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24 novembre 2013

Entente internationale intérimaire sur le développement du programme nucléaire iranien

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Hassan Rohani

Dans le cadre de négociations qui se déroulent à Genève, en Suisse, les représentants de l'Iran et d'un groupe de puissances internationales (P5 + 1) signent une entente intérimaire établissant des restrictions au développement du programme nucléaire iranien. D'autres négociations sont prévues afin d'en arriver à une entente globale d'ici 6 mois.

Le développement du programme nucléaire iranien préoccupe la communauté internationale au début du XXIe siècle. Tant au sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que de d'autres organisations, les opinions divergent toutefois quant à la possibilité pour l'Iran de se doter d'une arme nucléaire, une éventualité perçue comme un facteur d'instabilité potentielle dans la région. En 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) adopte une résolution reflétant cette inquiétude. Il demande à l'Iran de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. Téhéran continue toutefois son programme et augmente le nombre de ses centrifugeuses. Une intervention militaire est considérée, mais les États-Unis et d'autres puissances optent pour des sanctions économiques afin de faire fléchir le régime du président Mahmoud Ahmadinejad. La donne change à l'été 2013 alors que Hassan Rohani, considéré comme plus ouvert à rompre l'isolement international de son pays, succède à Ahmadinejad. Cette élection donne un nouvel élan aux négociations entre les représentants des membres permanents du Conseil de sécurité - États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France - , plus l'Allemagne (P5+1), et ceux de l'Iran. Une entente, conclue le 24 novembre à Genève, prévoit le gel à court terme de certains volets du programme nucléaire iranien ainsi que des contraintes à l'enrichissement d'uranium et des inspections. En revanche, des sanctions économiques seront levées. Puisqu'il s'agit d'une entente préliminaire renouvelable, d'une durée de six mois, les discussions se poursuivront afin d'en arriver à une entente globale. Cette annonce provoque de nombreuses réactions. Généralement bien accueillie, elle suscite tout de même la méfiance d'Israël et de certains observateurs qui expriment des appréhensions face la capacité de l'Iran de développer des armes nucléaires.

Dans les médias...


Isabelle Lasserre, « Un accord historique freine le nucléaire iranien »

«...Officiellement, ce compromis si laborieux à obtenir n'a fait que des gagnants. Téhéran, Washington, l'Union européenne et les autres pays du « 5 + 1 » ont salué l'accord. La France, qui avait perturbé la précédente réunion de Genève en se faisant la gardienne des principes de non-prolifération, considère qu'il s'agit d'un « bon accord » , qui constitue une « avancée importante pour la sécurité et pour la paix » selon Laurent Fabius (ministre français des Affaires étrangères). Le pari français de durcir le projet d'accord initial avait pu paraître risqué début novembre. Il aura finalement été tenu. Première étape vers la résolution d'une crise qui empoisonne les relations internationales depuis dix ans, l'accord intérimaire de Genève est pourtant loin d'être parfait. Il rend certes l'accès à la bombe nucléaire plus difficile pour les Iraniens. Mais ses ambiguïtés permettront des interprétations divergentes, selon que l'on se trouve à Téhéran, à Washington, à Paris ou à Tel-Aviv. (...) Les équipes de négociateurs ont maintenant six mois pour transformer ce premier test en accord définitif. La route, une fois de plus, s'annonce longue et tortueuse. Elle est ponctuée d'obstacles, qu'il s'agisse des menaces israéliennes, du scepticisme des États du Golfe, de la sévérité du Congrès américain ou du dogmatisme des gardiens iraniens de la révolution. Mais il y a six mois, elle n'existait pas. Les négociateurs ont six mois pour transformer ce premier test en accord définitif. »

Le Figaro (France), 25 novembre 2013, p. 7.

Alain Frachon, « Vive le dégel Téhéran-Washington »

«...À ceux qui l'accusent de naïveté, il (le président Barack Obama) peut répondre par une question : quelle alternative? Accentuer la politique de sanctions, comme le réclament Israël et nombre d'élus à Washington? Cette option, suivie à partir de 2005, n'a pas empêché l'Iran de se doter d'une capacité d'enrichissement de l'uranium sans cesse plus dangereuse - au contraire, elle l'y a incité. Peu importe que son statut de paria ait été mérité ou non, il n'a fait que renforcer la République islamique dans sa volonté d'acquérir une capacité nucléaire avancée. Après tout, qui s'est indigné quand elle a été attaquée à l'arme chimique par l'Irak de Saddam Hussein? Le plus souvent, isolement et sanctions économiques raffermissent plus qu'ils n'ébranlent les régimes dictatoriaux. Obama croit dans la vertu des échanges pour faire évoluer un régime qui a déjà perdu la bataille de sa propre opinion : la jeunesse et la classe moyenne iraniennes aspirent à l'ouverture. L'autre option, c'est la guerre, des bombardements sur les installations nucléaires de l'Iran. Par principe, Israël refuse de se l'interdire; à Washington, certains des néoconservateurs la prônent ouvertement. Mais, outre qu'elle renforcerait Téhéran dans sa volonté d'acquérir « la » bombe, elle n'est défendue ni par le Pentagone ni par l'opinion américaine. »

Le Monde (France), 29 novembre 2013, p. 22.

