Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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17 octobre 2008

Ouverture du douzième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Affiche électorale de Nicolas Sarkozy

En pleine célébration de son 400e anniversaire, la ville de Québec, au Canada, accueille pour la deuxième fois le Sommet des pays ayant le français en partage. Il se déroule en même temps qu'une grave crise financière commence à secouer l'économie mondiale.

La participation à ce sommet du nouveau président français, Nicolas Sarkozy, ne passe pas inaperçue. Sa position sur la situation constitutionnelle canadienne fait la manchette dans le pays hôte. Sa décision de quitter le sommet avant son dénouement pour discuter de la crise financière avec le président américain, George W. Bush, suscite également des réactions. Le contexte économique est d'ailleurs au centre des discussions de Québec. Les délégués à ce sommet, le premier d'envergure à aborder cette question, adoptent une résolution appuyant l'idée d'une rencontre internationale d'ici la fin de 2008 afin de «discuter des moyens d'améliorer la transparence, la solidité bancaire, l'intégrité et la gouvernance économique mondiale ». Les quatre thèmes du sommet - démocratie et État de droit, gouvernance économique, environnement, place du français dans le monde - font l'objet de plusieurs points dans la déclaration finale. La perception d'un recul de la langue française incite les délégués à souhaiter un renforcement de celle-ci dans les systèmes éducatifs ainsi que dans les institutions internationales. D'autres points portent sur les droits des enfants, les personnes déplacées ainsi que les changements climatiques et leur impact, particulièrement sur les pays du Sud. À cet égard, une résolution appuie le protocole de Kyoto. D'autres thèmes d'actualité - situation en Mauritanie, dans la région des Grands Lacs, au Darfour (Soudan), etc. - sont touchés. Satisfait, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, décrit le travail accompli en affirmant : « Nous avons vécu miracle sur miracle. »

Dans les médias...


Fabien Perrier, « La désinvolture de Paris passe mal au sommet de la francophonie »

«...différents protagonistes, tel Michel Guillou, ancien recteur de l'Agence universitaire de la francophonie et directeur de la chaire Senghor de la francophonie de Lyon, pensent que « la francophonie est au pied du mur. Il lui faut soit choisir de dépérir sans gloire, soit franchir le Rubicon. À Québec, il est vital que des voix s'élèvent pour afficher l'ambition et tracer les chemins d'une francophonie offensive », comme il l'écrivait dans le Devoir du 14 octobre. Cet appel aux multiples représentants des États affiliés à l'Organisation internationale de la francophonie, à la veille de l'ouverture du 12e sommet qui se tiendra à Québec du 17 au 19 octobre. L'OIF serait-elle en panne ? On peut en douter à regarder les quatre enjeux inscrits à l'ordre du jour et abordés dans le cadre de séances thématiques et de tables rondes : démocratie et État de droit ; gouvernance et solidarité économique ; environnement ; langue française - aussi étonnamment cela soit-il, ce thème est d'ailleurs présent pour la première fois. Ils révèlent que l'OIF tente, à sa mesure, de définir une position commune pour faire entendre sa voix dans les débats internationaux. Il aurait donc sans doute été bon que le président français reste, lui qui laisse entendre qu'il est chantre du « capitalisme régulé », héraut des droits de l'homme et défenseur de la cause environnementale. Qu'il se rende au pays de Georges Bush pendant ce temps est sans doute l'ultime provocation. »

L'Humanité (France), 17 octobre 2008, p. 16.

Anne Pélouas, « Le prochain sommet de la francophonie se tiendra à Madagascar »

