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12 octobre 2012

Ouverture du quatorzième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joseph Kabila

En octobre 2012, Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), accueille pour la première fois le Sommet des pays ayant le français en partage. Au centre des discussions, la situation politique du pays hôte est à l'origine de tensions qui défraient les manchettes.

La tenue d'élections jugées peu démocratiques, en novembre 2011, attire plusieurs critiques au président congolais Joseph Kabila. Des manquements au respect des droits de l'homme observés en RDC sont également dénoncés, notamment par le président français François Hollande. Celui-ci aurait même hésité avant de se rendre à Kinshasa pour prendre part à son premier Sommet des pays ayant le français en partage. Une fois sur place, Hollande et d'autres leaders politiques rappellent leur volonté de voir la RDC gouvernée démocratiquement. Ils réaffirment aussi l'intangibilité des frontières congolaises, à la lumière de tensions avec le Rwanda dans la région du Nord-Kivu. Kabila s'engage de son côté à mettre sur pied des structures visant à améliorer la vie démocratique de son pays. D'autres questions d'actualité, comme la menace de groupes islamistes au Mali et la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, font l'objet de résolutions. Des sujets abordés lors de sommets antérieurs figurent également à l'agenda. Des discussions portent par exemple sur la mission à donner à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), outre la promotion et la défense de la langue française. Favorables à une plus grande mondialisation, certains membres proposent à cet égard une plus grande ouverture aux autres langues, une approche qui n'est pas partagée par tous. La possibilité de lier l'adhésion ou l'accession à l'OIF à des règles contraignantes en matière de droits de l'homme est une autre question, débattue dans le passé, qui ne fait pas consensus. À un autre niveau, les membres s'entendent pour demander une meilleure gouvernance des industries impliquées notamment dans le développement forestier et minier.

Dans les médias...


Nicolas Dufour, « Quatre accrocs pour un sommet tendu »

«...Face aux brûlants sujets d'actualité, ce thème-là peut sembler anecdotique. Mais l'écho qu'a rencontré la nouvelle en dit long sur la fébrilité géopolitique et linguistique des francophones. Le 3 octobre, une grosse dizaine de jours avant le sommet, le président du Gabon Ali Bongo faisait savoir qu'il envisageait d'introduire l'anglais dans les classes primaires. L'annonce précédait de peu un voyage du chef d'État au Rwanda, dont le président Paul Kagame, en froid avec la France, a promu l'anglais dans l'enseignement et a fait adhérer son pays au Commonwealth. «L'incontournable allié de la Françafrique vient de jeter un pavé dans la mare», juge le site Koaci.com. Cette décision a vite fait le tour de l'Afrique francophone, suscitant notamment plusieurs commentaires au Burkina Faso. Le Pays note ainsi: «La nouvelle gronde comme le tonnerre dans le ciel de la francophonie. Ali Bongo, dans un langage très diplomatique, annonce le futur divorce de son pays d'avec la langue de Molière.» Sur le portail lefaso.net, un chercheur burkinabé en sciences sociales salue «le courage, la vision, le réalisme» d'Ali Bongo. Pour sa part, la Voix de l'Amérique ne manque pas d'estimer que «le Gabon vise le Commonwealth». Interrogé par France 24 à ce sujet, relate nettali.net, le secrétaire général de l'OIF Abdou Diouf a lancé: «Je n'ai pas de problème avec ça. Mais pourquoi l'annoncer maintenant? »»

Le Temps (Suisse), 12 octobre 2012.

