Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 avril 2018

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2 septembre 1987

Ouverture du deuxième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Sommet de la francophonie 1987

Trente-sept pays sont représentés lors de ce deuxième Sommet des pays ayant en commun l'usage du français qui se déroule à Québec, au Canada. Plusieurs résolutions portant sur la politique internationale sont adoptées à cette occasion, notamment sur l'autodétermination du peuple palestinien et la lutte à l'apartheid, en Afrique du Sud.

Après Paris, c'est au tour de Québec d'accueillir ce Sommet auquel assistent 16 chefs d'État, 10 de gouvernement et 15 représentants de différents niveaux. Le pays hôte fait un coup d'éclat en annonçant qu'il efface la dette de 7 pays d'Afrique francophone, une somme équivalant à 325 millions de dollars canadiens. Les questions de politique internationale occupent une grande place au sein de la Francophonie alors que les participants se prononcent sur une série de résolutions. Tous s'entendent pour maintenir les sanctions contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud et presser Pretoria de négocier « avec les représentants authentiques de la majorité noire et les autres composantes de la société sud-africaine ». En revanche, une résolution demandant la « reconnaissance du droit des Palestiniens à l'autodétermination » ne parvient pas à rallier les Canadiens qui préfèrent que l'on parle plutôt d'un « foyer national ». La situation au Liban et au Tchad, le contexte économique mondial, la guerre entre l'Irak et l'Iran et d'autres sujets font aussi l'objet de résolutions. La réalisation de projets concrets figure également parmi les priorités des pays qui ciblent 5 secteurs d'intervention privilégiés : l'agriculture, l'énergie, la culture et les communications, l'information scientifique et le développement technologique ainsi que les industries « de la langue », soit les technologies appliquées au français. On parle par exemple de créer une agence internationale francophone d'images, d'étendre éventuellement TV5 à l'Afrique ou de mettre sur pied un ensemble de réseaux universitaires de langue française autour de la recherche et de la formation. Fondée en 1961, l'Association des universités entièrement ou partiellement de langue française deviendra l'AUPELF-UREF (Université des réseaux d'expression française). Enfin, les pays ayant en commun l'usage du français ont maintenant un drapeau et une Déclaration de solidarité dans laquelle sont définis les grands principes les unissant.

Dans les médias...


Siradiou Diallo, « Francophonie : chacun y trouve son compte »

«...pris à la gorge par les graves problèmes économiques et sociaux que l'on sait, les leaders politiques africains ne pouvaient, quant à eux, se contenter dans un forum international, fût-il la francophonie, de parler grammaire, morphologie, syntaxe ou stylistique. Que diraient d'eux leurs peuples aux prises avec la crise économique, avec les potions amères que leur administrent à fortes doses les médecins anonymes et lointains du Fonds monétaire international ? On les prendrait pour des inconscients, voire des fous. Cela dit, il était bon que ce deuxième sommet de la francophonie se penche sur l'état et le devenir de l'outil de communication international qu'est, pour nous, la langue française. Il fallait bien chercher les voies et moyens de sauvegarder le français face à l'immense péril que constitue l'anglais. Et trouver une parade adéquate sans laquelle les francophones risquent, dans un avenir plus ou moins proche, de n'être que le rebut, pour ne pas dire des objets de folklore, dans les arènes internationales. C'est pourquoi le sommet s'est sérieusement penché sur le développement des supports industriels du français. »

Jeune Afrique (France), 16 septembre 1987, p. 30-31.

Jean-François Leven, « Francophonie : le nouvel équilibre »

«...Autour de civilisations, de cultures, d'histoires différentes autour d'une langue et d'un projet partagés : sauver le français et l'imposer comme outil de connaissance et de développement. Où l'on ressort du chapeau, culture et coopération... Mais, derrière le discours traditionnel et les bulletins de santé controversés, un pari économique et technologique plus subtil et plus passionnant se profile : créer et occuper des marchés de pointe qui meubleront l'espace francophone. À terme, l'enjeu fondamental est géopolitique. Les États souhaitent manifester leurs différences, affirmer leur liberté et envisager le pluralisme comme un facteur d'équilibre mondial. Ouvrir l'accès à l'universalité. Au diable, le folklore et les modèles conventionnels ! Le francophonie 1987 veut inventer des nouvelles solidarités, annoncer une ère régénérée des relations internationales en privilégiant l'action. Par un appareil allégé et des financements immédiats. Les moyens dont elle disposera seront-ils à la hauteur des intentions ? Les intérêts des participants seront-ils conciliables ? En dépendront les accomplissements de l'organisation francophone, qui seront, après tout, sa vraie raison d'être. »

L'Express (France), 11 septembre 1987, p. 44.