«...Le Sommet de Québec, convoqué par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), a été le premier forum mondial à se tenir depuis le début de la crise. C'est aussi « la première occasion pour un forum Nord-Sud d'exprimer son point de vue » et, a souligné le premier ministre québécois, Jean Charest, de faire comprendre qu'on ne doit pas « perdre de vue l'impact que ces turbulences ont sur les économies du Sud ». En écho, plusieurs participants au sommet ont dit leur inquiétude de voir les pays du Sud faire les frais de la crise mondiale. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a noté que, dans une conjoncture lourde de menaces, « les pays en développement voient leurs problèmes structurels accentués ». Le premier ministre de la Guinée, Ahmed Tidiane Souaré, s'est lamenté : « L'Afrique n'est pas en première ligne, mais elle finira, comme d'habitude, par payer le plus lourd tribut. » (...) La crise financière a éclipsé plusieurs thèmes du Sommet de Québec, dont la promotion de la langue française. La déclaration finale compte tout de même un engagement à « garantir sa pleine reconnaissance sur la scène internationale » en appliquant notamment un vade-mecum sur son utilisation dans les instances mondiales. Les États membres pourraient aussi conclure un « pacte linguistique » avec l'OIF pour favoriser son utilisation. »

Le Monde (France), 21 octobre 2008, p. 8.

Mario Roy, « L'auberge francophone »

«...il reste que le XIIe Sommet de la francophonie, à Québec, n'a pas dissipé les doutes existentiels qu'inspirent ces assises. Car, de fait, l'OIF souffre toujours des dérives autoritaires de plusieurs de ses États membres (28 d'entre eux torturent!); qu'elle s'éparpille lorsqu'elle poursuit, à la pièce ou en vrac, des objectifs hors de sa compétence et de sa portée - l'auberge... francophone, en somme. À la pièce, chaque délégation a en effet son ordre du jour, qui a en général peu à voir avec la langue. Et le Québec n'a pas de leçon à donner, obnubilé à nouveau par son psychodrame national et son insatiable soif de l'imprimatur français, manifestation de nombrilisme qui a dégoûté certains délégués africains. En vrac, est-il certain que la Francophonie doive se disperser dans la politique politicienne, l'économie, l'environnement, alors que le statut du français dans le monde - qui est sa raison même d'exister - est en recul prononcé? Tout cela est d'autant plus étrange que ce que l'OIF fait le moins mal, c'est de promouvoir la culture française, la connaissance et l'usage du français: à ce point de vue, le bilan présenté par Clément Duhaime, administrateur de l'organisme, est éloquent. »

La Presse (Québec, Canada), 20 octobre 2008.

Christian Rioux, « Le sommet de l'éparpillement »

«...À Paris, la Francophonie est souvent traitée avec désinvolture. Et c'est peu dire, la crise financière aidant, qu'elle ne figure pas en haut de la liste des priorités de la présidence de Nicolas Sarkozy. Annoncée depuis plus d'un mois, l'absence du président à la plénière de dimanche matin sur la langue française n'a rien fait pour aider les choses. Notons pourtant que le personnage est peut-être en train d'entrer dans ses habits de président. Comme il l'a fait le 20 mars dernier à la Cité universitaire de Paris, Nicolas Sarkozy est capable de poser des gestes forts en faveur de la Francophonie. Son énergie débordante pourrait d'ailleurs servir à sortir l'OIF de la somnolence qui la gagne parfois. On aimerait que cet engagement se vérifie à Québec et qu'il devienne, non plus une préoccupation conjoncturelle, mais véritablement stratégique. Il serait temps que la France se considère toujours et partout comme francophone, de la même façon qu'elle se considère toujours et partout comme européenne. (...) La politique est l'art de saisir les occasions malgré l'adversité. Jean Charest (premier ministre du Québec) et Nicolas Sarkozy en savent quelque chose. Il serait donc ingrat de ne pas faire contre mauvaise fortune bon coeur et de ne pas se féliciter que l'avenir de la langue française soit enfin à l'ordre du jour d'un sommet, même si c'est à la fin de la réunion. »

Le Devoir (Québec, Canada), 17 octobre 2008, p. a3.

Gouvernance et gouvernement [ 17 octobre 2008 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéMichaëlle JeanStephen Harper

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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juin
2004
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2006
Élection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

janvier
2006
[Résultats] Élections législatives

octobre
2008
Ouverture du douzième Sommet de la Francophonie

octobre
2008
[Résultats] Élections législatives

mai
2011
Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

mai
2011
[Résultats] Élections législatives

octobre
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octobre
2015
[Résultats] Élections législatives


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