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26 novembre 2004

Ouverture du dixième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Laurent Gbagbo

Il s'agit d'un retour en Afrique pour les pays ayant le français en partage puisque ce sommet se déroule à Ouagadougou, au Burkina Faso. Le thème central est « Un espace solidaire pour un développement durable », mais l'actualité politique occupe également une place importante, particulièrement la crise en Côte-d'Ivoire.

En tout, une cinquantaine de pays participent à ce dixième sommet de la Francophonie. Plusieurs discussions portent sur la situation chaotique en Côte-d'Ivoire. Le régime du président Laurent Gbagbo, absent à Ouagadougou, est la cible de critiques qui réclament le respect des accords de paix, dont la tenue d'élections libres et démocratiques. La possibilité de sanctions est évoquée, alors que le président français Jacques Chirac privilégie la reprise du dialogue. D'autres questions internationales sont abordées, comme la situation en Haïti où l'on souhaite le désarmement et des élections en 2005. La crise au Darfour (Soudan), le Moyen-Orient et la région des Grands Lacs, en Afrique, préoccupent également les chefs d'État et de gouvernement présents. À un autre niveau, le microcrédit est abordé comme une piste de solution pour les pays en développement alors que le président Chirac parle de fixer des taxes internationales afin de lutter contre la pauvreté et d'atteindre les objectifs du Millénaire des Nations unies. La défense de l'environnement et le développement durable, thèmes de ce dixième sommet, font partie des discussions, même si ce sujet est quelque peu relégué au second plan par les questions d'actualité internationale. Une résolution est également adoptée en appui à la diversité culturelle et linguistique, sujet à l'agenda depuis plusieurs années. Ce sommet est marqué par des absences notables, dont celle du président libanais Émile Lahoud. Parmi les présidents qui y assistent pour la première fois, soulignons les noms de Joseph Kabila de la République démocratique du Congo et de Paul Kagamé du Rwanda.

Pour en savoir plus: Déclaration de la Xe conférence de la francophonie à Ouagadougou

Dans les médias...


Elimane Fall, « Francophonie : bisbilles et feuille de route »

«...il s'agit désormais d'éviter le saupoudrage et la dispersion des moyens, plutôt limités - le budget de l'OIF ne dépassant guère 220 millions d'euros. Avec une telle enveloppe budgétaire, la Francophonie a besoin de cohérence. La rencontre de Ouagadougou s'y est attelée, confortée par l'annonce du président Chirac de réunir dans le 7e arrondissement de Paris, non loin de l'Unesco et autour du secrétaire général, l'ensemble des opérateurs de la Francophonie. « Car jusqu'ici, indique Dehaybe (administrateur général de l'agence intergouvernementale de la Francophonie), on a tâtonné entre la Francophonie politique et la Francophonie de la coopération. Certains voulant opposer celle-ci à celle-là. Aujourd'hui, on a mis de l'ordre. Et ce n'est pas un hasard. Le secrétaire général Abdou Diouf est un homme politique, un ancien chef d'État du Sud. Il connaît les réalités des pays du Sud et l'importance de la coopération et du développement qui n'est durable que grâce à la prise en compte des réalités culturelles. » Les travaux pratiques sont autrement plus compliqués que ces principes, mais un pas semble avoir été franchi à Ouagadougou. »

Jeune Afrique/L'intelligent (France), 28 novembre au 4 décembre 2004, p. 9.

Jean-Paul Piérot, « Un sommet en zone de guerre »

«...L'avenir seul dira si les paroles généreuses et les appels à la solidarité qu'on y a entendus (le sommet) seront suivis d'un début de mobilisations, mais l'heure est au bilan du sommet lui-même. La crise en Côte d'Ivoire s'était tout naturellement invitée dans une enceinte où se trouvaient rassemblés les représentants des pays les plus concernés par le conflit, à savoir la France, engagée militairement et diplomatiquement, et les États de l'Afrique de l'Ouest. La question de la Côte d'Ivoire a-t-elle été jusqu'à éclipser les autres sujets de discussions ? Les principaux acteurs de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Jacques Chirac en tête, se sont efforcés, dans toutes leurs déclarations, d'assurer qu'il n'en était rien. Et de mentionner l'adoption du « cadre stratégique décennal » de la francophonie, le soutien à la « microfinance » et à la proposition de taxe internationale pour le développement, la défense de la diversité linguistique et culturelle. Il n'empêche, la Côte d'Ivoire fut bien, de l'aveu même du secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, le premier sujet d'inquiétude, affirmant, lors de la conférence de presse de conclusion, que la communauté des pays de la francophonie est « mobilisée pour faire aboutir une solution pacifique ». »

L'Humanité (France), 29 novembre 2004, p. 12.