Ali Vaez (propos recueillis par Angélique Mounier-Kuhn), « Une victoire politique pour les Iraniens »

«...Les négociations qui ont mené à cette première étape ressembleront bientôt à une promenade de santé au regard des défis qui restent à surmonter pour parvenir à l'accord définitif. Ce premier texte a laissé pour plus tard certaines questions, comme le niveau des capacités futures d'enrichissement de l'Iran. Or les deux côtés restent diamétralement opposés sur ce problème particulier. De même, une levée permanente des sanctions nécessitera une coopération significative du Congrès américain, qui sera très difficile à obtenir. À moins d'une réorientation par l'Iran de ses politiques régionale et domestique, qui, elle-même, ne va pas de soi. Un premier obstacle a été franchi, c'est une étape importante, mais il reste beaucoup à faire et rien ne garantit la victoire. (...) Il y a deux leçons importantes à tirer de ce premier accord. La première est que les deux camps ont démontré leur capacité à entrer dans des négociations qui ne sont plus un jeu à sommes nulles. Ils comprennent dorénavant que des solutions durables doivent prendre en considération les intérêts des uns et des autres. L'autre leçon est que cet accord a été sous-tendu par d'importantes discussions informelles entre l'Iran et les États-Unis. Ces acquis pourraient présager favorablement d'une coopération des deux côtés sur des problématiques d'intérêt commun dans la région en général, et en Afghanistan et en Syrie en particulier. Cet accord a préparé le terrain à une plus grande coopération au Moyen-Orient. »

Le Temps (Suisse), 25 novembre 2013.

Serge Truffault, « Accord sur le nucléaire iranien - La touche russe »

«...pour dire les choses brutalement, le grand vainqueur de la manche qui vient de se dérouler à Genève s'appelle, outre l'Iran, la Russie. En effet, force est de souligner qu'en orfèvre du billard à trois bandes inhérent à tout exercice diplomatique de la catégorie «compliqué complexe», le très expérimenté Sergueï Lavrov (qui fut ambassadeur de la Russie à l'ONU de 1994 à 2004 avant d'être sacré ministre des Affaires étrangères) est parvenu à doubler, à maintenir et à diviser. Doubler... Dans cette histoire on oublie trop souvent que le principal fournisseur d'armes à l'Iran est la Russie. Que le principal partenaire commercial de l'Iran est la Russie. Que le constructeur d'une énorme centrale nucléaire en territoire iranien est russe. Que, sur le flanc de la mer Caspienne, Moscou et Téhéran s'entendent comme larrons en foire pour doubler les autres pays présents afin de faire main basse sur les gisements d'hydrocarbures. On oublie surtout que, à la suite de l'implosion de l'Union soviétique, ressentie comme un affront aux multiples répercussions, Moscou avait décidé que son retour dans l'arène du «grand jeu» qui se poursuit en Orient, mais aussi en Asie centrale, passait par un rapprochement au plus près avec l'Iran. Avec ce pays ayant pour ennemis, dans ces environs, les très proches alliés des États-Unis, son principal adversaire, que sont Israël et l'Arabie saoudite. En jouant la carte de l'apaisement entre Washington et Téhéran, Lavrov est parvenu à maintenir, voire à renforcer, l'influence de la Russie sur les bords du Proche-Orient. »

Le Devoir (Québec, Canada), 26 novembre 2013, p. A6.

Fareed Zaharia, « Big Fuss Over a Small Deal »

«...So what explains the fevered rhetoric and opposition ? I think the fear is less of this deal than of what it might bring in its wake. Many imagine that this is the start of a rapprochement between the U.S. and Iran, which would fundamentally change the geopolitical landscape. It could place the U.S. on the side of the Shi'ite powers, Iran and Iraq, in the growing sectarian divide in the region. It could alter the balance of power in the world of oil - Iran's reserves are second only to Saudi Arabia's in the region. Iran's foes should relax. This is an important agreement, but it is an interim deal on Iran's nuclear program. It is not even a final deal, which will be much harder to achieve. And it is not the dawn of a historic new alliance. Washington remains staunchly opposed to Iran on many issues, from Tehran's antagonism toward Israel to its support for Hizballah to its funding of Iraqi militias. The Islamic Republic, for its part, remains devoted to a certain level of anti-Americanism as a founding principle of its existence. The two countries are still fundamentally at odds. »

Time Magazine (États-Unis), 9 décembre 2013, p. 29.

Gouvernance et gouvernement [ 24 novembre 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Iran
FaibleHassan Rouhaniposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Tenue d'une élection présidentielle en Iran

juin
2009
[Résultats] Élection présidentielle

juin
2013
Élection de Hassan Rohani à la présidence de l'Iran

juin
2013
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2013
Entente internationale intérimaire sur le développement du programme nucléaire iranien

avril
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