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28 septembre 2006

Ouverture du onzième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jacques Chirac

Pour la première fois de l'histoire, le Sommet des pays ayant le français en partage se déroule en Europe de l'Est, soit à Bucarest, en Roumanie. Le thème de cette rencontre est celui des technologies de l'information dans l'éducation.

Le choix de la Roumanie, membre de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 1993, reflète l'intérêt des pays de l'Europe de l'Est pour cette organisation. Une dizaine d'entre eux ont joint les rangs de l'OIF depuis la chute de l'Union soviétique, en 1991. Les technologies de l'information dans l'éducation sont au coeur de ce sommet qui est toutefois dominé par des questions d'actualité internationale. L'invitation faite au premier ministre libanais Fouad Signora, mais pas au président Émile Lahoud, considéré comme près de la Syrie, fait les manchettes. Le Liban sera représenté par le ministre de la Culture, Tarek Mitri. Dans leur déclaration, les participants rappellent leur attachement au Liban, à sa souveraineté, son indépendance politique et son intégrité territoriale. Une résolution, faisant l'objet de longues discussions, porte d'ailleurs sur le soutien aux victimes du conflit libano-israélien, à l'été 2006. À un autre niveau, les pays de l'OIF souhaitent l'implication de leur secrétaire général afin de trouver une solution durable à la crise en Côte d'Ivoire. Ils expriment aussi la volonté d'une intervention onusienne au Soudan pour assurer la protection des civils. Lors de ce sommet, l'OIF accueille cinq nouveaux membres et reporte Abdou Diouf au poste de secrétaire général, sans opposition. Le président français Jacques Chirac, dont le mandat arrive à terme en 2007, prononce un dernier discours à cette tribune. Il rappelle que l'Unesco a adopté la convention sur la diversité culturelle, un de ses vieux chevaux de bataille, et il presse les pays de la ratifier afin de « favoriser l'émergence et le développement d'une société de l'information inclusive », contribuant à atténuer la « fracture numérique » entre le Nord et le Sud.

Dans les médias...


Élise Colette, « Où va la Francophonie ? »

«...La demande d'adhésion à l'OIF présentée par le Soudan a elle aussi perturbé les débats. Le rejet de cette candidature par les chefs d'État n'a pas été officiellement motivé par les violations des droits de l'homme perpétrées dans ce pays. Mais la présence dans la « Déclaration de Bucarest » d'un paragraphe spécifiquement consacré à la crise du Darfour et d'une dénonciation en bonne et due forme des violations du droit humanitaire, en général, rendait de facto impossible l'admission du Soudan dans la famille francophone. Cette dernière s'est cependant beaucoup agrandie en Roumanie. Lors du Sommet de Ouagadougou, en 2004, l'OIF s'était dotée d'un cadre stratégique décennal. L'année suivante, lors de la conférence de Bamako, elle s'est efforcée de dynamiser son action politique, puis, en novembre, à Antananarivo, de réformer ses structures. Cette fois, le renouvellement du mandat de son secrétaire général, l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, étant acquis avant même l'ouverture du Sommet, il ne restait aux chefs d'État et de gouvernement qu'à approuver l'admission de cinq nouveaux membres (ce qui porte le total à soixante-huit). »

Jeune Afrique (France), 1e au 7 octobre 2006, p. 12-13.

Natalie Nougayrède, « À Bucarest, le sommet de la francophonie est confronté à une crise de croissance »

«...À la demande de la France, la déclaration du sommet de Bucarest, qui devait être finalisée vendredi, accorde une place importante au Liban, appelant à une « application intégrale de la résolution 1901 ». Concernant la Côte d'Ivoire, la France a proposé un texte dénonçant « l'absence manifeste de volonté politique des acteurs ivoiriens » de remédier à la crise. Il n'était pas certain, vendredi matin, que les représentants de pays africains entérinent la formulation. Par ailleurs, la délégation égyptienne a insisté pour que le texte concernant le Darfour soit atténué, et suivi par un passage ferme sur la question palestinienne. Le Canada, en outre, était réticent quant à l'évolution du protocole de Kyoto. En se déployant sur le terrain politique, la francophonie devient ainsi un cadre où les consensus deviennent plus délicats à dégager. Avec l'extension de l'organisation en Europe, et l'association de pays bien peu francophones (le Ghana devient membre associé de l'OIF, et le Mozambique et l'Ukraine pays observateurs, portant à 68 le nombre des États membres et associés), une « ligne de fracture » est apparue entre ceux qui veulent insister sur les crises africaines et ceux qui disent « la Francophonie, c'est autre chose », observe un diplomate français. En somme, un débat entre « approfondissement » et « élargissement ».»