S.A., « Francophonie an II »

«...Le second Sommet de la quarantaine d'États ou communautés utilisant le français à travers le monde, tenu à Québec du 2 au 4 septembre, n'aurait pu être que cette « nuit étoilée » de longue date espérée par la romancière acadienne Antonine Maillet. Le caractère approfondi des débats, la modération des propos, l'optimisme raisonné généralement manifesté pour l'avenir, le tout étayé par des décisions financières françaises ou canadiennes, prometteuses à défaut d'être spectaculaires, ont donné raison au président sénégalais (Abdou Diouf). L'hôte du prochain sommet de la francophonie a en effet estimé que celle-ci venait, à Québec, « de prendre son envol définitif ». Longtemps compromis par la querelle hiérarchique canado-québécoise, hésitant ensuite entre un lyrisme désargenté et une naissante concurrence franco-canadienne, le mouvement francophone, vu depuis la France, avait paru, au lendemain du sommet de Paris, en février 1986, se gripper quelque peu. C'était compter sans la foi nouvelle du Canada fédéral - qui en tire, il est vrai, un rayonnement diplomatique accru et des avantages politiques internes certains - et également sans la demande de maintes capitales arabes ou africaines qui trouvent dans la francophonie un peu plus de respiration internationale. »

Le Monde (France), 7 septembre 1987, p. 1.

Lysiane Gagnon, « Un sommet non inspiré »

«...À la racine de ce désintérêt se trouve ce qui constitue la faille principale du Sommet : le manque d'inspiration, l'incapacité de mobiliser les coeurs et les esprits, de dégager de cette opération où la plupart des événements se déroulaient à huis clos, une ligne de force, un sens, quelque chose qui parle à la population. Ce Sommet a été une affaire de fonctionnaires. De fonctionnaires compétents, puisque les choses ont fonctionné, et somme toute plutôt bien. Il ne manquait que l'essentiel : l'idée, l'inspiration. Comment se fait-il que dans une province où l'on aime les fêtes, qui grouille d'experts en communication de masse, dans une province où la seule question susceptible de faire sortir les gens dans la rue, que ce soit pour manifester ou pour célébrer, est la question linguistique, il ne se soit trouvé personne parmi les organisateurs de ce Sommet pour concevoir un thème, un événement, quelque chose enfin qui ramène à la notion de francophonie ? Pas la moindre présentation audio-visuelle, pas la moindre référence à l'extraordinaire production littéraire du monde francophone, pas la moindre allusion au cinéma, à la culture, à la langue, aux régionalismes linguistiques, etc. Rien, C'était comme si la langue française n'existait pas au-delà des clichés d'usage, comme si la francophonie était une abstraction impossible à illustrer. »

La Presse (Québec, Canada), 5 septembre 1987, p. B3.

Michel Roy, « Sommet fructueux »

«...Avec un succès que personne n'osait prédire, la francophonie a relevé le défi redoutable de son deuxième Sommet. Car cette communauté des pays ayant en commun l'usage du français, encore précaire et incertaine en début de semaine, est aujourd'hui mieux assurée, prête à devenir un important forum international de coopération, de solidarité et de concertation politique. Les chefs d'État et de gouvernement des pays du Sud, beaucoup plus discrets que leurs homologues du Nord durant ces trois jours, rentrent dans l'ensemble très satisfaits de cette conférence qui marque des progrès notables en matière de coopération et d'aide au développement. Or, il faut bien le reconnaître, c'était là le premier objectif des États d'Afrique, pauvres et lourdement endettés. Et cet objectif, fût-il intéressé, demeure parfaitement légitime. En effet, au-delà des ambigüités et des malentendus que suscite ce mot de francophonie, il importe de rappeler que le but premier de ce regroupement de peuples n'est pas la défense et l'illustration de la langue et de la culture françaises. La finalité essentielle de la communauté en voie de structuration est plutôt de réunir des États en vue d'entreprendre des actions communes contribuant au mieux-être matériel et culturel de chacun. »

La Presse (Québec, Canada), 5 septembre 1987, p. B2.

Gouvernance et gouvernement [ 2 septembre 1987 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéJeanne SauvéBrian Mulroney

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 1992



avril
1982
Rapatriement constitutionnel au Canada

septembre
1984
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

septembre
1984
[Résultats] Élections législatives

septembre
1987
Ouverture du deuxième Sommet de la Francophonie

novembre
1988
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

novembre
1988
[Résultats] Élections législatives

juin
1990
Échec de l'accord constitutionnel du lac Meech au Canada

octobre
1992
Tenue d'un référendum au Canada sur l'entente de Charlottetown


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