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21 août 2013

Utilisation d'armes chimiques à Ghouta, en Syrie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Massacre de Ghouta

La guerre civile en Syrie prend une nouvelle dimension alors que des roquettes contenant des armes chimiques auraient frappé des populations civiles à Ghouta, près de Damas. Dénoncé par la communauté internationale, cet acte vient près d'entraîner une intervention extérieure, notamment de la part des États-Unis et de la France.

La Syrie ne fait pas partie de la grande majorité des pays ayant signé la Convention sur les armes chimiques proscrivant la production et l'usage de celles-ci. Elle conserverait même des réserves importantes pouvant servir contre des ennemis extérieurs. La guerre civile, qui déchire le pays depuis 2011, incite le régime de Bachar el-Assad à déplacer ces stocks pour les mettre à l'abri des rebelles. Puis, en 2013, des rumeurs se font persistantes à l'effet que des armes chimiques auraient été utilisées contre les populations. Les suspicions s'accentuent au printemps et les demandes d'enquêtes se multiplient. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France supputent que le gouvernement en est responsable, alors que la Russie et l'Iran pointent les contestataires. La crise prend une dimension internationale, car un an auparavant, le 20 août 2012, le président américain Barack Obama avait qualifié l'usage d'armes chimiques de « ligne rouge » à ne pas franchir. Il brandit la menace d'une intervention, une décision appuyée par la France, mais peu populaire dans l'opinion publique. Des inspecteurs des Nations unies (ONU) confirment que le Sarin, un gaz hautement toxique, a été utilisé contre des civils le 21 août à Ghouta, près de la capitale Damas. Selon les estimations, il aurait fait entre quelques centaines et 1700 morts. Des images de cette tragédie font le tour du monde. L'imminence d'une action américaine se précise, mais la donne change en septembre alors que la Syrie se dit favorable à ce que ses armes chimiques soient placées sous contrôle international. La Russie et les États-Unis concluent une entente, le 14 septembre, prévoyant des inspections de l'extérieur et la destruction des armes chimiques syriennes d'ici 2014. Même si des tensions subsistent, cette annonce met temporairement un terme à une possible intervention de pays étrangers.

Dans les médias...


Hala Kodmani, « Damas accusé d'une vaste attaque chimique »

«...Tout en niant en bloc les «allégations» de l'opposition sur l'usage d'armes chimiques, le régime de Bachar al-Assad confirmait par ailleurs dans les médias officiels «ses attaques nécessaires contre les foyers terroristes» à l'est de la capitale. Reste l'incompréhensible timing d'une telle opération, au moment où les inspecteurs de l'ONU arrivent sur place à l'appel de la Ligue arabe, du Royaume-Uni et de la France. (...) Y aura-t-il «un avant et un après massacre de la Ghouta» dans le conflit syrien, comme l'affirme Ghassan Yassin, un militant de l'opposition à Alep ? La majorité des Syriens, y compris les dirigeants de l'opposition, semblent résignés d'avance à l'indifférence internationale, devenue familière. Réagissant au massacre, George Sabra, président du Conseil national syrien, prévoyait déjà les condamnations internationales des Amis du peuple syrien, comme les négations des alliés russe et iranien du régime de Bachar al-Assad. Dès hier après-midi, Moscou estimait que les soupçons d'utilisation d'armes chimiques par les autorités syriennes étaient «une provocation planifiée à l'avance». S'il est confirmé, ce massacre, d'une ampleur inégalée dans un conflit où les horreurs ne manquent pourtant pas depuis plus de deux ans, ne sera-t-il qu'une péripétie de plus ? »

Libération (France), 22 août 2013, p. 7.

