue - the self-destructive clash between Shia and Sunni Islam that is killing thousands in Syria and Iraq and threatens the entire Middle East region. Although Rouhani had been well ahead in the final pre-election polls, no one expected him or anyone else to receive enough votes to avoid a runoff. That he did so in a six-horse race is astonishing. The result confirms that Iran's elections are always unpredictable. The high turnout also shows that Iranian voters felt they had a genuine choice, thereby confounding the tired comments from many outside analysts that little separates the candidates because they all had to be vetted by the Islamic republic's Guardian Council. »

The Guardian (Royaume-Uni), 17 juin 2013.

Gouvernance et gouvernement [ 14 juin 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
FaibleMahmoud Ahmadinejadposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016



juin
2009
Tenue d'une élection présidentielle en Iran

juin
2009
[Résultats] Élection présidentielle

juin
2013
Élection de Hassan Rohani à la présidence de l'Iran

juin
2013
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2013
Entente internationale intérimaire sur le développement du programme nucléaire iranien

avril
2015
Entente préliminaire sur l'utilisation de l'énergie nucléaire en Iran


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