Yves Threard, « Chirac et l'Afrique ambiguë »

«...De la langue de Molière, il sera finalement très peu question à Ouagadougou. On peut regretter ce détournement de fond. La France était grande quand elle l'était pour le reste du monde, disait Malraux. Jacques Chirac semble vouloir redonner corps à ce rêve d'antan. Mais, plutôt qu'à de Gaulle, il fait aujourd'hui penser au chef de file d'une organisation de pays non alignés, sur le modèle américain s'entend. Jamais, ces derniers mois, il n'a manqué une occasion de faire entendre sa différence, et sa compassion pour les plus déshérités de la terre. Le Zambèze avec la Corrèze. Au choc des civilisations, il oppose le dialogue des cultures. Il y a, chez lui, comme des accents de Lula. Hier, au Burkina, il a recommencé sur ce registre en exhortant les dirigeants présents à se mobiliser pour la création d'une taxe internationale en faveur du développement. Instrument dont l'efficacité est contestée par la plupart des experts. La posture de Jacques Chirac a peut-être du panache. Mais, si elle est marquée du sceau de la sincérité, elle ne doit pas se nourrir d'illusions. Y compris en Afrique, où les temps ont bien changé depuis les indépendances. Le pré carré de l'influence française n'est plus. »

Le Figaro (France), 27 novembre 2004, p. 14.

Pierre Bergeron, « Francophonie, la quête de la pertinence »

«...Chaque sommet charrie son lot de préoccupations politiques, culturelles et économiques qui, généralement, débouchent sur des consensus vagues à souhait auxquels on peut puiser pour se faire valoir au retour à la maison. Le Xe sommet qui s'est tenu à Ouagadougou au Burkina Faso n'a pas dérogé à cette règle qui assure que les chefs d'État ou de gouvernement (c'est selon) rentreront au pays en affirmant leur foi en l'organisation, en présentant leur propre bilan et en insistant qu'ils ne s'y sont pas déplacés pour rien. Les principes et les concepts ne comptent pas tant que l'interprétation qu'on en fait. Il n'en demeure pas moins que la francophonie mondiale est un forum de plus pour présenter un point de vue différent dans un contexte différent loin de l'hégémonie culturelle et politique de nos voisins du sud. La francophonie mondiale s'est également mise au goût du jour en adoptant un Cadre stratégique décennal axé autour du développement durable et s'appuyant sur cinq piliers : « gestion maîtrisée des ressources naturelles, progrès économique continu, développement social équitable faisant appel à la tolérance et s'appuyant sur l'éducation et la formation, des garanties d'État de droit à tous les citoyens et une large ouverture. » On aura tous compris qu'il s'agit là d'objectifs à long terme, à très long terme, et déclinables selon les impératifs du moment. Pour les résultats, on verra dans dix ans car le lien indissociable entre le développement et la paix n'a jamais été aussi ténu et les résultats aussi peu convaincants. »

Le Droit (Ontario, Canada), 29 novembre 2004, p. 14.

Gouvernance et gouvernement [ 26 novembre 2004 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Burkina Faso
FaibleBlaise CompaoréParamanga Ernest Yonli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1994 - 2016



novembre
2004
Ouverture du dixième Sommet de la Francophonie

octobre
2014
Démission du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré

septembre
2015
Tentative de coup d'État au Burkina Faso

novembre
2015
[Résultats] Élection présidentielle


Dans l'actualité


février
2015
Transition démocratique réussie au Burkina Faso

novembre
2007
Septième sommet sur la bonne gouvernance: les yeux rivés sur Ouagadougou

octobre
2007
Thomas Sankara : l'enfant chéri des Burkinabés


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