Le Monde (France), 30 septembre 2006, p. 6.

S.A., « Le sommet de Bucarest confirme la place essentielle du Liban dans la famille francophone »

«...Tout est bien qui finit bien. Le XIe sommet de la francophonie qui s'est déroulé à Bucarest et qui a terminé ses travaux hier a confirmé la place essentielle du pays du Cèdre dans la famille francophone, grâce surtout aux efforts du ministre de la Culture, Tarek Mitri, qui a su échapper, à merveille, aux méandres de la polémique diplomatique concernant l'invitation du Liban, d'une part, et le respect de la Constitution libanaise, d'autre part. On savait bien avant le début des travaux de la conférence des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage que le dossier libanais allait occuper une place importante à l'ordre du jour du sommet. En effet, entre la souffrance que le peuple libanais a subie lors de l'agression israélienne en juillet dernier et la polémique entre l'Élysée et Baabda autour de la non-invitation du président Émile Lahoud au sommet de la francophonie, le Liban a été omniprésent. La clôture de la conférence n'a pas dérogé à la règle. Plus de deux heures de retard ont été nécessaires pour mettre au point la déclaration finale, en raison de deux phrases que l'Égypte a demandé d'ajouter afin de concrétiser la solidarité des membres de l'Organisation internationale de la francophonie avec le Liban. »

L'Orient le Jour (Liban), 1er octobre 2006.

Jean-Marc Salvet, « La soupe francophone »

«...On peut bien dire, comme l'expriment quelques ténors du club, que l'attrait qu'exerce la Francophonie auprès de nombreux États du monde témoigne de sa vitalité. C'est vrai. Mais attention : cet argument est également trompeur. (...) Le problème, c'est qu'en s'élargissant à des pays comme la Bulgarie, le Laos, la Pologne ou maintenant Chypre, la Francophonie s'est éparpillée. Elle est devenue un objet politique non identifié. Certes, elle défend la diversité culturelle. C'est d'ailleurs sous ce chapeau de la sauvegarde des différentes identités culturelles et linguistiques que la soixantaine d'États qui la composent peuvent aujourd'hui justifier leurs liens, affirmer pompeusement que c'est cette défense qui les rassemble. Mais n'oublions pas que c'est le Québec, le Canada et la France qui ont porté ce dossier à bout de bras. La Francophonie a fini par servir de relais. C'est tout. Le succès de la Francophonie devrait se mesurer à son apport concret, à ce qui n'aurait jamais pu être réalisé sans elle - ou sans les sommets qui réunissent les chefs d'État et de gouvernement tous les deux ans. Ce n'est pas en apparaissant comme une petite ONU qu'elle retrouvera sa raison d'être. C'est en cessant de se disperser à tout vent. En concentrant ses missions. En se fixant des objectifs clairs et précis avec des échéanciers à la clé. »

Le Soleil (Québec, Canada), 29 septembre 2006, p. 22.

Gouvernance et gouvernement [ 28 septembre 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Roumanie
ÉlevéTraian BasescuCalin Popescu-Tariceanu

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1996 - 2016



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1996
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1996
[Résultats] Élections législatives

novembre
2000
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2000
[Résultats] Élections législatives

novembre
2004
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2004
[Résultats] Élections législatives

septembre
2006
Ouverture du onzième Sommet de la Francophonie

novembre
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2009
[Résultats] Élection présidentielle

juillet
2012
Tenue d’un référendum révocatoire en Roumanie

décembre
2012
[Résultats] Élections législatives

novembre
2014
[Résultats] Élection présidentielle


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