Karim Lebhour, « Ban Ki-moon annonce un rapport « accablant » sur l'attaque de la Ghouta »

«...la possibilité d'un démantèlement réel et rigoureux des armes chimiques syriennes suscite encore beaucoup de scepticisme. « Je ne crois pas une seconde que la Syrie rendra une seule bombe chimique de sitôt », s'agace Carne Ross, de l'organisation Independent Diplomat. Cet ancien diplomate britannique siégeait au Conseil de sécurité entre 1998 et 2002 pendant le processus de désarmement de l'Irak de Saddam Hussein. « Les contrôles sont extrêmement difficiles. Les modalités techniques sur le démantèlement, la création de zones de sécurité, la surveillance par des casques bleus, etc. peuvent prendre énormément de temps. Il faut la coopération absolue des autorités et il est très facile de dissimuler des stocks, explique-t-il. En Irak, la seule façon d'obtenir une coopération était sous la menace de la force et par des inspections agressives, à tout endroit et à tout moment. » Le Conseil de sécurité devra également s'entendre pour valider ce démantèlement et assurer un suivi efficace. Ban Ki-moon lui-même s'est déclaré « très inquiet » de l'incapacité des membres du Conseil à s'entendre sur le dossier syrien.« Depuis deux ans et demi, pas une seule résolution n'a pas été adoptée par le Conseil de sécurité, pas même sur l'humanitaire. C'est une situation incroyable, s'est indigné le secrétaire général. C'est un échec des Nations unies.»»

Le Monde.fr (France), 14 septembre 2013.

Agnès Gruda, « L'horreur »

«...Les images, vous les avez vues, et elles sont insoutenables. Des gens qui suffoquent dans les bras de médecins impuissants. Des dizaines de corps, dont ceux de nombreux enfants, les bras croisés sur la poitrine. Pas de sang, pas de blessures apparentes. On dirait qu'ils dorment. Mais ils sont morts. Nous ne connaissons pas le nombre exact de victimes des bombardements qui ont frappé Ghouta, en banlieue de Damas, mercredi matin. Nous ne savons pas non plus quelle substance précise a bien pu les tuer. Mais nous en savons assez pour pouvoir affirmer que ce qui s'est passé, cette semaine, constitue le pire carnage d'une guerre civile qui n'en est pas à un massacre près. Qu'il s'agit selon toute vraisemblance d'une attaque à l'arme chimique. Et que tout pointe vers un coupable: le régime de Bachar al-Assad. (...) Il n'y a pas eu de gaz chimiques, a répliqué Damas, allant jusqu'à accuser les rebelles syriens d'avoir monté ces accusations de toutes pièces, pour mettre des bâtons dans les roues des inspecteurs de l'ONU arrivés deux jours plus tôt en Syrie pour enquêter sur d'autres accusations d'attaques chimiques. Mais ces dénégations résistent mal à l'analyse. »

La Presse (Québec, Canada), 23 août 2013.

Fawaz Gerges, « On Assad's shoulders : if the toxic gas claims are true it would defy logic »

«...It is therefore in Assad's interests - and it is his responsibility - to co-operate with the UN inspectors. However, it is also important to note that, analytically and strategically, his alleged use of such weapons defies logic. Beyond the nature of the attack itself, therefore, there are other questions the international community needs to ask. First, why would the Syrian government use chemical weapons on such a scale while there is a strong team of UN inspectors in Damascus? That would be foolish and reckless. Second, why would the Syrian army use non-conventional arms when it had already gained the upper hand in Ghouta, a strategic suburb, in the past nine months? (...) A few days ago the Syrian National Coalition released a public statement naming Ghouta mintaqa mankuba [a disaster area] and calling on the international community to pressure Assad to allow food and medicine to be delivered to the besieged neighbourhoods. Third, why would Assad utilise chemical weapons at this stage and bring about a potential western military intervention? His decision to allow the UN to investigate the earlier alleged chemical attacks was designed to neutralise the opposition's calls for direct western intervention. If history is a guide, Assad may indeed have been reckless and irrational - but again, only a thorough, impartial and prompt investigation by the UN can hope to answer these questions. »

The Guardian (Royaume-Uni), 23 août 2013.

Gouvernance et gouvernement [ 21 août 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Syrie
FaibleBashar el-AssadWael Nader al-Halqi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016



mars
2011
Intensification de la contestation en Syrie

août
2013
Utilisation d'armes chimiques à Ghouta, en Syrie

décembre
2015
Fin d'une année record pour le nombre de déplacés dans le monde


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