Alain Barluet, « Le laborieux essor d'une diplomatie francophone »

«...Le sommet de Kinshasa s'ouvre dans un pays où l'État de droit est malmené, François Hollande l'a rappelé cette semaine. (...) Elle (la Francophonie) ambitionne de devenir un outil pour contribuer à désamorcer les crises. La crise du Mali, est ainsi en bonne place sur l'agenda de Kinshasa. Le pays est au coeur d'une région où tous les États (à l'exception de l'Algérie) appartiennent au mouvement francophone. Le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, a maintenu le contact avec tous ces protagonistes, illustrant les atouts et les limites du «forum francophone». Trois secteurs ont été identifiés par l'OIF pour aider le Mali: le processus électoral, l'organisation territoriale, la réforme constitutionnelle. «Nous intervenons là où nous pouvons apporter une valeur ajoutée», relève Hugo Saada. Reste la dimension économique de la francophonie, important avatar à l'heure de la diplomatie économique. Une stratégie devrait être engagée à Kinshasa. Si elle n'est pas le faux nez de la Françafrique ou ce qu'il en reste, la francophonie peut-elle être le cheval de Troie des intérêts français? On s'en défend à Paris, en invoquant plutôt l'argument francophone comme «facteur d'employabilité», en plus de l'anglais. D'ailleurs, fait-on valoir, les Chinois présents en Afrique apprennent de plus en plus le français...»

Le Figaro.fr (France), 11 octobre 2012.

François Soudan, « François au Congo »

«...François Hollande est-il allé trop loin ? Oui, répondent en choeur le syndicat des chefs d'État d'Afrique centrale et le Burkinabé Blaise Compaoré, instinctivement solidaires du soldat Kabila et en passe de s'ériger en front du refus sous la houlette des présidents tchadien et équato-guinéen. On objectera que tout est rapport de force et qu'il revient à ces derniers, s'ils ne se sentent pas respectés, de ne pas laisser faire, de ne plus solliciter des audiences expéditives pour une photo à usage interne, de cesser de considérer la visite d'un président français comme le must absolu et surtout d'être irréprochables. Mais on aurait tort de croire qu'en snobant ainsi son hôte Hollande n'a pas aussi gêné, voire choqué une partie de l'opinion africaine qui y a vu une forme d'arrogance : le professeur a beau être pétri de bons sentiments, parler avec justesse de démocratie et de droits de l'homme, il n'en est pas moins un donneur de leçons malgré lui quand la manière n'y est pas. (...) Surtout, le chef de l'État français serait plus audible sur le continent s'il ne donnait l'impression d'avoir l'indignation sélective et de considérer l'Afrique comme une compensation de sa propre realpolitik. »

Jeune Afrique (France), 21 au 27 octobre 2012, p. 6.

Christian Rioux, « Francophonie - Le sommet qui ne devait pas avoir lieu »

«...Fallait-il tenir ce sommet à tout prix ? À l'exception d'Étienne Tshisekedi et du cardinal de Kinshasa, Mgr Monsengwo, on trouve peu de voix à Kinshasa pour s'y opposer. C'est probablement celles des organisations démocratiques et de défense des droits de l'homme qui ont finalement convaincu la France, et sa ministre chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, d'y participer alors que l'annulation était toujours sur la table en juillet dernier. Depuis, l'opposition au sommet semble faire le dos rond. (...) Est-ce le fruit des pressions de la France à l'approche du sommet ? Le Parlement a soudainement accéléré le débat sur les moyens d'assurer l'indépendance de la Commission électorale nationale (CENI) et sur la création d'une Commission des droits de l'homme. Il est aussi question de doubler la Cour suprême d'un Conseil constitutionnel indépendant chargé de faire respecter la Constitution. Réformes réelles ou cosmétiques ? « Nous ne sommes pas pessimistes. Mais nous ne sommes pas naïfs », répond le fin observateur qu'est Jean-Michel Dumond, ambassadeur de l'Union européenne à Kinshasa. « En dépit des échecs récents, il y a une vraie culture démocratique qui s'installe au Congo. La participation populaire aux élections le montre. » Selon lui, l'État de la RDC n'est pas aussi « failli » qu'on le dit. « Le problème, c'est que c'est un État négocié entre différentes forces poursuivant des intérêts souvent très différents. »

Le Devoir (Québec, Canada), 12 octobre 2012, p. A1.

Gouvernance et gouvernement [ 12 octobre 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo (rep. dem.)
IntermédiaireJoseph KabilaAugustin Matata Ponyo Mapon

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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